Valérie Trierweiler : le mal est fait


Valérie Trierweiler
(Photo AFP)

Compagne du président, Valérie Trierweiler fait son mea culpa dans Ouest-France aujourd’hui. Elle regrette le tweet qu’elle avait diffusé en juin pour soutenir la candidature à la députation d’Olivier Falorni contre Ségolène Royal. Elle renonce à signer un contrat de journaliste avec la chaîne D8, mais affirme qu’elle doit continuer à travailler pour conserver son indépendance et nourrir ses trois enfants.

UN SONDAGE Harris interactive pour VSD indique que seulement 29% des Français ont une opinion favorable de Mme Trierweiler, qui perd ainsi une vingtaine de points depuis le mois de juin, c’est-à-dire depuis son tweet fatal. François Hollande s’en souciera moins que de sa propre cote de popularité, en chute libre. Pour faire une simple comparaison, la popularité de Michelle Obama aux États-Unis est largement supérieure à celle de son mari. Bref, il n’est pas interdit de penser que le fameux tweet a eu un effet négatif durable, en témoignant de l’irresponsabilité de Mme Trierweiler qui, pendant la campagne n’avait pas su cacher sa possessivité et sa jalousie à l’égard de Ségolène Royal.

Le soutien d’Aurélie.

Là-dessus, la ministre de la Culture (et de la Communication), Aurélie Filipetti, vole au secours de Valérie Trierweiler en regrettant, dans un entretien avec Europe 1, que celle-ci ne puisse pas poursuivre normalement sa carrière de journaliste. « Le traitement que est fait aux femmes en général dans le monde professionnel, et à Valérie Trierweiler depuis que François Hollande a pris ses fonctions, me choque », affirme la ministre. Il est indéniable que la presse se concentre excessivement sur le sort des épouses de nos dirigeants. Mais, si nous-mêmes avons décidé de traiter le sujet une fois encore, c’est parce que le métier de journaliste est incompatible avec une quelconque forme de partage du pouvoir. On a soulevé le cas d’Audrey Pulvar, qui dirige la rédaction des « Inrockuptibles » et ne croyait pas, hier sur la Cinq, que cela empêcherait son journal d’interwiever son compagnon Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif.

Cette façon de régler le problème est surprenante, surtout quand il s’agit de personnages qui ont juré de nous bâtir une « République exemplaire ». Comme Mme Trierweiler, Mme Pulvar a parfaitement le droit de poursuivre sa carrière et on accordera aux deux femmes le crédit d’un talent largement suffisant pour qu’elles exercent leur métier. Mais la presse étant aux marches du pouvoir, au point qu’il est parfois difficile de distinguer les commentateurs du personnel exécutif, un couple formé d’un homme politique et d’une femme journaliste est forcément explosif. Comment être convaincu sans réserve de l’impartialité d’une femme journaliste qui, par ailleurs reçoit des confidences sur l’oreiller et, en tout cas, a rejoint publiquement le camp de son compagnon ou mari ? Bien entendu, on peut toujours dire, au nom du féminisme, que M. Hollande et M. Montebourg auraient pu sacrifier leur carrière au profit de celle de leur femme, mais on discerne vite la limite du raisonnement. Ce qui semble signifier qu’il appartient à ces dames de faire un sacrifice, certes immérité, mais conforme à une déontologie que l’on rappelle toujours aux autres mais que l’on n’applique jamais à soi-même.

Le sort particulier de Mme Trierweiler est injuste ; elle a un droit imprescriptible à son indépendance ; elle ne peut pas s’en remettre à M. Hollande, personnage particulier sur le plan affectif puisqu’il a réalisé le tour de force de vivre avec Mme Royal pendant trente ans, d’en avoir trois enfants et de ne l’avoir jamais épousée. Nous pensons, pour notre part, que Mme Trierweiler a bien mérité un emploi à l’Élysée, ce qui serait en accord avec son engagement en faveur du président et qu’elle pourra retourner à son métier initial lorsque le ou les mandats du chef de l’État seront terminés. On notera qu’elle a conclu, avec Paris-Match, un accord qui lui interdit d’aborder la politique. C’est frustrant pour elle et ce n’est même pas la solution. Elle a demandé un entretien à l’écrivaine Amélie Nothomb et l’a rencontrée dans sa cage d’escalier. Un des deux livreurs qui passaient par là a dévisagé Mme Trierweiler et lui a dit :« Ah, Madame, vous ressemblez à la femme du président ! »

RICHARD LISCIA

 

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5 Responses to Valérie Trierweiler : le mal est fait

  1. orsenne dit :

    ET BIEN A MEDITER PAR TOUS LES SOIGNANTS DE CE PAYS : UN ARTICLE CULTUREL A PARIS MATCH 2 FOIS PAR MOIS SUFFIT DONC A NOURRIR ET EDUQUER 3 ENFANTS ADO OU ADULTES JEUNES.A COMPARER AVEC LES HEURES DE TRAVAIL ET LE NOMBRE DE CONSULTATIONS OU ACTES DE SOINS SANS PARLER DE LA PAPERASSE NECESSAIRES POUR EN FAIRE DE MEME.
    UNE REFLEXION QUI N’A EVIDEMMENT JAMAIS ETE SOULEVEE PAR LE MOINDRE JOURNALISTE DE NOTRE PAUVRE PAYS. BIZARRE, NON?
    profession dentiste omnipraticien

  2. Martzloff dit :

    Je partage votre analyse et j’approuve votre commentaire concernant la « République exemplaire », j’ai quelques souvenirs des années Mitterrand, après le « passage de l’ombre à la lumière » en 1981: c’est le problème de la France et de son électorat, on a l’impression qu’il y aura toujours le camp des gentils ( qui aiment l’homme) et celui des méchants ( qui aiment l’argent). VGE avait trouvé une formule remarquable avec le  » monopole du coeur » mais elle a fini par faire long feu, la suffisance intellectuelle ( et psycho affective) de la gauche est toujours aussi forte.
    Personnellement je préfère avoir raison avec Aron que de me tromper avec Sartre.

  3. Herodote dit :

    Pour nous, l’essentiel est ailleurs, naturellement. A priori, on n’aurait pas cru que M. Hollande bénéficiait d’un tel pouvoir de séduction mais, possessive ou non, Madame Trierweiler avait le droit démocratique de publier sur Internet un encouragement à l’opposant d’une ex-rivale, largement défaite ensuite. Par ailleurs, pourquoi lui interdire maintenant d’exercer ses talents de journaliste s’ils se tiennent à l’écart du domaine politique ? Laissons aux compagnes des personnages politiques le crédit de faire le distinguo entre le public et le privé. Nous sommes en République : les citoyens sont libres.

  4. vultaggio-lucas dit :

    Cher Hérodote, cette histoire qui occupe les médias (sérieux) et les esprits, ne devrait se juger que sous l’aspect de la décence. Le juridisme et le démocratisme n’ont rien à voir avec de banales histoires d’alcôve!

  5. vultaggio-lucas dit :

    Les mots ne manquent pas pour mettre en scène cette historiette « pipolisante » qui ne grandit pas la « tweeteuse », son « amoureux » ni les médias. Tous les moyens sont bons pour être « reconnu(e) » ou «identifié(e)» comme des excuses faites devant un média témoin pris au hasard, assez longtemps après le tweet calculé/spontané, histoire de divertir encore et encore les « gens ordinaires » et omettre de parler de la pseudo-validation en cours du TSCG et surtout de tou(te)s celles et ceux qui sont contre ou qui rappellent, avec une certaine insistance pourtant, l’entourloupe, soit la table rase promise du traité Merkosy qui, par un tour de passe passe, est devenu le traité Merkholsy, identique, sur le fond libéral, au précédent

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