Copé reste indéracinable

Copé intraitable
(Photo AFP)

La crise à l’UMP n’est pas près d’être résolue. Jean-François Copé a refusé toutes les propositions qui lui ont été faites et il a décidé de s’exprimer au début de janvier prochain pour présenter son propre projet de résolution de la crise, tandis que François Fillon, dans une tribune publiée par « le Figaro », l’appelait à « accepter de ne pas avoir raison contre tout le monde ».

TOUTE L’AFFAIRE tourne autour d’une question de timing qui, en réalité, cache la source du conflit. L’ancien Premier ministre veut de nouvelles élections avant l’été, de manière à ne pas laisser M. Copé s’installer dans une fonction qui, avec la durée, lui octroierait la légitimité irréversible que le vote des militants, le 19 novembre, ne lui a pas réellement accordée. Le maire de Meaux veut avant tout s’accrocher à son poste de président de l’UMP qui lui permettrait, avec le temps, de verrouiller le parti dans la perspective des élections municipales de 2014 et de la présidentielle de 2017. M. Copé propose donc une nouvelle élection du président du mouvement après les municipales, à un moment où il croit qu’il aura définitivement distancé son rival.

On reste donc bien dans une querelle d’ego, mais le temps ne semble pas jouer en faveur de M. Copé. Dans son propre camp, on commence à se lasser de sa position maximaliste , même si on ne le dit pas ouvertement. Toute la droite a compris que, si on ne parvient pas à un accord, l’UMP reste scindée en deux partis distincts, ce qui n’est pas autre chose qu’une recette infaillible pour perdre les élections à venir. M. Fillon, certes, a sorti son arme nucléaire quand il a osé créer cette partition. Maintenant, M. Copé prend une responsabilité tout aussi grande devant l’avenir en la prolongeant indéfiniment. On n’a aucune raison de croire que, si une nouvelle élection du président de l’UMP n’est pas décidée dans un avenir proche, M. Fillon pourrait céder. Les deux adversaires alimentent la crise par la réciprocité de leurs deux intransigeances.

Un autre président ?

Les « non-alignés » (Le Maire, NKM et d’autres) ont cent fois raison : il faut revoter, et vite. Pour apaiser les militants. Pour en finir avec la scission. Pour mettre en oeuvre un scrutin honnête, encadré par des règlements à la fois plus simples et plus démocratiques qui, par exemple, donneraient la possibilité à d’autres candidats de se présenter. Ce qui serait salutaire dans la mesure où l’on peut se demander si MM. Copé et Fillon ne sont pas déjà disqualifiés aux yeux de leur électorat et si le parti ne mérite pas un autre dirigeant. Malheureusement, leur proposition n’est pas un compromis. Elle donne plus de chances à François Fillon en rejoignant sa revendication première qu’à Jean-François Copé, auquel elle envoie le message subliminal en vertu duquel l’élection du 19 novembre ne compte plus.

 

Dans ce charivari permanent, le premier lieutenant de M. Copé, l’ancien ministre Luc Chatel, semble avoir fléchi, mais il n’a pas réussi à convaincre M. Copé, pas plus que Bernard Accoyer, ancien président de l’Assemblée nationale qui, hier encore, mais en vain, proposait une consultation à bulletins secrets de tous les parlementaires UMP, qu’il prévoyait pour mardi prochain, afin qu’ils se prononcent sur un nouveau vote des militants. M. Copé a aussitôt rejeté cette proposition, comme il a rejeté celles d’Alain Juppé ou de Nicolas Sarkozy, qui n’oeuvre plus qu’en coulisses depuis que le Conseil constitutionnel surveille ses déclarations publiques, incompatibles avec le devoir de réserve que lui impose sa qualité de membre de la juridiction suprême. M. Copé peut se targuer d’avoir consommé beaucoup de célébrités au cours de la crise, mais, ce faisant, il rend à la droite un si mauvais service qu’il perd chaque jour un peu plus le droit de la représenter.

RICHARD LISCIA

 

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