Israël : l’impasse

Après l’attentat
(Photo AFP)

Un nouvel attentat, à la hache et au couteau, commis par deux Palestiniens, a eu lieu ce matin dans une synagogue de Jérusalem. Il a fait quatre morts parmi les Israéliens. Les deux agresseurs ont été abattus par la police. La ville sainte vit depuis plusieurs mois, plus précisément depuis la bataille de Gaza, dans une tension extrême, avec des actes de violence spontanés qui ne laissent guère augurer d’une évolution des relations israélo-palestiniennes vers la paix.

LE PRÉSIDENT HOLLANDE a dénoncé le crime « odieux », comme le secrétaire d’État américain, John Kerry, qui parle d’un acte « insensé ». On ne peut que les approuver : si la paix est lointaine, la violence ne risque pas d’en rapprocher le moment. En outre, en cédant à la violence, le Hamas, mouvement qui a salué l’attentat, se range parmi les fanatiques les plus inquiétants, ceux qui règnent en Syrie et en Irak. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis une riposte sévère, mais il sait aussi que la bataille de Gaza, qui a fait plus de deux mille morts chez les Palestiniens l’été dernier, a valu à Israël les critiques les plus acerbes, y compris dans les pays qui lui sont le moins  hostiles (mais qui sont de plus en plus rares). De plus, M. Netanyahu attribue la responsabilité de l’attentat et de la tension actuelle à Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, qui a pourtant dénoncé le crime avec vigueur. En conséquence, rien ne permet de penser qu’Israéliens et Palestiniens vont rechercher dans l’immédiat les voies pacifiques qui permettraient de contenir la violence.

La colère des Israéliens.

Au contraire. Des membres du gouvernement israélien incitent M. Netanyahu à accroître la répression en Cisjordanie pour empêcher la recrudescence de la violence. Mais le terrorisme palestinien a pris une nouvelle forme. On a parlé du début d’une « troisième intifada ». Pourtant, rien ne laisse croire que la vague d’attentats est orchestrée. Elle semble spontanée, les agresseurs se servant de couteaux, de haches, ou de véhicules pour commettre leurs forfaits. Elle est dictée par la frustration des Palestiniens auxquels on promet la paix depuis au moins vingt ans sans jamais la faire, alors qu’elle devient de plus en plus indispensable, si on ne veut pas qu’Israël tombe lui aussi dans cet immense chaudron où se consument l’Irak, la Syrie et le Liban.

Mahmoud Abbas était jusqu’à présent le meilleur interlocuteur d’Israël. La perspective d’une réconciliation avec le Hamas et l’espoir de créer un État palestinien en passant par les institutions internationales l’ont conduit à s’éloigner de ses interlocuteurs israéliens. En multipliant les implantations juives à Jérusalem et en Cisjordanie, ils l’ont renforcé dans ses choix les plus récents. Lesquels aboutissent à une impasse : l’avènement d’un État palestinien dont les frontières et le statut n’auraient pas été négociés avec Israël ne conduirait pas à la paix. Israël, jusqu’à présent, ne s’est jamais cru soumis aux décisions de l’ONU quand il estime qu’elles portent atteinte à ses intérêts et, surtout, à sa sécurité. Mais il n’y a pas de sécurité sans la paix. Et il n’y a pas de paix sans échange de territoires, principe qui a fourni la base sur laquelle ont été bâtis les accords d’Oslo, conclus il y a vingt ans.

Négocier ou périr.

Sans doute sont-ils périmés et sans doute une paix éventuelle serait-elle conclue sur de nouvelles bases. En revanche, le principe « paix contre territoires » correspond à la meilleure approche du problème. Il est vivement combattu par la droite israélienne, qui croit pouvoir imposer son propre schéma de paix, sans paraître voir ce qui crève les yeux, à savoir qu’une paix sans création d’un Etat palestinien aboutira à un État unique dont la majorité sera palestinienne. À observer la radicalisation des Palestiniens et l’influence néfaste de la droite religieuse israélienne, on ne ne discerne aucune raison d’être optimiste. Israël doit se donner un gouvernement audacieux et novateur comme le fut celui d’Itzhak Rabin s’il ne veut pas avoir à négocier un jour dans le cadre d’un rapport de forces qui risque de ne plus lui être favorable.

RICHARD LISCIA

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Une réponse à Israël : l’impasse

  1. drpb dit :

    Israel pourra-t-elle restée en paix longtemps en restant figée sur une stratégie de « la guerrre éternelle » ? Pourquoi pas, aprés tout ? Le mépris des résolutions de l’ONU, l’emmurement physique du territoire, le relatif silence de la communauté internationale en disent longs…

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