Les leçons d’un été bouillant

Incendie en Suède ce mois-ci
(Photo AFP)

Le phénomène caniculaire qu’endurent tous nos concitoyens, qu’ils travaillent ou soient en vacances, est exceptionnel car il n’est pas limité à la France mais s’étend sur tout l’hémisphère nord de Vancouver à Vladivostok. Cette année, nous avons été projetés dans un avenir douloureux. Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur le réchauffement climatique.

SI LES Français ont chaud, les Californiens se battent contre une vingtaine d’incendies qui grillent forêts et maisons, les Japonais, après une séquence d’inondations, sont écrasés par un typhon, le nord de la Suède, aux confins du cercle polaire, flambe. L’intensité de la chaleur et sa généralisation nous montrent qu’il n’y a pas vraiment où aller pour se rafraîchir. Nous pensons tous à installer la climatisation dans nos foyers, nous ne ferons que contribuer à l’effet de serre. De même que pour éliminer le moteur à explosion, nous allons produire par millions des batteries électriques dont le nombre et les éléments participeront à la pollution de l’environnement. De même que les alternatives au mode de vie actuel seront pratiquement impossibles à atteindre. Trop de bitume, trop de constructions, absence croissante de végétation, les pluies sur un sol aussi dur se transforment en inondations. Dans plusieurs régions du monde, de la Californie à l’Australie, le choix est entre le feu et l’eau.

L’accord sur le climat.

Les efforts des gouvernements qui ont pris conscience de l’ampleur et de la gravité du phénomène pour changer les modes de vie et tenter d’appliquer des règles de comportement afin de réduire les gaz à effet de serre et une angoissante pollution, comme celle des océans par des territoires de plastique, sont les bienvenus. Que Donald Trump s’oppose à une politique de la propreté est conforme à l’immense bêtise de la plupart de ses décisions. Et même si villes, comtés et États américains se hâtent d’imposer leurs règles écologiques locales, le retrait des États-Unis des accords de Paris est un coup dur porté à un programme mondial qui n’a de chances de réussir que s’il est appliqué par toute la planète.

Cependant, quand on nous dit que, cette année par exemple, nous avons déjà dépassé le seuil d’extraction des ressources naturelles que la planète peut nous fournir en une année, on ne nous explique pas vraiment pourquoi. Assurément, le niveau de développement atteint par les sociétés occidentales a sa très grosse part de culpabilité. Mais le problème s’est compliqué par l’accession à des niveaux de vie décents de plusieurs centaines de millions d’Asiatiques et d’Africains. Il n’est pas question de leur nier le droit de vivre aussi bien que nous. Il faut seulement se demander si nous pouvons tous nous établir dans le confort humain, celui que nous avons défini siècle après siècle, grâce au progrès. Il s’agit de prendre conscience d’une démographie qui est la principale responsable du réchauffement climatique. En un peu plus d’un siècle, la population mondiale a été multipliée par sept. À observer les immenses espaces de l’ouest américain, de la Sibérie, de l’Australie ou du Brésil, nous pensons que la surface de la Terre est assez large pour accueillir un plus grand nombre  d’individus. Ce n’est pas vrai. Nous sommes trop nombreux, nous polluons dès que nous respirons, dès que nous mangeons pour vivre,  dès que nous nous donnons un toit, un véhicule, un objet pour communiquer.

Laisser faire ?

Or la démographie, c’est ce qui a permis au monde de parvenir à cet état de développement économique, de connaissances, de création artistique, d’humanisme. Plus notre cerveau est confronté à celui des autres, plus nous nous perfectionnons. Quand la Chine s’est aperçue qu’une population nationale d’un milliard et demi d’habitants est fort difficile à gérer et qu’elle a appliqué sa politique d’un seul enfant par foyer, elle a vieilli brutalement et, pour des seniors qui réclament une retraite, elle ne trouve plus les jeunes qui doivent payer pour eux-mêmes et pour leurs anciens. La vérité est que nous sommes parvenus à un moment de grand déséquilibre planétaire, qu’il y a trop de monde sur la Terre, et surtout des populations mal réparties : quand la Chine manque de jeunes, l’Afrique en a trop, qui arrivent sur un marché incapable de les nourrir. D’où les phénomènes migratoires qui sont devenus obsessionnels en Europe et aux États-Unis. Le problème étant général, je ne vois pas comment il sera résolu par des gouvernements qui ont beaucoup de mal à s’entendre et dont beaucoup refusent qu’on leur fasse la leçon. Devant un obstacle aussi élevé, peut-être infranchissable, on a tout le loisir de se demander s’il ne faut pas traiter l’absence de régulation de la démographie par l’indulgence, en espérant qu’elle se règle toute seule à la faveur du développement. Ainsi la croissance, facteur numéro un de pollution, finirait pas arrêter le galop démographique.

RICHARD LISCIA

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2 réponses à Les leçons d’un été bouillant

  1. Oui, bien sûr, la démographie est le principal problème, et de très loin.

  2. A propos du réchauffement climatique, si on parlait un peu des avions et leur kérosène ainsi que des plus gros navires commerciaux du monde, leur fioul et leurs paquebots ?

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