Les terroristes s’acharnent sur la France

Cazeneuve et Taubira à Bruxelles (Photo AFP)

Cazeneuve et Taubira à Bruxelles
(Photo AFP)

La prise d’otages, ce matin à l’hôtel Radisson de Bamako, est une nouvelle attaque contre la France qui y héberge des personnels du transport aérien et des militaires. Les forces maliennes ont donné l’assaut et on compte déjà trois morts. Les terroristes ayant attaqué à sept heures ce matin, la plupart des clients de l’hôtel étaient retranchés dans leurs chambres.

LES SPÉCIALISTES de l’Afrique estiment que les assaillants ne sont pas nécessairement affiliés à l’État islamique (EI) et qu’ils pourraient venir d’un mouvement islamiste concurrent. Le résultat est le même : à l’intérieur ou à l’étranger, les terroristes s’acharnent sur la France. Cela suffit à nous montrer que nous n’en avons pas fini avec la vague actuelle de violence, que tout le pays, et principalement ses forces de sécurité, doit rester sur le qui-vive et que le choix du gouvernement, celui de combattre l’EI sur notre territoire et en Syrie, est le bon. Encore faut-il que l’Europe apporte sa contribution à la sécurité de tous, ce qu’elle ne semble pas faire avec perfection : on se perd en conjectures sur la facilité avec laquelle Abdelhamid Abaaoud, l’homme abattu à Saint-Denis et probable organisateur du carnage de Paris, a pu circuler librement d’un pays européen à l’autre alors qu’il était recherché par toutes les polices. Marine Le Pen tire de ce laxisme son argumentation profondément hostile aux accords de Schengen ; mais ces accords n’empêchent nullement la surveillance des frontières et le contrôle des individus dangereux quand ils sont repérés. Le problème, c’est que d’autres polices que la nôtre n’ont pas repéré Abaaoud.

L’Europe sollicitée.

Bernard Cazeneuve et Christiane Taubira se sont rendus ce matin à Bruxelles pour réclamer de nos partenaires européens une meilleure coordination avec nos services, une plus grande vigilance, un contrôle des frontières plus efficace. Chacun sait que, si la France est particulièrement visée, les autres pays de l’Union européenne courent les mêmes dangers qu’elle face à un terrorisme aveugle dont l’action néfaste sera toujours encouragée par la faiblesse des services de sécurité. L’ampleur de la tragédie du 13 novembre confère néanmoins à la France une sorte de leadership : étant la plus meurtrie par le terrorisme, elle est la mieux placée pour comprendre comment il faut réagir. Elle doit communiquer à ses alliés le sentiment d’urgence et l’activisme tous azimuts qui l’animent. C’est en harcelant sans cesse les individus que l’on soupçonne qu’on les déstabilise et que l’on peut prévenir de nouveaux crimes. Le renforcement des contrôles aux frontières qui a été décidé aujourd’hui à Bruxelles montre que la France a été entendue.
La prise d’otages à Bamako aggrave encore le climat d’inquiétude qui règne en France. Il s’agit ni de céder à la panique, ni de croire que nous sommes la proie d’une conspiration internationale contre notre pays, encore qu’il y ait du vrai dans cette idée, à cause de l’expansion de Daech dans le monde. Il s’agit, pour nous, de nous battre à l’étranger avec la même détermination que sur notre sol. L’accumulation des actes de terrorisme contre la France n’est certes pas encourageante, mais elle ne nous laisse guère le choix des remèdes. Nous devons recourir à une force supérieure à celle qui nous agresse.

RICHARD LISCIA

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