C’est non à l’amnistie sociale

Vidalies: la casse, c’est du pénal
(Photo AFP)

Ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies a opposé un non clair et sans nuances à la proposition de loi sur l’amnistie sociale. Le 27 février dernier, elle avait été adoptée de justesse par le Sénat. Aujourd’hui, la commission des lois de l’Assemblée examine le texte qui devrait être mis en débat le 16 mai prochain. Ce sont les communistes qui ont présenté cette proposition, avec le soutien du Front de gauche, fortement mobilisé, et de la CGT.

MÊME SI ELLE PASSÉ LE CAP du Sénat, la proposition de loi a été conçue comme un moyen de pression sur le gouvernement autant pour qu’il change de ligne politique que pour atteindre l’objectif affiché. C’est un test qui vise à le déporter vers la gauche. Lors des votes parlementaires, il n’a pas été rare, ces derniers temps, que des défections se produisent, notamment chez les socialistes. Ce qui a déclenché une réunion entre les élus du PS et le chef du gouvernement pour aplanir des différends qui risquent, à la longue, de diviser la majorité et de rendre impossible la tâche de l’exécutif. Lors de la réunion, le Premier ministre s’est mis à l’écoute des élus, mais le but du gouvernement est de reprendre en main la majorité absolue dont le PS dispose à l’Assemblée et donc de faire régner la discipline. La position forte sur l’amnistie sociale, telle qu’elle a été exposée ce matin par M. Vidalies, indique que François Hollande n’entend pas se laisser déborder par ce qu’on appelle la gauche de la gauche.

Contre parce que de gauche.

Ce sera en effet crucial quand on abordera, dans les mois qui viennent, les coupes dans la dépense publique qui structureront le budget de 2014. La guérilla sur l’amnistie sociale a son importance : une loi indulgente assurerait les syndicalistes de l’impunité avant même qu’ils se mettent à sequestrer des patrons ou à casser du mobilier urbain. Mais le débat sur une rigueur que le chef de l’État refuse d’appeler austérité est autrement essentiel. M. Vidalies a bien posé le problème : les manifestations et les grèves sont de grands principes constitutionnels, a-t-il rappelé, mais « justement, pour respecter la force de nos principes, il ne faut pas permettre des débordements qui entrent dans le champ de la loi pénale », a-t-il déclaré, faisant allusion au terrible affrontement entre gauche et droite à propos du mariage pour tous. Car il est toujours bon, n’est-ce pas, pour un gouvernement de gauche, de souligner que, loin de se « droitiser », il trouve la majeure partie de ses inspirations dans la compassion, celle qui ne va pas jusqu’à autoriser des grévistes désespérés à démolir leur environnement.

Brandir le martinet.

Le jeu des communistes et du Front de gauche est transparent. Il s’agit, en toute occasion, de rappeler à M. Hollande ses promesses électorales et de lui suggérer d’adopter, face à une crise dévastatrice, les mesures prônées par l’extrême gauche. Il y a quelques jours, Jean-Luc Mélenchon a même suggéré que François Hollande le nomme Premier ministre. Pour le chef de l’État, la multiplicité des provocations auxquelles se livre la gauche de la gauche représente une occasion de brandir le martinet, de remettre dans le rang des élus qui ont tendance à oublier que, pour la plupart, ils ne doivent leur siège qu’à la victoire de M. Hollande. À l’Assemblée, il dispose de plusieurs instruments pour amener les rebelles à résipiscence. On veut bien qu’un élu puisse avoir des convictions qui n’adhèrent pas forcément à celles du pouvoir. Mais le fonctionnement de la Vè République exclut toute désagrégation de la majorité. Il est temps, pour M. Hollande, de rappeler aux élus qui les a faits rois, et de riposter à l’opposition affichée par des membres de l’extrême gauche par la menace de les écarter des investitures pour les élections municipales de l’an prochain.

RICHARD LISCIA

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3 réponses à C’est non à l’amnistie sociale

  1. Pas simple d’être à la fois « de gauche » et « aux commandes ». Car c’est un peu antinomique.
    Allons donc, la France reste un « vieux pays » encore humaniste, avec un fond très droitier rétrograde macho, misogyne et homophobe, sur lequel se greffent des soubresauts gauchisants, progressistes, égalitaires.
    Cela avance tout de même, avec assouplissements +++, tant à droite qu’a gauche.

    http://www.womentomorrow.fr/Sur-192-prefets-on-compte-19-femmes_a343.html

  2. ZORBEK dit :

    De toute façon, un tel texte a de grandes chances d’être non-constitutionnel ! Au non du principe d’égalité, si on amnistie, on amnistie un type d’infraction de telle ou telle gravité et ayant telle ou telle condamnation. Il est difficile de dire dans la loi qu’elle est réservée exclusivement aux amis et qu’on amnistie les coups de poing des syndicalistes sans amnistier les coups de poing semblables des cyclistes, des danseurs mondains ou des ecclésiastiques !

  3. COUMIAN dit :

    Vous écrivez n’importe quoi, le Front de gauche ne provoque personne et nous n’avons ni martinet ni knout et ni kalachnikov, nous avons des opinions que nous exprimons, ce droit d’expression est un droit humain garanti par la constitution, la question n’est pas de vous faire plaisir, elle se trouve être dans la politique menée qui pioche ses idées chez Fillon et qui n’est pas celle qui a été voulue par les électeurs du candidat Hollande ; quant à la majorité, nous lui rappelons qu’elle est de gauche, ce n’est pas déraisonnable à un an des municipales qui verra une fois encore les forces de gauche s’opposer à la droite,vos conseils au président auront été vains.

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