Sur le mariage homosexuel

Un couple
(AFP)

Le projet de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, d’accorder aux couples homosexuels le droit à la fois de se marier et d’établir officiellement leur filiation avec les enfants qu’ils ont adoptés, a donné lieu à des réactions très vives, positives à gauche, négatives dans les familles conservatrices et dans les milieux ecclésiastiques. 

LA NOUVELLE LOI, qui sera discutée au Parlement au début de l’année prochaine, a un objectif principal et louable : donner aux homosexuels des droits identiques à ceux des couples hétérosexuels et effacer toutes les préventions ancestrales nourries par le culte de la famille. Elle apporterait un progrès dès lors qu’il est largement prouvé que l’homosexualité est parfaitement naturelle et qu’elle est, par ailleurs, plus enracinée qu’on ne le croit. Par exemple, il s’est créé chez les hommes qui se croient virils à cent pour cent une répugnance à l’égard de l’homosexualité; elle fait bon marché de la part de féminité existant chez les mâles et de la part de virilité, de courage physique, d’intelligence que l’on trouve chez les femmes les plus féminines. Il ne fait pas de doute que l’adolescent cherche sa sexualité et que l’expérience peut le conduire, s’il échappe aux contraintes sociales vigoureusement établies pour le « protéger » contre toute orientation en contradiction avec son sexe, à choisir une sexualité différente de celle à laquelle il est biologiquement destiné.

Hollande, réformateur des moeurs.

François Hollande poursuit le chemin qu’il a tracé dans ses promesses électorales. S’il lui est difficile d’opter pour des solutions socialistes qu’interdit le fonctionnement de l’économie de marché, il est infiniment plus à l’aise pour accélérer une évolution des moeurs que dictent la modernité, le développement des connaissances scientifiques, le besoin, encore immense, de plus d’égalité. Mme Taubira, avec son tempérament libertaire, est l’instrument idéal de cette accélération. Elle est là pour créer de nouveaux droits, ceux que l’on a refusés jusqu’à présent à des catégories de la population qui n’entrent pas dans le moule conservateur, religieux, contraignant, d’une société d’où les vieux tabous n’ont pas encore été extirpés. Au fond, là où les socialistes sont les meilleurs, ce n’est pas, hélas, en économie, mais dans un surcroît de liberté, y compris pour les minorités, qu’elles soient étrangères ou ethniques, ou encore sexuelles.

Il faut donc approuver la démarche du gouvernement. Il faut que les couples homosexuels aient le droit de se marier comme les hétérosexuels. D’autant que le mariage de deux hommes ou de deux femmes ne gêne personne, ne porte atteinte au statut de personne, tout en apportant à la minorité le confort moral qui est resté, jusqu’à présent, l’apanage de la majorité.

Père et mère.

Cependant, accorder aux couples homosexuels le même statut que celui dont bénéficient les hétérosexuels, pose nécessairement un problème. Par exemple, l’abolition, dans l’acte de naissance, de la notion de père et mère et son remplacement éventuel par parent 1 et parent 2, réduit le statut de la majorité à celui de la minorité (on estime à 10% la proportion de la population homosexuelle dans la population générale).  En d’autres termes, la liberté des uns ne s’arrête pas là où elle diminue celle des autres. Dans l’immense majorité des cas, les parents sont extrêmement fiers de leur titre de père ou de mère. Pour procréer et élever leurs enfants, ils ne font pas moins d’efforts que les homosexuels.

Le législateur devra trouver, dans ce domaine, un indispensable compromis. Il nous semble difficile de réduire le statut des parents à une désignation seulement destinée à cacher la nature homo ou hétéro des parents, et d’empêcher pères et mères de s’épanouir dans l’exercice de leur fonction.

RICHARD LISCIA

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5 Responses to Sur le mariage homosexuel

  1. Chartier Albéric dit :

    Laissons le terme mariage et sa législation à l’homme et à la femme (art. 144 du Code civil). C’est une évidence biologique.
    Adoptons le terme d’union civile pour les unions unisexe.
    Au législateur de régler le problème de » l’égalité » ou mieux de » l’équité » des droits de ces couples.
    Pour la filiation, ne changeons rien pour la famille traditionnelle.
    Une législation spécifique est nécessaire pour les couples unisexe, étant entendu que la seule
    filiation certaine est celle de la mère. Un statut « d’adoptant »devrait pouvoir résoudre les aspirations des membres non génétiquement impliqués des couples.

  2. Karim dit :

    J’adhère complètement à la proposition de M. Chartier, laissons le terme mariage à ce qu’il a été défini dans le code civil, trouvons un autre terme pour les unions entre personnes de même sexe. Que le législateur leur accorde les mêmes avantages qu’un qu’aux hétérosexuels, pourquoi pas? Puis, si la nature n’a pas doté l’homme d’un utérus, qu’on arrête de nous les casser à vouloir absolument être mère alors que physiologiquement c’est impossible en l’état actuel de la science.
    La femme à eu ce privilège de pouvoir avoir une descendance, avec qui elle veut, en plus et c’est très bien ainsi,
    que deux personnes de même sexe choisissent de vivre ensemble. À partir du moment ou elles s’aiment c’est le plus important , et c’est concevable, mais qu’on arrête de nous agresser à vouloir absolument s’imposer au reste du monde; on n’a encore jamais vu des couples hétérosexuels descendre dans la rue et manifester. Aux couples homosexuels de comprendre et d’accepter que ça ne regarde qu’eux !

  3. jamuze dit :

    Ben voilà, tout est dit. Que l’on arrête de nous les « casser « . Encore un qui n’a rien, mais rien compris du tout, on lui parle d’évolution sociétale, il nous répond : faites ce que vous voulez , mais hors de notre vue. Raison de plus d’en parler encore et encore et, surtout de moderniser le code civil qui date sûrement de Mathusalem!
    Donc courage à tous ceux qui attendent que la France admette l’égalité pour tous devant la loi et les mêmes droits pour tous. On a déjà dû retirer le mot fraternité des frontons des mairies, on ne va quand même pas enlever égalité, d’autant que nos libertés sont bien entamées.
    Allez, cher Karim, évoluons.

  4. Michel Cornié dit :

    Faire une loi pour 3000 membres d’une association homosexuelle! Bravo, le lobby hyper puissant. Et on veut nous faire croire que c’est naturel d’avoir deux pères et pas de mère ou deux mères et pas de père!
    Je crois qu’il est temps de quitter ce monde et ça tombe bien car bientôt les mêmes socialistes nous promettent le suicide accompagné des vieux au nom de la liberté d’euthanasier.

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