Macron à Kiev

L’accolade de la réconciliation
(Photo AFP)

En définitive, Macron s’est rendu à Kiev, dans un vieux train brinquebalant, en compagnie du Premier ministre italien, du président roumain et du chancelier allemand. Le vent emporte les propos outrés de ces élus pudibonds qui voient dans ce voyage le comble du cynisme.

DES RAISONS de sécurité ont sans doute empêché le président de la République d’annoncer son voyage à Kiev. Il ne s’est pas privé pour autant de demander aux Français de lui donner une majorité législative. Il l’a fait sur le sol français et n’a pas mélangé les genres, contrairement aux accusations formulées par les extrêmes, adonnés à un refrain entêtant. Il est, jusqu’à la fin du mois, président du Conseil européen et à ce titre, en compagnie de deux autres pays fondateurs de l’Europe, il a apporté à l’Ukraine et à son président un soutien sans limites.

L’imagination de Mélenchon.

Observez la situation : un président est forcé d’entrer dans le cours de l’histoire à la faveur d’une guerre ignoble. Ses opposants expriment des convictions qui ne restent pas une heure dans les mémoires. On a voulu, pendant cinq ans, abattre Macron pour toutes les mauvaises raisons, son âge, son caractère, son triomphalisme, son dynamisme, son audace, sa témérité, son optimisme indestructible, bref ses qualités et les défauts qu’elles entraînent souvent. Il est élu, puis réélu, et alors, tandis que l’extrême droite semble se replier sur elle-même, Jean-Luc Mélenchon fait courir l’idée qu’il existe quand même un moyen de battre Macron.

Plus vite que la musique.

L’idée du troisième tour électoral n’est guère nouvelle. Que Mélenchon fasse d’une veille recette un combat supplémentaire, c’est de bonne guerre. De là à dire que son idée est géniale et qu’il sera Premier ministre, c’est aller plus vite que la musique. Les tout derniers sondages indiquent une légère remontée (deux ou trois points) de la participation. Nous avons, collectivement, fait reculer l’extrême droite, votons maintenant pour briser l’élan d’une extrême gauche qui a réussi à circonvenir ces deux partis démocratiques que sont le PS et les Verts.

Un bon président pour l’Europe.

Macron à Kiev, c’était l’indispensable réconciliation avec Volodymyr Zelensky, qui n’avait pas digéré les propos du président de la République sur la nécessité de « ne pas humilier la Russie ». Les deux hommes s’en sont expliqués. Le chef de l’État a clairement désigné l’agresseur et ses exactions, il a tout aussi clairement soutenu le combat des Ukrainiens. Je rappelle qu’Emmanuel Macron, jusqu’à la fin du mois, engage l’Union européenne, qu’il n’accomplit ses gestes qu’avec le soutien des autres pays de l’UE. Qu’il représente tout ce que l’extrême gauche pro-Poutine et islamo-gauchiste veut détruire mais aussi tout ce que les Européens attendent de leurs dirigeants.

Ce ne sont pas Européens qui votent ? Certes. Je ne connais pas les résultats du second tour des législatives. Mais je peux affirmer avec certitude que Mélenchon ne sera pas Premier ministre, que Macron composera une majorité, qu’il aura un gouvernement stable, et que, s’il reste à l’Élysée, ce sera un immense soulagement pour le monde entier. À part le Vénézuéla et Cuba, Poutine et Mélenchon.

RICHARD LISCIA

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1 réponse à Macron à Kiev

  1. Laurent Liscia dit :

    Ce n’est pas la première fois qu’une agression militaire met les points sur les « i ». Souvenons-nous de Munich. Le deuxième tour se joue entre ceux qui souhaitent composer avec Poutine et sont en retard de près d’un siècle ; et celui qui ne le souhaite pas. J’ai voté de mon côté (par internet, à travers le portail ultra-moderne du ministère des Affaires étrangères) pour ce siècle et son avenir. Pas pour les suppôts du populisme vieux jeu.

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