Une bataille sans pitié

Macron hier
(Photo AFP)

Emmanuel Macron avait le choix entre deux adversaires, l’un plus impitoyable que l’autre. Il s’en est donc pris à Jean-Luc Mélenchon.

LA CAMPAGNE a pris un tour hystérique à laquelle l’agitation médiatique a beaucoup participé. Le président, en partance pour la Roumanie, a décidé d’appeler les Français à un sursaut républicain, et aurait ainsi joué un « sketch de Trump », selon Mélenchon qui, en observant le président, découvre ses propres traits. L’hôpital qui se moque de la charité. Tout le monde reproche au chef de l’État d’être écartelé entre ses fonctions régaliennes et la campagne électorale, mais il suffit de regarder les choses avec un minimum d’indulgence et on s’apercevra qu’il ne fait rien d’anormal.

Argent magique.

Ce qui n’est pas le cas de la Nupes, plongée dans le complotisme, voyant des malversations partout, inventant quelques blagues marseillaises sur le intentions du gouvernement et qui, possédée par un fol espoir, se voit déjà à la tête de l’État. Mélenchon a tellement répété qu’il serait « élu Premier ministre », qu’il refuse de nuancer ses propos par un minimum de réalisme. Reconnaissant, en son for intérieur, qu’il joue la dernière carte de sa carrière, il n’a plus aucun scrupule. Il promet au « peuple » ce qu’il ne peut pas livrer, mais le voilà prêt à dépenser 250 milliards d’euros dont il n’aura pas en caisse le premier centime.

Le jeu a changé.

Marine Le Pen est clairement plus sobre, mais, du coup, elle devient beaucoup moins dangereuse que Mélenchon. Elle ne brigue pas Matignon et gère la campagne avec fatalisme et l’air de dire ce qui est d’ailleurs vrai : le système ne rompra pas et je suis au-dessous du plafond de verre, comme d’habitude. Il est indéniable que Jean-Luc Mélenchon a modifié le jeu et qu’il a pris la lumière ; il est tout aussi vrai qu’il vit dans l’illusion et que ses prévisions fantaisistes ne seront pas exaucées.

Trahisons.

Les membres de la Nupes, ou plutôt chacun des quatre partis qui la composent, auront la gueule de bois au lendemain du second tour, surtout si Ensemble obtient la majorité absolue. Leur triomphalisme sera de courte durée. Jamais « accord » n’aura cumulé autant de trahisons, jamais il n’aura été aussi inutile. Ils reprendront leurs billes après s’être livrés à un chahut mémorable mais pas historique. Vous qui votez, n’oubliez pas ça : quand Macron appelle à un sursaut républicain, il a tout dit, il a demandé le retour à l’ordre, il a condamné les mensonges et les artifices, il a réclamé l’ancrage de la France à l’Ouest et en Europe, et le renoncement au cynisme en politique, ce cynisme  idéologique, ce principe de la fin justifiant les moyens qui empoisonne la politique en France.

Mélenchon ment.

Il a choisi de le faire avant son départ sur le tarmac d’un aéroport militaire. Il a fait le discours que ne fera jamais Mélenchon non seulement parce qu’il ne sera jamais président mais parce qu’il prend la politique pour un jeu de massacre. Il ment sur les chiffres et sur ses intentions, mais il est aussi transparent que ses hologrammes. Son programme, c’est de voler les ménages français par une taxation  insupportable et je pèse mes mots. Il roule sur la sémantique des réseaux sociaux, il parle comme ses électeurs, c’est-à-dire avec un mépris immense pour tout ce qui ne lui ressemble pas. Il a réussi à dépasser en dangerosité Marine Le Pen. Il veut abattre Macron par des moyens peu démocratiques, il finira un jour prochain par être abattu par les suffrages.

RICHARD LISCIA 

 

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2 réponses à Une bataille sans pitié

  1. Laurent Liscia dit :

    Sans compter que la NUPES n’est qu’un mirage et que Mélenchon sera publiquement lâché par ses allies. Ce sera très curieux a voir.

  2. Doriel Pebin dit :

    Il est « étonnant » de voir comme le soi-disant « peuple » et les élus populistes qui se disent constamment « méprisés » par la soi-disant élite procède de la même façon par leur sectarisme et leur attitude méprisante vis-à-vis des élites. Cyniques, ils « oublient » que l’ascenseur social fonctionne encore quoi qu’ils en disent, à l’exemple du Premier ministre, pupille de la nation. Merci de dénoncer ces impostures.

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