Hollande l’écolo

À la conférence sur l’environnement
(Photo AFP)

Le président de la République a pris un engagement clair en faveur du retour de l’écologie dans les priorités gouvernementales, alors que son prédécesseur, sous l’effet de la crise, avait préféré prendre ses distances avec les préoccupations environnementales en déclarant : « L’écologie, ça commence à bien faire ». Cependant, François Hollande a davantage annoncé la fermeture de dossiers qui faisaient débat qu’il n’a exposé une politique énergétique et industrielle qui assurerait des emplois tout en participant au développement économique.

M. HOLLANDE  a surtout saisi l’occasion, que lui offrait la première conférence sur l’environnement de son quinquennat, d’apaiser les Verts, parfois indignés par les propos de ceux des membres du gouvernement qui voyaient dans le nucléaire  une « filière d’avenir ». Il a annoncé que la centrale de Fessenheim serait bel et bien fermée en 2016 et que le gouvernement rejetterait 17 appels d’offres pour des explorations de gaz de schiste. Il donne donc un coup d’arrêt au nucléaire et interdit de facto la production de gaz français à partir des schistes.

Questions sans réponses.

Du baume au coeur pour les écologistes, Nicolas Hulot étant d’ailleurs le plus enthousiaste parmi eux, mais des question sans réponses sur l’avenir énergétique du pays. Par quoi allons-nous remplacer le manque de production d’électricité d’origine nucléaire, et comment concilier le renoncement au gaz de schiste avec la nécessité d’augmenter, autant que possible, notre indépendance à l’égard du pétrole et du gaz importés ? M. Hollande ne le dit pas et, s’il répond en partie aux voeux des Verts, il inquiète le patronat et la CGT qui, pour une fois, se retrouvent dans le même camp, celui d’organisations qui se soucient plus du redressement industriel et de l’emploi que d’une France écologiquement idéale mais encore à l’étude.

Le chef de l’État a exprimé une ambition louable et il reprend à son compte le pari des écologistes, selon lesquels la crise est une occasion historique pour rebâtir l’industrie avec des moyens et des méthodes qui respectent l’environnement. Mais il y a loin de l’idée à la réalisation, surtout quand une conjoncture exécrable nous prive des investissements nécessaires. Nous n’avons pas les ressources de ce projet historique et novateur et il n’existe rien de pire que d’engager une longue et difficile transition à partir d’un contexte de stagnation ou de récession. Certes, les Verts s’élèvent contre cette idée, qu’ils considèrent comme un dogme que rien ne vérifierait. Mais ils ne peuvent pas nous garantir qu’une révolution écologiste qui nous priverait d’une électricité à bon marché et de gaz ou de pétrole moins chers créera des emplois et apportera un stimulant à la croissance. On leur opposera le bons sens contenu dans la formule populaire : « Il vaut mieux tenir que courir ».

 

D’autant que l’on n’en a jamais fini avec l’écologie. Il n’y a pas d’activité humaine qui ne produise des déchets. Par exemple, les moteurs diesel, naguère bénéficiaires d’un bonus versé par l’État sont maintenant à bannir parce qu’ils dégagent des particules dangereuses pour la santé. M. Hollande n’en a pas parlé. Et pour cause : l’industrie automobile traverse une très mauvaise passe et exiger d’elle, alors qu’elle licencie à tout-va, de ne plus produire que des moteurs essence, achèverait sa déconfiture.

RICHARD LISCIA

 

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2 réponses à Hollande l’écolo

  1. Herodote dit :

    Les métaphores ne manquent pas pour tenter une synthèse des lois de l’économie et de l’écologie : par exemple la quadrature du cercle ou le mariage de la carpe et du lapin.. Alors, en l’absence de solutions, on demande un temps que l’on n’a pas, inscrit dans un agenda virtuel dont le titre pourrait être : voeux pieux du gouvernement. Ce désordre a du moins le mérite de montrer à quel point la normalité est le dernier trait de caractère à souhaiter chez un gouvernant actuel. La oomplexité en 2012 veut une révolution dans nos relations, à l’échelle européenne dans un premier temps. Le discours actuel atteint ses limites.

  2. vultaggio-lucas dit :

    Il est de bon ton de prendre le cap vert en ce temps de crise lamentablement chronique. Le président de tous les Français libéraux culturellement et/ou politiquement ou pas, n’avait-il pas annoncé lors de son entretien sur TF1, qu’il pourrait bien faire financer la couverture sociale par un élargissement de l’assiette des CSG ou par une taxe verte, plutôt que par les cotisations sociales qui pèsent sur les salaires et sur le coût du travail.MEDEF et EELV obligent…

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