DSK se fâche

DSK hier au tribunal
(Photo AFP)

Dominique Strauss-Kahn a obtenu hier la condamnation des éditions Stock et du « Nouvel Observateur » au sujet d’un livre écrit par Marcela Iacub, chercheuse et écrivain, et qui relate, sans jamais nommer l’ancien ministre socialiste, la liaison de plusieurs mois qu’ils ont eue en 2011. Stock et l’auteure devront verser 50000 euros à DSK en dommages et intérêts et un encart d’avertissement au lecteur devra être inséré dans chacun des ouvrages, qui ne sont pas encore mis en vente. « Le Nouvel Obs », qui, pour sa part, a publié des bonnes feuilles du livre la semaine dernière, tout en informant ses lecteurs que le personnage du récit est bel et bien DSK, a été également condamné.

PERSONNE N’AURAIT accordé un intérêt a à « Belle et bête » si l’hebdomadaire n’avait mentionné le nom de M. Strauss-Kahn sur sa couverture. Il en est résulté un nouveau scandale lié à cet homme dont la carrière a été ruinée par son appétit sexuel. Le directeur du « Nouvel Obs », Laurent Joffrin, s’insurge contre le jugement du tribunal, à propos de ce qu’il appelle un simple livre « d’auto-fiction ». Il ne saurait nier toutefois l’usage qu’il en a fait, notamment parce que son journal a levé l’ambiguïté de l’ouvrage, ce qui a probablement augmenté les ventes du numéro, au détriment de M. Strauss-Kahn. Mme Iacub affirme qu’elle a été « manipulée » par « le Nouvel Obs », mais on a du mal à croire qu’elle n’a pas compris les tenants et les aboutissants de l’opération quand elle a été lancée. Stock, enfin, avait besoin du relais qu’a assuré « le Nouvel Obs »; on a demandé à un autre média de dire ce que le livre ne disait pas, on a  donné dans un hebdo la grille de lecture d’un ouvrage vendu ailleurs.

De New York à Lille.

La bataille judiciaire déclenchée par « Belle et bête » n’est que l’écume des choses. DSK, il l’a encore dit hier au tribunal où il s’est rendu personnellement pour plaider sa cause, ne demande qu’une chose, c’est qu’on lui fiche la paix. Il est, hélas pour lui, répétitivement rattrapé par sa sexualité. On est subjugué par le nombre des affaires auxquelles il est mêlé. Après celle du Sofitel de New York, il y a eu celle du Carlton de Lille, où il risque encore d’être condamné pour proxénétisme, et voilà encore un nouveau scandale, celle d’un livre qui raconterait par le menu et avec des détails une liaison où l’attirance physique joue le rôle principal. De sorte que, même si l’on estime que DSK, définitivement écarté du pouvoir et de la politique, n’est plus un sujet national, son parcours, à la fois stupéfiant et jamais terminé, nourrit l’inspiration des journalistes, y compris votre serviteur, qui croyaient pourtant en avoir fini avec lui.

À la question « qu’allait-il faire en cette galère ? » que chacune de ses incartades a soulevée s’ajoute l’étonnement que suscite son invraisemblable imprudence. Certes, un homme n’est pas tenu de croire que, en séduisant une intellectuelle, il court un risque particulier. Mais avec l’expérience, il aurait dû se douter qu’on n’est jamais trahi que par les siens. On devine que ses pulsions, décidément, l’emportent systématiquement sur son instinct de conservation. Plus étrange encore, la démarche de Mme Iacub, connue pour ses arides études et pas du tout comme une aventurière et qui, soudainement, sachant tout ce que chacun sait au sujet de DSK, ne résiste guère à une rencontre avec lui, se lie à lui et conçoit bientôt le projet maléfique de tout dire de cette affaire, sans pour autant mentionner son identité, jusqu’à ce que son éditeur fasse ce qu’il faut pour que le livre de Marcela Iacub se transforme en coup éditorial. Si elle a été manipulée, comme elle l’affirme, elle a beaucoup aidé ses manipulateurs. Quant à DSK, il devrait se tenir à l’écart des femmes et méditer.

RICHARD LISCIA

 

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