Collège : le pouvoir tient bon

NVB ne reculera pas (Photo S. Toubon)

NVB ne reculera pas
(Photo S. Toubon)

Je ne crois pas du tout que le gouvernement renoncera à sa réforme du collège, même si elle fait l’objet de critiques qui fusent de toutes les couches de la société. Pour la première fois de sa vie, Najat Vallaud-Belkacem fait face à une grève des enseignants, mais ils sont visiblement embarrassés d’adopter une position soutenue par la droite. François Hollande n’avait pas besoin de cette réforme, qu’il n’avait pas promise. Il voit seulement dans cette épreuve de force une manière de montrer la vigueur et la détermination de son action.

AUCUNE RÉFORME de l’éducation n’est idéale. C’est sans doute la raison pour laquelle il y en a eu tant, et qu’elles ont été assez insuffisantes ou maladroites pour justifier que sur le métier les gouvernements successifs aient remis l’ouvrage. Ce qui est cette fois paradoxal, c’est que Mme Vallaud-Belkacem a fait le choix d’alléger en quelque sorte la tâche des collégiens. Elle a donc choisi une solution qui abaisse le dénominateur commun de tous les élèves du secondaire. Ce n’est pas, à proprement parler, une réforme de gauche, mais un moyen peu glorieux de réduire l’échec scolaire. Voilà pourquoi elle a dû affronter une levée de boucliers de ceux qu’elle a gauchement appelés les « pseudo-intellectuels », ajoutant une grosse gaffe à la tension du débat. Manuel Valls a voulu l’aider, ne pas la laisser seule contre le consensus créé par la réforme. On aurait pu discuter sur des aménagements et, concernant le latin et le grec, Mme Vallaud-Belkacem a demandé l’avis du Conseil supérieur de l’enseignement. Elle n’ira pas plus loin. L’affaire, maintenant, est purement politique.

Davantage de débat ?

Les bonnes consciences disent que la réforme du collège méritait un débat plus approfondi. Je ne suis pas sûr que cet argument convainque une majorité de nos concitoyens. Ils ont plutôt le sentiment que tout fait débat et qu’il serait temps d’économiser quelques discussions inutiles. C’est le domaine où M. Valls excelle. Agir, et cesser de bavarder. C’est sa dimension sarkozyste, qui fait hurler la gauche de la gauche. On verra, à la fin de la journée si les manifestations et les grèves décidées par des syndicats d’enseignants ont été suivies ou non. Mais, quoi qu’il en soit, il est fort peu probable que les frondeurs et tous ceux qui, à gauche, empoisonnent la vie du gouvernement, vont consentir à rejoindre les rangs de l’opposition pour faire échouer le projet.

Un test pour Valls.

Bien entendu, à la veille du congrès du PS, qui a lieu le mois prochain et que son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, a ficelé de manière à ce qu’il ne déchire pas le parti, comme lors de congrès précédents qui ont ravagé les rangs socialistes, il est imprudent de déclencher une crise sur un sujet essentiel. C’est justement parce que le sujet est d’importance nationale, qu’il engage l’avenir, qu’il concerne la jeunesse française que le Premier ministre en a fait un test crucial au terme duquel, s’il l’emporte, il aura imposé son mode de gouvernance, de la même manière qu’il a imposé la loi Macron à l’Assemblée au moyen du 49-3. Certes, la droite affirme déjà que, une fois au pouvoir, elle changera la réforme du collège, mais il n’y a rien de nouveau sous le soleil : l’alternance, c’est le rejet des réformes précédentes et la gauche au pouvoir s’y est très bien employée.

RICHARD LISCIA

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2 réponses à Collège : le pouvoir tient bon

  1. lionel dit :

    Cette réforme est un nivellement par le bas qui à terme va engendrer l’école de la médiocrité et du communautarisme (cf les sous-thèmes historiques obligatoires et optionnels…c’est ahurissant!!). L’école privée a encore de beaux jours devant elle.

  2. mussaute jean dit :

    Tous au collège, tous au lycée : le bac à plus de 80 % de réussite (seuls seront collés ceux qui ne savent pas lire!) puis tous en université. Jamais assez d’enseignants, donc plein de postes à l’Éducation nationale pour une efficacité de machine à vapeur
    quand dans le même temps le « cousin germanique  » et son apprentissage nous montrent leur efficacité.

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