Paris, « ville parfaite »

Anne Hidalgo
(Photo AFP)

La gestion de Paris par la maire, Anne Hidalgo, laisse à désirer aux yeux de nombre de Parisiens. D’autres, peut-être majoritaires, approuvent les mesures inspirées par la lutte contre la pollution. Mme Hidalgo sait que la conception qu’elle a de son rôle a fait d’elle un personnage politique de premier plan, exposé aux critiques comme aux compliments.

ANNE HIDALGO a pour la capitale une ambition qui coïncide avec son ambition politique personnelle. Il n’est pas excessif d’imaginer qu’on la trouvera un jour parmi les candidats à la présidence de la République. Ce projet est néanmoins contrarié par les polémiques que ses mesures soulèvent et qui ne sont pas uniquement des expressions du sectarisme. Depuis quelques mois, Mme Hidalgo se heurte à des difficultés qu’elle combat, certes avec fermeté, mais aussi avec une forme d’autoritarisme comparable à un acharnement peu propice au dialogue. Ce n’est certes pas sa faute si le contrat qui liait la ville à l’entreprise  Jean-Claude Decaux pour les Vélib’ a été annulé par un tribunal. La maire a dû chercher un autre concessionnaire. Elle en a trouvé un qui , sous le prétexte de mieux faire que son prédécesseur, a plongé le système des vélos de location dans le chaos.

La bataille des voies sur berge.

Ce n’est pas sa faute non plus si le tribunal administratif de Paris a jugé illégale, le 21 février dernier, la déclaration du Conseil de Paris instituant la piétonnisation de 3,3 kilomètres de voies sur berge. Le jugement était fondé sur la mauvaise qualité de l’étude d’impact, laquelle contenait « des inexactitudes, des omissions et des insuffisances ». La bataille juridique n’est qu’un aspect de l’affaire. Le débat public tourne sur la pollution par l’automobile, sur les rapports économiques entre l’Île-de-France et la capitale, la réalité de l’avantage apporté par la mesure sur le plan environnemental (créer des bouchons, ralentir les véhicules, voilà qui pollue beaucoup). Mais la maire a réagi avec son sang-froid habituel, matiné d’une forme de provocation, en maintenant la piétonnisation et en prenant un décret non plus appuyé sur la pollution mais sur d’autres motifs, du genre : c’est merveilleux de faire de Paris une ville sans automobiles.

Même si on n’est pas juriste, on peut estimer que la détermination de Mme Hidalgo est telle qu’elle en a négligé le droit et s’est aventurée dans une sorte de bunkérisation de la mairie, seule habilitée à savoir ce qui est bon ou moins bon pour la ville. C’est de la même manière qu’elle a d’abord refusé l’enterrement de l’écrivain Michel Déon dans un cimetière parisien, sous le prétexte officiel qu’il n’était pas habitant de la ville (il vivait en Irlande), ce qui a provoqué un tollé dans les milieux littéraires et autres. Mme Hidalgo a dû céder, comprenant enfin que son interdiction ne pouvait être perçue que comme un acte mesquin, car Michel Déon était de droite et qu’elle est, ô combien, de gauche.

L’important, c’est l’hygiène.

Elle n’était pas favorable à la candidature de Paris aux jeux Olympiques d’été en 2024, mais, devant la pression de l’opinion, elle s’est lancée dans une belle campagne pour obtenir que le Comité olympique international choisisse la capitale de la France. A ses premiers doutes, a donc succédé la victoire de Paris,  qui, contre toute attente, aura été aussi la sienne. De même, elle a lutté contre la saleté de la capitale en embauchant plus d’éboueurs et de conducteurs, mais les Parisiens ne donnent pas à la capitale la médaille d’or de la propreté, pas plus qu’ils ne sont satisfaits de la lutte contre l’invasion par les rats.  Eh oui, un maire peut-être un grand personnage politique, mais son travail, c’est surtout d’assurer l’hygiène de sa ville.

A part ça, tout va bien. Le ministre Nicolas Hulot souhaite une rencontre entre Valérie Pécresse, présidente (de droite) de la région Île-de-France, mais les relations entre les deux femmes n’ont jamais été aussi tendues. En revanche, Mme Hidalgo semble définitivement débarrassée de sa nemesis, Nathalie-Kosciusko-Morizet, ancienne conseillère de Paris, balayée par l’irruption d’En marche dans le paysage politique national et qui a abandonné la politique pour se recycler aux Etats-Unis. Le projet pour Paris d’Anne Hidalgo (il serait question de détruire le centre commercial de la tour Montparnasse) est inspiré par des idées novatrices. Elle favorise donc l’environnement au détriment du commerce et de l’économie. Elle n’y va pas avec le dos de la cuillère. Elle ne mérite ni une surabondance d’éloges, ni un tir groupé de critiques assassines.

RICHARD LISCIA

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3 réponses à Paris, « ville parfaite »

  1. Num dit :

    Le projet d’Hidalgo pour Paris c’est de la débarrasser des automobiles. Notre capitale est en train de se transformer en ville-musée pour ses habitants et les touristes, loin du dynamisme de Londres ou Berlin. Où est l’ambition d’attirer les investissements, les entreprises, les institutions financières londoniennes rebutées par le Brexit, congrès ou conventions ? De faire rayonner Paris au niveau mondial, en faire une ville incontournable sur le plan économique, culturel et international ?
    Anne Hidalgo représente le pire de ce que la gauche peut faire: sectarisme, moralisme, autoritarisme, certitude d’avoir raison contre tout le monde, fermeture, etc.

  2. bruter dit :

    Madame Hidalgo, ou le comble d’un totalitarisme prétentieux, égocentrique, et mégalomane.

  3. Chretien dit :

    A l’exception du samedi et du dimanche on ne voit que deux ou trois personnes en semaine qui se promènent sur les voies sur berge alors qu’au dessus on bouchonne.
    Signé: un habitant des quais de Seine

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