Une rentrée en fanfare

Montebourg, avec Aurélie Filipetti, hier à Frangy-en Bresse ((Photo AFP)

Montebourg, avec Aurélie Filipetti, hier à Frangy-en Bresse
((Photo AFP)

La rentrée, déjà ? Les échéances électorales galvanisent les acteurs de la politique. Cécile Duflot, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg sont candidats à la présidence. Ils le seraient par nécessité, parce que leur devoir consisterait à faire barrage à François Hollande. L’atmosphère politique est déjà empoisonnée.

LA CANDIDATURE de M. Montebourg est la plus crédible, et sa formulation assassine. L’ancien ministre socialiste estime que le bilan de François Hollande est « indéfendable », ce qui le contraint à se présenter. Il ne dit pas s’il participera à la primaire ou s’il ira directement à la confrontation ultime, mais, de toute évidence, il n’entend pas reculer devant l’obstacle, même s’il échoue à la primaire. Ce qui, d’ailleurs, n’est pas sûr : c’est l’homme qui a réuni 17 % des suffrages lors de la primaire socialiste de 2012. Quoi qu’il en soit, l’arithmétique n’est pas du côté du président. On ne voit pas quelle chance il aurait d’arriver en tête de la gauche au premier tour s’il a contre lui non seulement Jean-Luc Mélenchon qui, lui, ne veut pas participer à la primaire de la gauche, et réunirait 15 % des suffrages, non seulement Arnaud Montebourg, mais une multitude de candidats dont la présence à la primaire n’aurait pour effet que de diminuer les espoirs du président sortant.

Le chemin de la radicalisation.

Les amis de M. Hollande ne l’entendent pas de cette oreille. Le secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, a brocardé ce matin « l’outrance » et la « caricature » des propos de M. Montebourg. « Il prend toujours, a ajouté M. Le Guen, le chemin de la radicalisation ». Pourtant, l’ancien ministre ne s’attaque au président que parce qu’il est convaincu qu’un autre programme socio-économique est applicable au pays. On n’est pas obligé de le croire, mais son comportement, naguère capricieux, semble devenir plus logique : M. Montebourg fait une offre politique différente, qui n’est pas celle de M. Mélenchon pas plus que celle de Mme Duflot. François Hollande n’est pas encore sûr qu’il va briguer un second mandat. M. Montebourg lui dit, en quelque sorte, de ne pas faire perdre de temps à la gauche et de laisser le champ libre aux compétiteurs de son camp. La vérité est que plus la gauche se divise, plus le nombre des candidatures augmente, ce qui n’est sûrement pas le moyen d’espérer la présence d’un candidat de la gauche au second tour. Nul doute que M. Montebourg a l’intention de rallier tous les socialistes, les déçus et les hollandais, autour de son nom. Mais rien ne lui garantit un tel triomphe dans un climat exceptionnellement délétère.

Sarkozy : un petit coup de théâtre

Alors, sera-ce le retour de la droite ? Les sondages les plus récents continuent d’accorder à Alain Juppé une avance sensible par rapport à M. Sarkozy, tandis que François Fillon et Bruno Le Maire sont largement distancés. L’optimisme de l’ancien président est pourtant remarquable. M. Sarkozy a annoncé sa candidature dans un livre intitulé « Tout pour la France » et qui paraît chez Plon mercredi. Il entamera sa campagne pour les primaires dès jeudi et a bien l’intention de lui imprimer un mouvement irrésistible. M. Juppé n’ignore nullement que M. Sarkozy est redoutable, qu’il s’y entend pour conquérir le pouvoir. Le maire de Bordeaux dispose cependant d’un atout considérable. Étant entendu qu’une forte majorité de Français ne souhaite pas que se renouvelle le match de 2012, François Bayrou, hostile lui aussi à Hollande et à Sarkozy, se présenterait contre M. Sarkozy, ce qui priverait celui-ci de suffrages indispensables pour sa présence au second tour. La perspective est terrifiante puisque la candidature du maire de Pau risquerait d’aboutir à la victoire de Marine Le Pen au second tour. On ne voit pas pourquoi M. Bayrou ferait courir un tel risque au pays. Mais, au fond, il y aura tant de candidats que tous ne se sacrifieront pas à la cause qu’ils sont censés défendre.

RICHARD LISCIA

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