Vive la police !

Redoine Faïd
(Photo AFP)

Coup sur coup, en une nuit, la police a arrêté un dangereux repris de justice, Redoine Faïd, qui s’est évadé de prison il y a quelques semaines, et l’homme qui, à la Défense, a agressé au couteau un soldat chargé de la sécurité civile dans le cadre du plan Vigi-Pirate. Dans l’affaire Merah, six complices présumés ont été interpellés. Mission accomplie.

SOUVENT CRITIQUÉE pour diverses raisons liées, la plupart du temps, au combat politique, l’action de la police et de la justice peut être lente mais elle demeure efficace. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, considéré comme l’un des hommes les plus populaires de France, tirera des deux exploits un profit personnel au moment où l’opposition tente de démontrer qu’il a du mal à maintenir l’ordre. Il a le bon goût de rendre hommage à la police plutôt que d’insister sur son rôle personnel. Ce matin encore, Bernard Accoyer, ancien président UMP de l’Assemblée, regrettait que Faïd n’eût pas été maintenu dans une prison de haute sécurité, ce qui aurait évité son évasion. Mais si bévue il y a eu, elle a été réparée.

Faire confiance à la justice et à la police.

En effet, nous ne pouvons pas passer notre temps à dénigrer nos forces de sécurité alors qu’elles nous sont tellement indispensables en cette époque de terrorisme et d’aggravation du banditisme. De la même manière, on ne peut pas chipoter constamment sur les méthodes de la police, par exemple, la multiplication des caméras dans les villes, alors qu’elles nous rendent des services insignes. Sans elle, l’agresseur du soldat n’aurait sans doute pas été retrouvé et arrêté.

Pour une société ouverte comme la nôtre, il y a un équilibre à établir entre le respect des droits humains et la répression d’un brigandage qui se développe au point de semer l’anarchie dans diverses portions du territoire de la République. Le mieux est que la politique ne se mêle jamais du travail de la justice et de la police. S’il est vrai que, en dernier ressort, c’est au pouvoir que juges et policiers doivent rendre des comptes, il demeure préférable que l’appareil politique, majorité et opposition incluses, se tienne à l’écart de leur travail quotidien, qui exige une infinie patience et une non moins grande prudence.

Le moment le plus opportun pour militer en faveur de cette nécessaire distance entre le monde politique et celui de la justice est le moment des bonnes nouvelles, celles que l’opinion publique accueille avec satisfaction. Quand des policiers estiment que la justice est trop laxiste ou quand des juges interviennent dans des affaires de corruption où sont impliqués des policiers, les relations entre les deux professions deviennent exécrables et soulèvent une polémique si stridente que le public n’y entend plus rien. L’arrestation de deux hommes activement recherchés doit être saluée comme le résultat d’une très bonne coordination de tous nos services, comme le produit de ce qui marche encore en France, comme la preuve que, face à l’adversité, nous ne sommes pas toujours démunis. Dénigrer le pouvoir parce que c’est le métier de l’opposition, c’est un comportement qui fait bon marché de l’intérêt bien compris du pays. Dire que le gouvernement fait ce que le pouvoir précédent était incapable de faire relève de la même myopie, tant il est vrai que les majorités changent et que l’administration demeure.

RICHARD LISCIA

 

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