Volkswagen : le scandale

Une usine Volkswagen (Photo AFP)

Une usine Volkswagen
(Photo AFP)

Volkswagen est le plus grand constructeur automobile du monde. Il a dépassé Toyota. Un logiciel clandestin a permis à la marque allemande de fausser les contrôles d’émission de gaz à effet de serre. Les autorités américaines s’en sont aperçues. Onze millions de véhicules sont concernés. Sur le marché de Francfort, l’action Volkswagen a perdu 35 % de sa valeur entre lundi et mardi.

LA FIRME a réalisé près de onze milliards d’euros de bénéfices en 2014. C’est la première entreprise allemande. Elle a la formidable réputation de qualité de toute l’industrie du pays. Elle ne cesse d’augmenter ses salariés et de leur verser des bonus de fin d’année (6000 euros par ouvrier en 2014). Elle vend ses marques dans le monde entier et fait beaucoup de jaloux. On imagine la consternation, l’incrédulité, la stupéfaction de ses clients, des Allemands et de leur gouvernement. Chaque fois qu’un contrôle américain était réalisé sur l’une des marques Diesel de Volkswagen, un logiciel se mettait en route qui minimisait la quantité de gaz envoyée dans l’atmosphère. Inutile de dire que les pouvoirs publics, aux États-Unis, prennent l’affaire très au sérieux ; ils envisagent une peine financière qui atteindrait 18 milliards de dollars. Les dirigeants de l’entreprise, qui ont reconnu les faits sans la moindre difficulté, ont déjà provisionné 6,5 milliards d’euros dans l’attente de la sanction. Le cours de l’action Volkswagen a chuté de 20 %. En vingt-quatre heures, l’un des groupes industriels les plus florissants du monde est passé de la plus grande prospérité à un risque de faillite.

Trois questions.

D’une certaine manière, la mésaventure américaine de Volkswagen est déjà réglée. La firme paiera. Mais on se pose au moins trois questions : qu’en est-il des véhicules de Volkswagen vendus en Europe et dans le reste du monde ? Pourquoi le logiciel félon n’aurait-il pas été installé sur tous les véhicules de la firme ? Et pourquoi les autres marques ne se livreraient-elles pas au même trucage ? Au moment où l’industrie automobile européenne repart sur des bases meilleures, le scandale pourrait s’étendre en Europe et ailleurs et jeter sur la totalité de la construction automobile dans le monde un soupçon tenace qui risque d’obérer sa croissance. On est confondu par une tricherie que l’on croyait réservée à des escrocs de bas étage. On ne comprend pas qu’un groupe d’une telle puissance puisse, pour un profit mineur, se livrer à un stratagème minable, et, surtout, que tant de responsables de Volkswagen se soient compromis dans cette sombre arnaque. On imagine, comme c’est le cas pour d’autres industries, par exemple l’agro-alimentaire, que la corruption n’est pas circonscrite à une usine ou à une firme, mais qu’elle est encore plus répandue que ne le dit la révélation par la presse de scandales à répétition.
Et enfin, ôtez-moi d’un doute : si le contrôle des émissions industrielles peut être faussé, qu’en est-il de la réalité des progrès contre la pollution de l’environnement ? Qu’en est-il des calculs effectués à partir d’essais, de prélèvements d’air, de mesures de toutes sortes qui peuvent être falsifiés ?

RICHARD LISCIA

PS-Pas de blog demain mercredi 23 septembre. Je serai là jeudi.

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