Vaccin : l’accélération

Macron seul contre tous
(Photo AFP)

Mercredi dernier, le président de la République a fait une série de promesses, dont l’accélération de la campagne vaccinale, qu’il tient cette semaine, en ouvrant des centres nouveaux, en recourant aux soignants retraités et en mettant l’armée à contribution.

LE PREMIER ministre, Jean Castex, est allé jeudi dernier porter la bonne parole gouvernementale à la représentation nationale. L’opposition s’étranglait de colère, notamment sur la base d’un argument éternel : elle n’a pas été consultée avant l’annonce de ses décisions. M. Castex pouvait répondre qu’il était en train de faire ce qu’elle exigeait. Il n’a pas caché que, dans la vigueur de l’ire des élus, il voyait davantage une manœuvre de type électoral que la sincérité de l’émotion. Il aurait pu également dénoncer, dans les attitudes de quelques-uns des ténors de l’opposition, une hypocrisie excessive : ceux qui auraient le confinement en horreur parce qu’ils estiment que le peuple est saturé se sont sentis trahis pendant que d’autres exploitaient le filon inverse : le confinement n’en est pas un.

Le retour au franc.

Cela doit faire des semaines que nous sommes quelques-uns à dire que le salut de nation repose moins sur le confinement que l’élargissement et l’accélération de la campagne vaccinale. Sur ce plan, le gouvernement n’est pas en reste qui multiplie l’offre vaccinale : plusieurs types de vaccin, des millions de doses qui arrivent et, à ce train, on peut espérer qu’une bonne partie de la population sur immunisée à la fin de l’été. Ce sera l’ultime riposte de l’exécutif à ceux qui tentent de le coincer dans la nasse. Ils se sont mis dans ce camp peu enviable où, pour que Macron perde, il faut que les Français souffrent plus longtemps. Ils dénoncent une gouvernance alors que les Républicains sont les héritiers du gaullisme, celui-là même qui a conçu le système et la Constitution de l’actuelle République. Au moins l’extrême droite et l’extrême gauche ne cachent-elles pas leur jeu : à leur programme, la Sixième République, le recours vaccin russe, le retour au franc, et l’exaltation de Cuba et du régime vénézuélien.

2022 n’est pas 2017.

Sur la base de leur délire, ils croient, en dépit de tout ce que disent les enquêtes d’opinion, qu’ils peuvent accéder au pouvoir, empêcher Macron avant le premier tour ou l’éliminer avant le second. Ils voient en lui un second Hollande, l’homme qui a renoncé avant la campagne électorale de 2017. Ils décrivent la République en marche comme un mouvement qui perd tous les jours des plumes à mesure qu’il marche. Ils soulignent l’isolement d’Emmanuel Macron. C’est pourtant l’homme qui a prouvé sa capacité à rassembler le peuple en 2017, sur son nom, dont la notoriété était à peu près nulle. C’est aussi celui qui, tirant de la Constitution ce qu’elle a pour lui de profitable, accepte d’aller à peu près seul à la bataille. C’est celui dont la cote de popularité aujourd’hui est le double de celle de Hollande et de celle de Sarkozy à la même époque de leur mandat.

Rêves et cauchemars.

Dans cette capacité partagée entre la gauche et la droite de rêver à un avenir déconnecté du présent, il y a surtout ce trait qu’elles partagent et qui consiste à croire que l’on peut l’emporter sans programme, sans unité, sans homme- ou femme-lige. Jean-Luc Mélenchon, s’il est élu président de la République, s’empressera de dissoudre l’Assemblée et de faire élire une Constituante qui rédigera une Loi fondamentale bien différente. Tout est possible dans un cauchemar : c’est la seule réalité vécue que l’on trouve dans ses rêves. La gauche rêve d’unité, la droite rêve de son passé perdu, l’extrême droite est convaincue qu’elle a crevé le plafond de verre, les Verts confondent élections locales et nationales, l’extrême gauche croient, comme M. Mélenchon l’a dit avec pertes et fracas, qu’il représente à lui seul la République.

Le modèle anglais.

On peut haïr le président et l’on ne s’en prive pas. Mais pour mieux détester, on n’a pas besoin d’en aimer d’autres. Quoi que vous entendiez sur les ondes, la France n’est pas le pays le plus meurtri par le Covid ; les erreurs commises ici ont été aussi commises ailleurs ; les tâtonnements de la vaccination sont surtout ceux de l’Europe. Et quand la France aura été immunisée (avant la fin de l’année), les oppositions politiques auront perdu leur principal argument. Bonne chance à tous ceux qui feront campagne sur le modèle anglais, contre l’Europe et l’euro et contre les mesures de défense que les démocraties du Vieux-Monde doivent prendre pour se protéger contre la Chine et la Russie, États totalitaires. Arrêtez de nous faire croire que Macron nous prive de nos libertés parce qu’il nous demande de porter un masque ; réfléchissez à ce qu’est une vraie privation de liberté, en pensant à Alexei Navalny, aux Ouïgours, à Hong Kong, à la Biélorussie, à l’Iran, à la Syrie, à l’Arabie et j’en passe. Je souhaite aux opposants professionnels de trouver la lumière dans l’obscur siège de leur pensée.

RICHARD LISCIA

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