Djihadisme ici et ailleurs

Militaires à Nice (Photo AFP)

Militaires à Nice
(Photo AFP)

L’attaque au couteau contre trois soldats qui, à Nice, gardaient un centre juif, suffit à démontrer qu’il n’y aura pas de répit avant longtemps dans la guerre que le djihadisme livre à la France. Il faut se féliciter d’une surveillance des lieux sensibles qui, en l’occurrence, a remarquablement protégé les personnes qui se trouvaient dans le centre. Mais l’opinion constate que les attentats semblent être commis de plus en plus souvent par des individus qui, peut-être, n’appartiennent à aucune filière, et sont donc imprévisibles.

L’AGRESSEUR de Nice s’appelle Moussa Coulibaly (sans rapport avec le Coulibaly de l’Hyper Cacher). Il a tenté récemment de se rendre en Syrie, mais, tracé par nos services de renseignement, il a été remis dans un avion à destination de la France dès qu’il est arrivé en Turquie. Il a été entendu. La police n’a trouvé aucune raison de l’inculper ni même de le garder et il a été remis en liberté. Ces faits montrent un individu sans doute instable à la recherche d’un mauvais coup à faire. De la même manière, les frères Kouachi et Amédy Coulibaly étaient connus des services de police, ce qui ne les a pas empêchés de commettre leurs crimes. Tout cela démontre à la fois l’efficacité et la vitesse de réaction de notre système de surveillance et de protection de la population civile, et les difficultés de ce système à prévenir des actes qui risquent de faire, comme on l’a vu en janvier, de nombreuses victimes.

Donner des moyens légaux à la police.

Ségolène Royal a exprimé le souhait que le public ne cède pas à la panique et a rappelé que l’État disposait de fortes capacités pour tenir tête au terrorisme. L’opinion, pourtant, préfèrera toujours que le gouvernement réussisse à tuer dans l’oeuf les projets d’attentat avant qu’ils ne soient mis en oeuvre. Les nombreux coups de filet lancés par la police depuis les attentats de janvier prouvent que le gouvernement harcèle sans relâche les milieux où se conçoivent les actes destinés à déstabiliser le pays. Il faut maintenant qu’il se donne les moyens légaux de retenir aussi longtemps que ce sera nécessaire les individus dont tout laisse penser qu’ils finiront par commettre un crime.

Un test du système de protection.

La glorification de nos soldats, ceux qui ont amorti le choc de l’attaque un peu folle lancée par Moussa Coulibaly, est d’autant plus justifiée que la défense des lieux dits sensibles a été ainsi testée de façon positive. Il demeure que chaque annonce d’attentat, réussi ou avorté, contribue un peu plus à l’inquiétude des juifs de France. Mettre le pays sur le pied de guerre ne serait pas excessif. L’État islamique et ses associés sont parvenus à créer un climat mondial d’insécurité. L’assassinat ignoble du pilote jordanien tombé aux mains de l’État islamique (il a été brûlé vif dans une cage), les représailles de la Jordanie, qui a exécuté deux détenus, dont une femme, impliqués dans des crimes terroristes, la guerre au Nigéria, où l’armée tchadienne, au prix de lourdes pertes, combat Boko Haram, les batailles impitoyables entre Daech et les Kurdes, qui ont fait des milliers de victimes, l’anarchie qui règne au Sinaï, où des éléments terroristes infligent des coups très durs à l’armée égyptienne, les provocations du Hezbollah dans le Golan, tout indique que nous sommes engagés dans une bataille longue et sanglante contre un système anonyme et tentaculaire qui a juré de nous détruire.

RICHARD LISCIA

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