Euro : sortie de crise ?

Une note plus optimiste
(Photo AFP)

Dans un entretien qu’il a accordé à plusieurs journaux européens, dont « le Monde », le président Hollande annonce un début de sortie de crise de l’euro, à la veille d’un nouveau sommet des Vingt-Sept. Il confirme que l’objectif de déficit de 3% du PIB sera tenu en 2013,  quitte à ensuite ralentir le rythme de désendettement dans le cadre d’une négociation  au sein de la zone euro. Il envisage un début de mutualisation de la dette des États européens.

FRANCOIS HOLLANDE fait sienne, en quelque sorte, l’analyse des marchés, conduits à l’optimisme par l’adoption du mécanisme européen de stabilité (MES) et par la politique monétaire lancée depuis le début de l’été dernier par Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE). Même pour l’Espagne et pour le Portugal, a fortiori pour l’Italie, les taux d’intérêt se sont détendus, ce qui éloigne le danger de faillite. Le chef de l’État n’avait donc aucune raison de ne pas apporter une lueur d’espoir dans une mer sombre et démontée.

On lui reconnaîtra en outre le mérite de n’avoir pas fléchi sur l’objectif de 3% de déficit budgétaire à la fin de 2013. Des voix se sont élevées, notamment celle de Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, pour dire que cet objectif est « intenable ». M. Hollande a rappelé que la dette est passée, en quelques années, de 60 à 90 % du PIB. Mais les arguments en faveur des 3 % sont multiples. Il faut d’abord envoyer aux marchés un message rassurant sur le sérieux de politique financière de la France ; il faut que nous conservions la possibilité, pratiquement miraculeuse, d’emprunter à des taux historiquement bas ; enfin la notion d’objectif intenable n’existe pas : tout objectif dépend du sacrifice, ou de l’effort, pour utiliser l’idiome socialiste, que l’on consent à faire.

La tentation de l’assouplissement.

Cependant, derrière la grande rigueur des propos de M. Hollande, derrière l’abnégation à laquelle il convie ses concitoyens, on perçoit une tentation, celle d’assouplir, à terme, le dispositif mis en place pour l’année 2013. Le président de la République, qui s’est engagé à équilibrer le budget en 2017, dernière année de son quinquennat, envisage désormais de bénéficier d’un délai plus long, c’est-à-dire de présenter un budget pour 2017 qui comprendrait un déficit résiduel compris entre 1 et 2 %. Quitte à laisser à son successeur, fût-ce lui-même, le soin de parvenir, en 2018 ou 2019, à un équilibre ou même, ne soyons pas chiches, à un excédent. Le message aux troupes socialistes qui stigmatisent l’austérité est le suivant : la discipline sera sans failles dans l’immédiat, mais, si je peux, je desserrerai le garrot avant la fin de mon mandat pour atténuer les effets de la rigueur sur le niveau de vie des Français.

Encore ne le fera-t-il que s’il obtient l’accord de ses partenaires européens, c’est-à-dire, pour parler simple, celui de l’Allemagne, qui a transformé en religion le retour aux grands équilibres. M. Hollande s’est d’ailleurs quelque peu aventuré quand il a promis une mutualisation de la dette dont l’Allemagne ne veut pas entendre parler. Il risque, au cours du sommet de cette semaine, de se heurter à un mur. En revanche, il a fort bien fait d’évoquer une sortie de la crise de l’euro : les efforts conjugués des États membres de la zone euro, de la Banque centrale européenne, et la mise en place du MES, ont eu, de toute évidence, un effet extrêmement positif sur les marchés. Aujourd’hui, l’Italie, l’Espagne,  le Portugal empruntent à des taux moins élevés et la France se refinance à des taux historiquement bas.

RICHARD LISCIA

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