Le conflit « importé »

Après un raid aérien
(Photo AFP)

La bataille entre Israël et le Hamas a donné lieu, comme il se doit en pareille circonstance, à un vif débat opposant, en France, pro-palestiniens et pro-israéliens. François Hollande qui, dans un premier temps, a soutenu le droit d’Israël de se défendre, a dû, sous la pression de l’aile gauche du PS, « recadrer » ses propos. Chacun sait que le président de la République éprouve de la sympathie pour Israël. Il ne devrait pas la cacher, car, dans ce nouveau conflit au Proche-Orient, la propagande extrémiste a eu tôt fait de brouiller les cartes.

LE HAMAS ne représente pas tous les Palestiniens. Il n’est même pas garant de l’ordre à Gaza car il est dépassé par d’autres groupes, comme le Djihad islamique, qui n’obéissent pas à ses consignes. Branche des Frères musulmans, il a perdu le soutien de l’Égypte depuis qu’elle est retournée à un régime militaire. En dépit d’une « réconciliation » avec le Fatah de Mahmoud Abbas, il reste hostile à tout accord de paix avec Israël. En assassinant trois adolescents israéliens le mois dernier, certains de ses membres ont délibérément déclenché le cycle de représailles et d’attaques à la roquette qui ont fait, jusqu’à présent, 230 morts du côté des Gazaouis et un mort du côté israélien. Les manifestations qui ont eu lieu et continuent d’avoir lieu en France ne sont pas pro-palestiniennes, elles sont pro-Hamas. Que les bombardements israéliens tuent des victimes innocentes et, parmi elles, beaucoup d’enfants, soulève dans la communauté musulmane de France un ressentiment compréhensible. Mais à Gaza même, nombre d’habitants exigent du Hamas qu’il mette fin à sa politique suicidaire.

Retour au bon vieux pogrome.

Dans ces conditions, organiser des manifestations qui se terminent par des attaques de synagogues aux cris de « Mort aux Juifs », ce n’est pas soutenir la cause palestinienne, c’est revenir à la pratique du pogrome. Il est inutile de continuer à nier une évidence consternante mais indiscutable : il y a, en France, dans la rue, sur Internet, sur les ondes, un antisémitisme violent qui s’exprime sans la moindre réserve, sans la moindre honte et qui rassemble toutes sortes de fanatiques, amis de Dieudonné ou admirateurs du terrorisme. La préfecture de police de Paris souhaite que la manifestation de samedi prochain soit interdite pour des raisons liées à l’ordre public. Le gouvernement ne doit pas écouter les irresponsables sirènes gauchistes qui confondent fanatisme et liberté d’expression. Il doit donner suite à la requête de la préfecture de Paris.

Pour la paix, mais…

Je suis pour un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens et pour la création d’un État palestinien. J’estime que la politique de Benjamin Netanyahou est totalement privée de vision et qu’elle est dangereuse pour Israël. Je ne peux pas, pour autant, ignorer le contexte géopolitique : le conflit israélo-palestinien oppose deux peuples qui ont deux histoires, deux religions, deux mentalités différentes. Qu’ils se heurtent avec une telle violence est regrettable mais n’est pas complètement surprenant. En revanche, ce qui se passe en Libye, en Syrie, en Irak et en Égypte relève de la guerre civile entre des groupes identiques qui se traitent avec  une haine inexpiable. Soutenir le Hamas, c’est apporter de l’eau au moulin de ces guerres fratricides dont les atrocités sont incommensurables. Il n’est pas difficile d’imaginer ce qui arriverait à Israël s’il baissait sa garde face au Hamas et aux groupes qui pratiquent la surenchère. Quand on sait ce que des Syriens peuvent faire à des Syriens, on devine que, si la paix israélo-palestinienne est souhaitable, elle ne peut pas se faire au détriment d’un peuple qui a failli être exterminé et, depuis, ne peut que rester sur la défensive.

La presse française peut bien renvoyer Israël et le Hamas dos-à-dos, comme si un mouvement violent et irrédentiste pesait autant qu’un État. La pensée prétendument humaniste que véhiculent les gauchistes de tout bord est pleine de ces amalgames dangereux dont le produit est sinistre : il aboutit à accorder tous les droits à une seule faction intolérante et irrédentiste et à refuser la légitime défense à un peuple sans doute fort militairement, mais gravement menacé.

RICHARD LISCIA 

 

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3 réponses à Le conflit « importé »

  1. Dr Jérôme Lefrançois dit :

    Bravo pour la pertinence de votre commentaire, avec lequel je suis en complet accord.
    Ne nous laissons pas berner par les « bonnes consciences » qui, sous couvert d’humanité, défendent les terroristes extrémistes et non la population palestinienne et la paix.
    Ceci ne retire rien au côté insupportable des frappes d’innocents par les bombardements israéliens, qui (je ne suis pas spécialiste militaire) pourraient être plus ciblés et moins « tirés dans le tas », et encore moins sur une plage.

    Dr Jérôme Lefrançois

  2. Didi dit :

    Voici la version du « Daily Mail » du 17 juillet qui vient contredire les allégations mensongères des médias français.tous le reste n’est que lobbyisme dont vous en êtes un parfait ambassadeur: « Les groupes juifs français se sont plaints de l’augmentation de l’antisémitisme au cours de ces derniers mois, en accusant de nombreux jeunes musulmans de les prendre pour cible. Mais une vidéo filmée près de la Place de la Bastille, dimanche dernier, et vérifiée par la police avant d’être postée sur You Tube, fait apparaître que ce sont les groupes pro-israéliens qui sont activement impliqués dans les affrontements ».

    Réponse : le « Daily Mail » n’est pas une référence.

  3. phban dit :

    Entièrement d’accord avec votre analyse, nuancée et ferme. Ne confondons pas tout et n’oublions pas qui veut l’extermination de qui et qui considère l’intolérance et la haine comme des manifestations d’une volonté divine.

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