PSG : le revers de la médaille

Une violence extrême
(Photo AFP)

Hier soir, au Trocadéro, la cérémonie de remise du trophée au PSG, sacré champion de France, a dégénéré en violences qui ont fait 32 blessés. Trente-neuf personnes ont été interpellées, dont 38 placées en garde à vue. La présentation du trophée, aujourd’hui à l’Hôtel de Ville, a été annulée.

JE M’ÉTONNE de ce que les actes de violence liées au football continuent d’étonner les pouvoirs publics et le public en général. Je m’étonne des déclarations que l’on prononce à chaque émeute pour dénoncer l’insulte faite au sport et à l’éthique. Je m’étonne de ce que, à propos du football, on persévère dans l’exaltation d’un sport qui ne vit que par l’argent et encourage instantanément les comportements les plus vils des spectateurs. Le foot, c’est la violence. C’est lui qui tue des gens dans les stades, à la faveur de mouvements de foule non contrôlés. C’est pendant les matches que les perturbateurs se glissent dans le public et y sèment le désordre.

Politisation.

Le pire, peut-être, c’est que la politique, toujours elle, ne manque jamais de s’emparer des bagarres et des désordres . Le pouvoir en place est aussitôt dénoncé par l’opposition. Il est bien possible que le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, l’un des hommes les plus populaires de France, dont les résultats, dans le domaine de la sécurité intérieure, ne sont pas tout à fait à la hauteur de sa fermeté affichée, n’ait pas prévu comme il le fallait les incidents du Trocadéro ou qu’il les ait sous-estimés. Mais rien ne dit qu’un ministre de l’Intérieur de droite aurait mieux fait. La remise d’un trophée devrait être strictement protocolaire et ludique. Qu’on en fasse un champ de bataille indique seulement que, pour casser, n’importe quelle occasion est la bonne.

Le succès du PSG donnerait le vertige s’il ne résultait de l’achat, par son sponsor qatari, des meilleurs joueurs de la planète. Pour que réussisse une équipe médiocre, il faut avoir énormément d’argent. Quand on a les as que les autres ne peuvent s’offrir, on finit par gagner. Le triomphe de l’équipe parisienne serait plus convaincant si elle avait formé elle-même, patiemment, de jeunes joueurs talentueux qui auraient, avec le temps et le travail, gagné leurs galons d’internationaux. Mais le sport est comme le reste ; il inverse le vers de La Fontaine de cette manière : « Force et rage font plus que patience ni que longueur de temps ».

L’opium du peuple. 

Alors, de quoi se scandalise-t-on ? La vérité est que le football est l’opium du peuple et qu’aucune autorité politique ne souhaite limiter la liberté du spectateur, qui soigne ses maux sociaux en se passionnant pour le ballon rond. La vérité est que toucher au foot est d’autant plus dangereux qu’il alimente les passions les plus négatives : chauvinisme poussé à l’extrême puisqu’il va jusqu’à favoriser non plus une équipe nationale mais des équipes locales, non pas le pays, mais le landerneau ; haine qui remplace le respect de l’adversaire ; réglements de comptes substitués au fair play ; guerres pricrocholines qui suivent le match. La vérité est que le foot est trop précieux aux yeux des sponsors, du public, des joueurs, de l’État pour que la violence liée au foot soit éradiquée.

RICHARD LISCIA

 

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