Faible espoir pour le climat

Macron reçoit des experts
(Photo AFP)

Le « One Planet Summit », qui se réunit aujourd’hui sur l’île Seguin, a été organisé par Emmanuel Macron en guise de riposte à la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l’accord sur le climat.

LE NERF  de l’écologie, c’est l’argent ; et l’un des problèmes posés par le retrait américain, c’est que l’Amérique ne paie plus sa quote-part depuis qu’elle a dénoncé l’accord de 2015, conclu à Paris sous la présidence de François Hollande. Le grand manitou de la climatologie, Jim Yong Kim, évalue à 3 500 milliards de dollars en 30 ans l’effort financier à fournir pour empêcher la température de la planète d’augmenter de plus de 2 % d’ici à la fin du siècle. Si rien n’est fait, la température montera de 3 degrés. Par rapport aux objectifs fixés par les climatologues, la Terre s’est déjà réchauffée d’un degré, avec des conséquences que n’importe quel terrien peut observer : montée des eaux, qui menace des îles dont l’altitude se situe à peine au dessus du niveau de la mer, inondations, sècheresse, incendies de forêts, tous cataclysmes qui coûtent des sommes folles.

120 milliards par an.

S’exprimant sur la chaîne américaine de télévision CBS, le président Macron a exprimé l’avis que « Trump va changer d’avis dans les mois ou les années qui viennent ». Pour diverses raisons, on préfèrerait que Trump écourte son mandat et qu’il cède la place à un président qui a toute sa tête. Trois mille cinq cent milliards en 30 ans, c’est l’effort minimum qui, de toute façon, n’empêchera pas un réchauffement  relativement modéré de la planète. Ce qui signifie que, chaque année, les parties prenantes de l’accord de 2015 doivent réunir plus de 120 milliards de dollars pour avoir une chance d’atteindre leurs objectifs. D’ici à 2020, les pays dits industrialisés ont promis de porter leur contribution à 100 milliards par an. On ne peut pas demander aux pays les plus pauvres de trouver des fonds qu’ils n’ont pas, alors qu’un peu partout les nations donatrices renoncent aux crédits qu’elles ont accordés à ces pays. La réponse est claire : l’argent ne peut venir que des grandes entreprises, qui doivent orienter leurs investissements vers le développement durable. Il est impossible et en tout cas contre-productif de toujours tout demander aux Etats.

Une crise de la démographie.

De cette crise climatique, qui a commencé depuis longtemps et durera encore longtemps, on tire des observations peu optimistes. D’abord, par souci de réalisme, on a préféré ne pas exiger un arrêt complet du réchauffement, qui mettrait en danger le développement économique de toutes les nations ; ensuite, la question du financement, qui dépend tout de même de moyens budgétaires inexistants puisque tous les pays du monde, ou presque, sont endettés, fait peser sur l’objectif retenu une incertitude croissante ; enfin, le génie industriel de l’homme créera nécessairement des sources de pollution différentes de celles qui ont été identifiées . L’humanité mise sur l’électricité sans sembler se rendre compte que les sources d’électricité non polluantes, comme l’hydraulique ou la solaire, resteront insuffisantes pour les sept milliards de terriens que nous sommes et qui deviendront dix milliards ou plus à la fin du siècle.

Quand M. Macron, à Ouagadougou, s’est écrié, face à de jeunes Burkinabés : « Vous faites trop d’enfants ! », la réflexion lui a été reprochée par une foule de gens qui adorent les convenances, mais il a prononcé une vérité absolue. Vivre, c’est consommer, donc, c’est polluer. La vie est sacrée. Mais il n’existe qu’une Terre et il semble qu’elle peut accueillir deux  ou trois milliards d’êtres humains, mais pas dix. Personne ne demande à une partie de l’humanité de se faire harakiri. Il demeure que le planning familial, notamment en Inde et en Afrique, devient une nécessité environnementale prioritaire. Les gens, quels qu’ils soient, n’aiment pas qu’on leur dicte leur comportement sexuel ou familial. Mais il n’est pas plus difficile de composer des familles de quatre personnes que de trouver 3 500 milliards dans la nature.

 

RICHARD LISCIA

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6 réponses à Faible espoir pour le climat

  1. Michel de Guibert dit :

    L’Afrique est un continent sous-peuplé comparativement à d’autres continents, son problème n’est pas la démographie mais son développement, et il serait paradoxal de vouloir limiter la population de ces pays pour résoudre les problèmes climatiques, d’autant que ce que les démographes appellent la « transition démographique » suit le développement économique.

    Réponse
    Je ne suis pas d’accord du tout. Mais c’est bientôt Noël.

    R.L.

    • Michel de Guibert dit :

      Densité de la population en Afrique : 34 hab./km2
      Moyenne de la densité de la population mondiale : 47 hab./km
      Densité de la population de la France : 117 hab./km2
      Densité de la population des Pays-Bas : 393 hab./km2

      Réponse
      J’ai vraiment essayé d’éviter un nouveau débat avec vous. Les chiffres que vous mentionnez ne veulent rien dire. Pour mettre une seule personne au travail, il faut un investissement. En Europe, pour créer un emploi, il faut faire un investissement d’environ un million d’euros. Pour absorber l’arrivée sur le marché du travail d’un million de personnes, il faut un milliard. En Afrique, il en arrive des dizaines de millions chaque année, dans des pays qui n’ont pas de fonds propres. Vous ne pouvez pas comparer les Pays-Bas au Burkina Faso ou au Congo. Je mentionne des éléments de l’enseignement de base de l’économie. En Afrique, un couple qui a six enfants et vit dans la précarité ne peut pas leur donner l’éducation adéquate et est à peu près certain d’en faire des chômeurs.
      R.L.

  2. VJ dit :

    Les Nostradamus du climat frappent encore, et au portefeuille Svp. Il y a une vingtaine d’années, nous avions connu un petit âge glaciaire de quelques années comme au XVIIe siècle, et on ne parlait que du « refroidissement climatique ». C’est un mouvement de pendule habituel, avec des cycles variables, et il faudrait vivre sur plusieurs générations [ou siècles…] pour s’en rendre compte.. Le climat n’est pas une science, et devrait imposer une certaine modestie aux tenants de cette nouvelle secte du GIEP.
    L’homme a certes ses responsabilités dans la pollution atmosphérique, peut-être de rapport assez lointain avec le climat mais pas avec les maladies, et la Terre ne l’a pas attendu pour en faire à sa guise. Les Cop 21 et + ne sont que gesticulations et prétextes a petits-fours. Patience.

    Réponse
    Oui, patience, attendons que les incendies rasent la Californie, que les inondations noient les îles, que nos enfants soient asphyxiés par les particules. Mettons la cagoule de l’aveuglement, elle nous protègera contre tous ces maux. Contre la secte du GIEC, la secte du laisser-faire.
    R.L.

  3. Domurado dit :

    « Par souci de réalisme, on a préféré ne pas exiger un arrêt complet du réchauffement » : j’aime beaucoup cet humour pince-sans-rire.
    En effet, on peut exiger cet « arrêt complet du réchauffement », mais c’est une impossibilité basée sur les lois de la physique. L’atmosphère atteindra son équilibre thermique quand l’énergie qu’elle perdra vers l’espace – cette perte d’énergie augmentant avec l’augmentation de la température de l’atmosphère – sera égale à celle qu’elle piège à cause de l’effet de serre. D’autre part, l’énergie solaire piégée par l’atmosphère dépend de la concentration atmosphérique de CO2 (et des autres gaz à effet de serre). Et ces gaz mettent des dizaines, voire des centaines, d’années à disparaître de l’atmosphère.
    Première hypothèse : on arrête aujourd’hui tout re-larguage de CO2. Le réchauffement continuera jusqu’à ce que l’atmosphère ait atteint son équilibre thermique, et la température de l’atmosphère diminuera ensuite avec la baisse de concentration des gaz à effet de serre.
    Deuxième hypothèse : on continue à relarguer du CO2. Devinez ce qui va se passer.
    Le bon côté des choses : on finira (peut-être) par faire des économies de chauffage l’hiver.

    Réponse
    On peut rire de tout, même de vous.
    R.L.

    Cordialement.

  4. GCB dit :

    Totalement d’accord (comme toujours) avec M. Liscia et (pour une fois) avec M.Macron, le seul vrai problème à terme pour l’avenir non pas de la planète (qui sait se débrouiller toute seule), mais de l’humanité, passe par la maîtrise de sa démographie.Je crains néanmoins que ce combat ne soit déjà perdu.

  5. Bernard lhys dit :

    Bonjour, je voudrais vous faire remarquer que les pays hyper-développés du nord sont ceux qui sont le plus responsables d’émission de gaz à effet de serre alors qu’ils présentent les taux de natalité les plus faibles. Ceci dit, vous avez raison de noter qu’il est nécessaire de mettre en place des politiques de réduction de la natalité en Afrique pour améliorer les conditions de vie des habitants, l’exemple de ce que n’a pas fait l’Egypte est frappant à cet égard. Il nous reste à espérer que le développement du recours à l’électricité solaire dans les pays africains se traduira dans les faits.

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