La guerre de tous les jours

La reine Mathilde et le roi Philippe à l'aéroport de Bruxelles (Photo AFP)

La reine Mathilde et le roi Philippe à l’aéroport de Bruxelles
(Photo AFP)

On apprend toujours de ses erreurs. Consciente d’avoir péché par optimisme, la Belgique a décidé de ne laisser aucun répit aux terroristes et les harcèle dans les points chauds du royaume. En France, un homme qui s’apprêtait à commettre un attentat a été arrêté. Dans toute l’Europe, les services de sécurité sont sur les dents.

LA LEÇON des attentats de Bruxelles, c’est qu’il faut donner des coups de pied dans les fourmilières et, sans céder sur l’application du droit, ne pas laisser aux djihadistes le temps de respirer. La tâche est d’autant moins facile que, en France comme en Belgique, policiers et militaires sont sur le qui-vive depuis trop longtemps et qu’ils commencent à se fatiguer. Au moins les gouvernements européens ont-ils compris que l’objectif principal de leur action, c’est la prévention, c’est de faire en sorte que les attentats ne se reproduisent pas. Ceux qui restent optimistes voient dans la recrudescence de la violence une traduction de l’affaiblissement de Daech en Syrie et en Irak. Ceux qui demeurent pessimistes notent les attentats commis en Afrique et la présence en nombre de l’État islamique (EI) en Libye. Quelle que soit la valeur de ces analyses contradictoires, les pouvoirs publics en Europe savent que, face à de nouveaux crimes, les populations ne se borneront plus à se recueillir dans la douleur et à réaffirmer leur unité, leurs principes et la continuité de la démocratie.

Le court et le long termes.

Il n’était pas utile de dénoncer l’inertie des autorités belges. Mais le seul fait que les attentats de Paris et de Bruxelles aient été commis par le même réseau terroriste montre qu’il était possible, si les services de sécurité belges avaient été plus diligents, d’empêcher les attaques contre l’aéroport et le métro de la capitale belge. L’enjeu de la longue bataille qui nous oppose aux djihadistes est trop grave pour que nous nous enlisions dans le débat sur les responsabilités que nous avons dans ce qui nous arrive. C’est la faute de la colonisation, c’est la faute des ghettos, c’est l’échec de l’intégration. Peut-être. Mais, d’une part, tous les mea culpa du monde sont sans effet sur ceux qui nous haïssent à tel point qu’ils sont prêts à nous assassiner aveuglément et sans faire de quartier ; et, d’autre part, si nous voulons faire amende honorable, investir dans les zones sensibles, donner un traitement spécifique au chômage des jeunes issus de l’immigration, recycler leurs cerveaux, éparpiller les familles d’origine étrangère dans des lieux divers et éloignés pour qu’elles ne tombent plus dans le cycle infernal de la pauvreté, du trafic de drogue, de la prison et d’un islamisme maléfique, il nous faudra des décennies pour mener cette tâche à bien. Dans l’immédiat, il faut arrêter net la violence.

Le sujet, c’est le danger.

Les difficultés sont prodigieuses parce que l’Europe traverse une mauvaise passe, parce que le populisme y surgit, parce que les démocraties ont leur calendrier qui n’est pas compatible avec l’urgence et l’ampleur de l’effort. Je citais hier les mesures à prendre, dont plusieurs sont européennes et nécessitent donc une coordination croissante des gouvernements et de leurs services. Malheureusement, le consensus européen n’existe pas. À la place, nous avons des débats dans les médias où il est difficile, en dépit de la compétence des intervenants, de trouver des pistes conduisant au reflux du terrorisme. Ici, on nous parle des aventures coloniales de nos ancêtres, là on nous explique que nous ne comprenons rien à la mentalité du salafisme et du djihadisme, ailleurs, on assiste à des agressions verbales contre des maires soupçonnés de laxisme, comme si la violence des propos devait le disputer à la violence terroriste.
Le passé ou l’impéritie de nos sociétés imparfaites n’est plus le sujet. Le sujet, c’est le danger. Il faut le combattre et pour le vaincre, il ne faut pas y aller la fleur au fusil.

RICHARD LISCIA

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Une réponse à La guerre de tous les jours

  1. Galex dit :

    Tout à fait, Richard ! Même les « Nordic Blue Eyes » commencent à dire à leurs politiques ce qu’ils pensent de leur inertie … La Fin de l’ère Olof Palme , après trois générations de brainwashing !

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