Le match Copé-Fillon

Fillon et Copé
(Photo AFP)

Il n’y aura donc que deux candidats à la présidence de l’UMP : l’actuel secrétaire général du mouvement, Jean-François Copé, et l’ancien Premier ministre, François Fillon. Les autres candidats, de Nathalie Kosciusko-Morizet à Bruno Le Maire en passant par Xavier Bertrand, ont dû renoncer à se présenter, faute de parrainages.

IL FALLAIT près de 8 000 parrainages de membres de l’UMP pour être candidat. Règle draconienne et même inique, plus dure encore que pour la présidence de la République. Elle a joué en faveur de la division de l’UMP entre deux camps qui vont s’opposer alors qu’aucun sujet idéologique ou politique ne les sépare. Des candidatures plus nombreuses auraient empêché à coup sûr la scission qui se prépare peut-être. M. Fillon sera secondé par Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse, M. Copé par Luc Chatel et Michèle Tabarot. Un « tricket », en quelque sorte. Le premier tour de l’élection aura lieu le 18 novembre. M. Copé excipe de quelque 30 000 parrainages, presque quatre fois le nombre nécessaire. M. Fillon est plus populaire chez les élus et les sympathisants que chez les militants.

Peu de différences.

L’élection à la présidence de l’UMP est-elle le jalon indispensable à la candidature à la présidence de la République en 2017 ? C’est ce que M. Copé croyait jusqu’au moment où M. Fillon s’est porté candidat au poste de patron de l’UMP, contestant de cette manière un projet personnel que M. Copé n’a jamais caché, à savoir qu’il voulait devenir chef de l’État. L’avenir, forcément plein de péripéties, démontrera sans doute que les calculs les plus élaborés se heurtent à d’imprévisibles événements. À quelque bord qu’on appartienne, on ne voit pas, en tout cas, ce qui différencie M. Fillon de M. Copé, sinon que le premier a une forte expérience de gouvernement et que le second est de dix ans plus jeune. Ces considérations n’apportent rien au débat politique. Or une campagne où s’affrontent seulement deux personnes du même parti leur fera dire des choses nécessairement désagréables pour l’opposant; elles laisseront une trace au moment où il faudra rassembler les forces de droite pour reconquérir, si c’est possible, les municipalités, la présidence de la République, l’Assemblée et le Sénat.

Vaste programme, mais à la mesure de deux ambitions, l’une claironnante, l’autre voilée. En réalité, l’un ou l’autre des deux candidats ne fera que franchir la première étape d’un chemin qui en est abondamment jalonné. Certes, il faut bien commencer, mais leur optimisme laisse entendre que la gauche, dans les prochaines échéances électorales, ne peut enregistrer que des défaites, que les difficultés auxquelles le pouvoir  est confronté vont vite l’affaiblir ou l’user; et que la droite n’aura qu’à se baisser pour ramasser la mise.

Il n’en est rien. François Hollande est surpris par la force de la tempête où vogue le bateau socialiste, mais il entend bien réussir. Pour le moment, on ne voit pas comment les mesures qu’il nous annonce forment un tout capable de créer des emplois ou de diminuer l’endettement. Mais c’est l’environnement extérieur qui fera le destin de la France, c’est l’Europe et sa capacité, réelle ou non, à se ressaisir. Les Français ignorent par exemple que le président de la Banque centrale européenne a plus fait pour sauver leurs comptes en banque et leur épargne que le président de la République. De toute façon, même si l’on est hostile au mode de gouvernement socialiste, on veut espérer que de nouveaux emplois seront créés, que la crise se stabilisera, que la croissance repartira plus tôt que tard. Il nous semble que M. Copé ou M. Fillon sont parfaitement capables de concevoir un projet pour le pays. Mais il n’est pas nécessaire que la France se transforme en champ de ruines pour que joue l’alternance. C’est bien connu : la première victime des réformes, c’est le réformateur. Nicolas Sarkozy en sait quelque chose.

RICHARD LISCIA

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Une réponse à Le match Copé-Fillon

  1. vultaggio-lucas dit :

    N’est-il pas dit dans les médias de source bien informée, que le marionnettiste, euh! pardon l’ex-président de la République souhaiterait in fine que Mr Copé gagne le match car il ne serait pas un candidat trop dangereux aux futures primaires de l’UMP de 2017 car trop ressemblant au cas zoù… au contraire de Mr Fillon qui avec son air de ne pas en avoir après avoir avalé tant de couleuvres pendant toutes ces années sous Sarkosy, sous Chirac, mais quand même Premier ministre d’un retraité de la politique ou pas…

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