Le parcours du combattant

Macron fait ce qu’il peut
(Photo AFP)

Les perspectives, en France et ailleurs, sont rassurantes. Cette année, tous les Français et tou les Américains, auront acquis l’immunité collective grâce aux vaccins. À la place de cet effet d’annonce, les patients auraient préféré un calendrier respecté des injections, catégorie de citoyens par catégorie.

POUR les personnes âgées, la situation sanitaire est d’autant plus alarmante qu’ils sont des dizaines de milliers à n’avoir pas de rendez-vous. Emmanuel Macron a renoncé à un confinement qui aurait concerné les personnes les plus vulnérables, c’est-à-dire les vieux, mais ce n’est que partie remise ; et cela signifie qu’on va re-confiner les plus de 75 ans parce qu’on n’est pas capable de les vacciner après leur avoir fait de multiples promesses.

Attendre ou pas.

La multiplication des variants sème la panique dans la population et explique son subit engouement pour une vaccination qu’elle méprisait. Le facteur principal de l’inquiétude, c’est l’ignorance de ceux qui sont censés tout savoir, les scientifiques. Ils ne savent pas si les variants reculent devant la vaccination ou non, et du coup, ils ne savent pas si la protection assurée par la vaccination est durable. Autrement dit, on n’a pas fini de vacciner la tranche d’âge qui devait être la cible de janvier, mais on ne pourra rien lui dire le jour (éloigné) où elle aura enfin obtenu la seconde injection. Des candidats-vaccins disparaissent, d’autres apparaissent, faut-il attendre le vaccin efficace contre tous les aspects de la pandémie et à une dose, ou faut-il au contraire se faire vacciner le plus  vite possible  ?

Une question de vie ou de mort.

Ces hésitations sont compréhensibles ; elles sont moins le fait de l’État que des scientifiques ; comme l’a dit le président, nous serions un pays de 67 millions de procureurs, toujours prêts à faire le procès de ceux qui, pour nous gouverner, se contentent de partager avec nous nos incertitudes. Bien entendu, la politique ne perd pas ses droits, elle en gagne. Marine Le Pen dénonce (et, cette fois, l’argument n’est pas nul) le système de distribution des vaccins en Europe, qui nous aurait désavantagés. C’est bien possible, car les vaccins arrivent en France au compte-gouttes et il n’était pas question, après une réaction unitaire et salutaire de l’Union européenne à la crise économique provoquée par la pandémie, d’acheter des vaccins en les payant plus cher et sans en informer nos partenaires européens. Cependant, ce n’est pas une raison pour invoquer la discipline européenne comme détonateur de la pénurie. L’arithmétique du partage des petits pois, exercice classique du certificat d’études, n’a rien à voir avec une question de vie ou de mort. L’hypothèse d’un confinement des vieux est tout simplement pathétique : je ne peux pas vous vacciner, donc je vous demande de ne plus sortir de chez vous. Bientôt, les morts de personnes âgées ne seront plus ajoutées au compte des décès, ce sera une simple variable d’ajustement.

Un avenir « éblouissant ».

Le pire, peut-être, c’est que ceux de nos dirigeants que la crise paralyse ont remplacé le vaccin par des perspectives d’avenir éblouissantes : nous seront vaccinés cette année et peu importe la chronologie de la campagne vaccinale ;  peu importe si entretemps nous mourons, mais, oui, promis, juré, nous nous débarrasserons du Covid et de ses associés meurtriers, les variants. La vérité est moins drôle. La pandémie va se transformer en épidémie chronique, facilitée par l’arrivée de l’hiver. Il faudra vacciner chaque année contre le Covid-19 et il faudra mettre au point des vaccins unidoses si on ne veut pas provoquer des embouteillages.

L’angoisse du père de famille.

Pis : il y aura inévitablement d’autres virus pour lesquels nous ferons dans la hâte de nouveaux vaccins, comme cela a été fait, à la gloire des scientifiques, pour la mise au point d’un vaccin efficace, et en si peu de temps, contre le  Covid-19. On n’empêchera jamais le chef de famille de sombrer dans l’angoisse face à de telles hypothèses. On ne l’empêchera pas d’assurer le sort de sa femme et de ses enfants sans trop s’intéresser aux statistiques, sans entrer dans les détails des souches nouvelles, sans devenir un épidémiologiste de choc.

Je ne crois pas pour autant que les censeurs qui montent sur leurs ergots politiciens aient la légitimité pour le faire. Tout est bon, dans ce pays, pour le diviser. M. Macron a largement démontré qu’il ne risque pas de sombrer dans le culte de la personnalité et ceux qui croient pouvoir le remplacer n’ont jamais prouvé qu’ils feraient mieux que lui. Il a peut-être eu tort de dire au moins une fois que nos sommes en guerre, car il na pas démontré qu’il était pour sa part le plus fin des stratèges. Mais il incarne l’exécutif que nous avons élu et ses opposants devraient plus souvent songer à vaincre le virus avec lui que de préférer qu’il s’en aille pour que l’un d’eux puisse le remplacer.

RICHARD LISCIA

2 000 BLOGS

PS- Petite statistique qui ne manquera pas d’intéresser ceux qui me lisent et ceux qui m’écrivent. J’ai publié à ce jour sur ce blog, commencé en juillet 2012, soit il y a plus de huit ans, 2 000 chroniques. Ces articles m’ont valu 5 076 commentaires qui ont été publiés, soit 2,5 commentaires par chronique. Plus de 24 000 commentaires indésirables, ou écrits en langue étrangère ou encore de nature publicitaire et aussitôt signalés comme tels par un système  ad hoc ont été bloqués avant publication.

C’est l’occasion pour moi de vous remercier une fois de plus pour votre fidélité, chers lecteurs, vous sans qui le chroniqueur n’existe pas. Je suis heureux du volume de la production, tout en espérant humblement que vous en admettez la qualité, que je m’efforcerai de maintenir dans les mois ou années à venir.

R. L. 

 

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2 Responses to Le parcours du combattant

  1. Laurent Liscia dit :

    2 000 blogs: bravo !

  2. Alan dit :

    Dans les années à venir, nous espérons, bien sûr ! Bravo et merci

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