Le délire fanatique

Une femme arrêtée à Boussy-Saint-Antoine (Photo AFP)

Une femme arrêtée à Boussy-Saint-Antoine
(Photo AFP)

Dans cet attentat (déjoué), où une voiture pleine de bonbonnes de gaz et de gazole a été garée à 200 mètres de Notre-Dame, feux de détresse allumés, il y a une bizarrerie et la révélation d’un fanatisme sans bornes.

UNE BIZARRERIE, car les feux de détresse ont attiré l’attention et ont amené sur les lieux policiers et artificiers, ce qui a permis d’empêcher l’explosion du véhicule. Curieusement, il n’y avait pas de détonateur, pour une raison simple : les terroristes voulaient faire exploser la voiture, mais n’y sont pas parvenus. L’enquête, très rapide, a permis de remonter la piste, d’abord au propriétaire de l’automobile, qui n’a pas hésité à dénoncer sa fille, prénommée Inès, qui a blessé au couteau l’un des policiers chargés de l’arrêter. Plusieurs personnes sont interrogées et le ministère de l’Intérieur affirme qu’un second attentat a été déjoué. Il y a quelques jours, un détenu a également blessé au poinçon deux de ses gardiens.

Des femmes fanatiques.

L’affaire confirme que nous sommes confrontés à des gens tellement dangereux qu’ils ne se rendent jamais et qu’ils peuvent tenter de tuer un policier même au moment de leur arrestation. Elle nous apprend aussi que certaines femmes ne sont pas moins fanatisées que les hommes, qu’elles peuvent concevoir des projets d’attentat d’autant plus difficiles à déceler qu’elles ne sont pas nécessairement dans le radar des services de renseignement. Dans le cas d’Inès, son père était fiché « S » pour radicalisme mais il a été débordé par elle. Elle lui a emprunté sa 605, a disparu et il a très vite compris qu’elle allait commettre un attentat. On ne répètera jamais assez que l’embrigadement par l’État islamique de très nombreuses personnes qui ont apparemment une vie sans histoires est efficace. Non seulement les moyens mis au service de la déradicalisation sont insuffisants, mais on peut se demander s’il est possible de convaincre ces hommes et ces femmes qui se dévouent à leur « cause » avec une passion proche de l’illumination. Un élément est apparu : la concentration des djihadistes dans la même prison n’est pas une bonne solution. Au total, huit personnes ont été arrêtées, dont cinq femmes, et deux attentats, dont celui à la voiture piégée, ont été déjoués.

Le retour des « anciens combattants ».

Quelques bons analystes remarquent que les revers de l’EI sur le terrain, en Syrie et en Irak, mais aussi en Libye, vont vite se traduire par le retour en France de quelques centaines de djihadistes français dont personne ne peut dire s’ils se sont enfin convaincus que Daech est une affreuse mésaventure ou s’ils ne rentreront que pour semer la mort chez nous. Personne ne doute de la capacité du gouvernement à évaluer correctement l’ampleur de la menace et on se félicite de ce qu’il se donne les moyens policiers et judiciaires indispensables pour lutter contre les islamistes radicaux. Mais le risque zéro n’existant pas, on peut s’attendre, comme Manuel Valls l’a dit il y a quelques semaines, à de nouveaux attentats en France. François Hollande a cru bon d’affirmer hier qu’il ne porterait aucune atteinte au droit sous le prétexte de juguler le terrorisme. Dans l’absolu, c’est une excellente position, sauf qu’elle ne résisterait pas à une recrudescence des attentats. Le devoir principal d’un gouvernement, c’est de préserver la sécurité de la population.
Le petit train-train électoral n’y changera rien : les Français, confrontés à de nouvelles violences, exigeront en priorité des mesures de prévention qui risquent de solliciter l’état de droit jusqu’à ce qu’il craque. Le plus utile consisterait à prévoir toutes les mesures possibles dans le cadre constitutionnel strict, pour éviter que les services de sécurité soient pris au dépourvu par une vague de violence. Le gouvernement a durci les dispositions répressives au début de l’année et il y a assez de moyens d’action prévus par la nouvelle législation pour ne pas devoir légiférer dans la précipitation.
Voilà la différence entre la réaffirmation verbale des principes et la situation d’urgence créée par l’assassinat de civils. De plus, il vaut mieux qu’un gouvernement démocratique prenne des mesures fortes s’il ne veut pas céder la place à un pouvoir qui n’hésiterait pas à contourner la Constitution au nom d’une répression aveugle qu’il présenterait comme salutaire.

RICHARD LISCIA

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One Response to Le délire fanatique

  1. BISROR dit :

    DES JUGES INTOUCHABLES ET COMPLETEMENT IRRESPOSABLES JUSQU’A QUAND? LA MOINDRE FAUTE MEDICALE CONDUIT SOUVENT AU PENAL, POURQUOI PAS LA MEME SANCTION POUR UN JUGE ? UN TERRORISTE DU GIA, RECLAME PAR L’ALGERIE ET COMDAMNE A 10 ANS DE PRISON EST RELACHE AU BOUT DE 5 ANS PAR UN JUGE OU EST LA JUSTICE? AUJOURD’HUI ON MOBILISE DES POLICIERS POUR LE RETROUVER? ET S’IL Y A DES MORTS ENTRE TEMPS, CE JUGE NE SERA JAMAIS INQUIETE ?

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