Gauche : unité introuvable

"Camba"  en appelle à l'unité (Photo AFP)

« Camba » en appelle à l’unité
(Photo AFP)

Aux yeux de Jean-Christophe Cambadélis, patron du parti socialiste, sa proposition de référendum sur la question de l’unité de la gauche lors des élections régionales de décembre n’était pas une idée parmi d’autres, mais un projet très sérieux qui sera mis en oeuvre du 16 au 18 octobre et permettra aux citoyens de gauche de dire de quelle manière ils souhaitent que les socialistes, les communistes, les mélenchonistes et les Verts doivent se présenter à la consultation.

C’EST UNE FAÇON de placer les partis de gauche (et les frondeurs du PS) devant leurs responsabilités, de montrer que le peuple de gauche rejette les divisions et exige que ceux qui le représentent aillent en rangs serrés aux élections. M. Cambadélis a décidé cette procédure quand il a vu que la fragmentation de la gauche aux régionales est devenue dangereuse, étant entendu que le Front national s’appuiera sur la dispersion des suffrages à gauche pour passer devant le PS et apparaître comme la deuxième force politique du pays, en attendant de prouver qu’il est la première.

Limiter les dégâts.

Le référendum est, en France, la technique la plus invoquée et la moins employée. Car il est rare que les citoyens consultés répondent à la question posée. En général, ils s’en servent pour exprimer leur mauvaise humeur et voter « non ». En l’occurrence, le référendum peut toutefois être utile, dans la mesure où il s’agit, pour la gauche, de limiter les dégâts lors des régionales et de faire barrage à l’extrême droite. Mais on ne voit pas très bien pourquoi les dirigeants de chacun des partis continuent à faire cavaliers seuls s’ils craignent le verdict de leurs mandants. On ne peut pas dire que, jusqu’à présent, Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent ou Cécile Duflot aient pensé à autre chose qu’à se maintenir dans une virginité idéologique absolue et à récuser le compromis en tant qu’oeuvre de Satan. Les Verts, notamment, voient partir nombre de leurs plus éminents représentants sans même feindre de les retenir et sans s’interroger sur la validité de leur stratégie. Ils éprouvent sans doute une joie profonde, mais sombre, à concourir avec tant de ferveur à leur propre perte. Ne leur dites pas qu’ils font le jeu de la droite ou de l’extrême droite, ils n’en ont cure et, comme j’ai eu l’occasion de l’écrire à propos des frondeurs du PS, autres artisans de la division, leur logique étant suicidaire, ils poussent le plaisir jusqu’au masochisme.

La droite l’emportera.

M. Cambadélis en sera donc pour ses frais. L’issue des régionales ne fait aucun doute. Les sondages indiquent une avance considérable (quelque 36 %) de la droite et du centre réunis, le FN en deuxième position et le PS troisième. Comme la situation économique et sociale ne s’améliore guère, il est probable que le pronostic des sondages sera confirmé lors du scrutin. La seule question qui vaille aujourd’hui est de savoir si les Républicains pourront l’emporter en Paca et dans le Nord-Pas-de Calais-Picardie, deux grandes régions où le Front pourrait écraser tous ses concurrents. Il faut cependant retenir que les Républicains et l’UDI ont su s’allier pour cette consultation nationale et que, de ce point de vue, Nicolas Sarkozy, président de LR, a fait du bon travail. Il n’aura pas eu besoin, lui, d’un référendum.

RICHARD LISCIA

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