Euro : l’horizon s’éclaircit

Angela Merkel
(Photo AFP)

La Cour suprême allemande a donné son feu vert : le président de l’Allemagne est autorisé à signer le Mécanisme européen de stabilité (MES) et le pacte de croissance. Cette décision complète celle de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, de racheter, pour des montants illimités mais pour une durée de trois ans maximum, la dette des États européens en difficulté, à un taux privilégié.

LES MARCHÉS et l’euro ont réagi par une hausse de leurs cours. Peu à peu, les structures envisagées par les pays membres de la zone euro pour stabiliser la dette se mettent en place. La Cour suprême allemande a certes exigé que toute augmentation de la participation de l’Allemagne au MES soit votée préalablement par le Parlement. Mais elle a évité une décision négative que pouvait lui inspirer l’hostilité de l’opinion à la « planche à billets » et à la notion que l’Allemagne vertueuse paie pour les pays laxistes. La stabilité de l’euro et le caractère « irréversible » de la monnaie unique sont indispensables à la protection des comptes en banque et de l’épargne. Le MES ou le rachat des dettes par la BCE ont une influence directe sur le bien-être de chacun des citoyens de la zone euro.

Le bon choix. 

Bien entendu, si la suspicion d’une partie de l’opinion européenne, des mouvements souverainistes, d’une fraction de la gauche et de la totalité de l’extrême gauche se renforce, c’est parce que la méthode choisie pour la stabilisation de la zone euro s’appuie sur le principe de la convergence fiscale et budgétaire entre les États membres et qu’elle implique des garanties financières colossales, assorties d’abandons progressifs de souveraineté. On ne niera pas que le lancement de l’euro a été mal conçu. Il aurait dû être  précédé par les politiques de redressement auxquelles l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la France se sont attelées cette année, dans l’urgence et parfois la panique, pour remédier à la crise financière et monétaire.

L’explosion de l’euro aurait eu, cependant, des conséquences délétères, notamment la destruction du tissu bancaire et de l’épargne des Européens. Ceux qui continuent à réclamer le retour aux monnaies nationales feignent de ne pas le savoir. Ils semblent s’imaginer qu’une dévaluation compétitive aurait produit de meilleurs résultats alors que, en réalité, elle aurait mis sur le même pied tous les pays de la zone euro, sauf l’Allemagne (laquelle aurait perdu ses atouts à l’exportation) et n’aurait pas eu d’effet positif sur la production industrielle et le commerce. Tout en appauvrissant de quelque 30% les avoirs des particuliers et des entreprises.

Le message de la chancelière allemande, Angela Merkel, ne change pas. BCE et MES sont ou seront des organismes stabilisateurs capables de travailler en urgence. Ils ne seront pleinement utiles que si tous les pays, France comprise, s’engage dans une politique de réduction de la dette et en direction de l’équilibre budgétaire. Nous avons eu l’occasion de critiquer le plan annoncé par François Hollande dimanche dernier parce qu’il s’adresse plus aux ménages et aux entreprises qu’à l’État français. D’autres analystes demandent en outre un délai plus long pour le retour à l’équilibre budgétaire. Il faut rendre à M. Hollande ce qui lui appartient : il entend diminuer de 10 milliards, en 2013, les dépenses de l’État. Pour cette seule mesure, il mérite un jugement favorable car, dans un pays qui s’est abreuvé pendant 60 ans aux ressources collectives, l’effort annoncé constitue une révolution.

RICHARD LISCIA

 

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