Macron : 50 milliards sur la table

Macron hier à Aubervilliers
(Photo AFP)

Le président candidat, hier à Aubervilliers, a présenté un plan de relance d’un coût de 50 milliards par an sur cinq ans, qu’il mettra en œuvre s’il est réélu.

LE PROJET sera financé par la croissance et l’évolution vers le plein emploi, ainsi que la réforme des retraites dont la clause principale est le report de la fin de carrière à l’âge de 65 ans. Le programme prévoit une baisse des quinze milliards des impôts qui bénéficieront à la fois aux ménages et aux entreprises. Pôle emploi sera rebaptisé France Travail et le RSA sera obtenu si une nouvelle clause, un minimum de 15-20 heures de travail, est accompli. Les droits de succession seront « libéralisés ». Les parents pourraient donner à leurs enfants 150 000 euros (au lieu de 100 000) tous les quinze ans. Les efforts du gouvernement seront concentrés sur l’emploi et la santé. Les conditions de l’immigration seront durcies.

Une campagne lassante.

Les réactions à ce projet, somme toute peu révolutionnaire, ont été, pour la plupart incendiaires, comme si le désespoir des adversaires de M. Macron augmentait chaque fois qu’il s’exprime. Valérie Pécresse, candidate pour LR, a accusé le chef de l’État de lui avoir « volé son idée » de retraite à 65 ans, alors qu’elle court en France depuis au moins vingt ans. Le reste est à l’avenant et ne mérite pas vraiment d’être signalé tant il contient de démagogie. D’un côté, les candidats exigent à n’en plus finir que M. Macron s’insère dans le débat national de la campagne électorale, d’un autre côté, il ne savent que vitupérer contre lui, ce qui n’est pas original et devient affreusement lassant.

Danse du ventre.

Ce qui signifie que la multiplicité des débats et des tribunes ouvertes partout en France pour que se poursuive une vaste concertation nationale rend perplexes ceux qui sont censés les écouter. On aura constaté que ceux qui parlent le plus restent scotchés à leur score et que l’abondance des discours n’augmente pas la popularité des candidats qui les prononcent. La surprise de la campagne, c’est le candidat du PCF, Fabien Roussel, qui l’a produite par son langage direct et drôle. Il est pour le nucléaire et ne souhaite pas que la rigueur écologiste tue la joie de vivre. Il a amélioré son score, à 4 %, et il est devenu la proie rêvée pour Jean-Luc Mélenchon qui se livre à une danse du ventre pour mieux le séduire. Mais le candidat communiste reste de marbre. M. Mélenchon espère améliorer son score actuel, de 11 %, en passant un accord avec M. Roussel, mais d’abord un candidat n’est pas propriétaire de ses suffrages et ensuite, à 15 %, M. Mélenchon ne serait pas éligible pour le second tour.

En attendant le tsunami…

Hier un sondage créditait Emmanuel Macron de 29 % seulement des voix, mais quelques heures plus tard, un autre sondage lui accordait 31 % et un très sérieux écart avec la deuxième, l’éternelle Marine Le Pen, située à 16 %. On peut discuter à l’infini sur les mérites ou les faiblesses de chacun des candidats, on ne peut pas ignorer l’écart immense entre le premier et la deuxième : 15 % des suffrages. Ce qui rend un peu dérisoires les manœuvres des uns et des autres à 23 jours du premier tour. Il était de bon ton de rappeler que les résultats ne sont jamais conformes aux prévisions fournies par les sondages, mais on ne pourra guère s’en convaincre la veille du 10 avril. M. Macron domine cette campagne électorale. Il a des chances d’être réélu. M. Mélenchon ne devrait pas retrouver son score du premier tour en 2017 (presque 20 %) alors qu’il est aujourd’hui à 11 ou même 12 %. Il est vrai que les séismes n’envoient pas d’avertissement et qu’un tsunami peut encore modifier la donne. Mais quand ?

RICHARD LISCIA

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2 Responses to Macron : 50 milliards sur la table

  1. jean-pierre favre dit :

    Vous excellez depuis de nombreuses années dans les moments difficiles et à la veille de la reconduction d’un président socialiste mais qui fait tout pour le cacher. Il a une analyse qui réconforte.
    Souhaitons que le tsunami que vous évoquez survienne afin que les Français ne se laissent pas séduire par le « y a qu’a, faut qu’on, y a plus qu’a, » qui a conduit au déclin de notre pays depuis la disparition du président Pompidou.

    Réponse
    Votre lettre est un chef d’oeuvre de mauvais goût, associé à la nostalgie du bon vieux temps incarné par feu M. Pompidou.Tout écrit vaut une critique, les miens bien sûr, mais aussi le vôtre. Je n’ai jamais écrit y a qu’à, faut qu’on, car je crois être légèrement plus subtil que ça (et que vous). Qualifier Macron de socialiste, c’est oublier d’avoir demandé au PS ce qu’il en pense. Vous ne dénoncez le « déclin » de notre pays que parce que c’est plus confortable pour vous de vous croire en déclin que de vivre heureux. Cela s’appelle masochisme.
    R. L.

  2. Doriel Pebin dit :

    Comment expliquer l’irrationalité ou le manque de recul de certains ? Il suffit de lire la presse ou d’écouter les médias pour « apprendre » que M. Macron mène une politique de droite, voire d’extrême droite pour les électeurs de gauche, et de gauche pour ceux de droite ! Manifestement, de nombreuses personnes se trompent ou oublient plutôt de nuancer leurs propos. Vivement un retour à la raison et au débat (le vrai dans le respect et l’écoute de l’autre) et que les sectaires restent chez eux.

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