École : la France a la moyenne

École primaire en France
(Photo AFP)

La classe politique, les enseignants et les parents ne se réjouissent guère du score de la France dans la fameuse enquête triennale PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) : en effet, notre pays se situe dans la moyenne des 65 pays de l’OCDE qui sont examinés par le programme alors que dans une notation précédente, elle figurait encore parmi les pays où l’efficacité de l’éducation était supérieure à la moyenne.

L’ENQUÊTE concerne trois sujets, les mathématiques, la compréhension de l’écrit et la résolution de problèmes chez des enfants de 15 ans. En maths, la France occupe la 25ème position, elle est 21ème en compréhension de l’écrit et 26ème en sciences (inchangé). Sur la compréhension de l’écrit, elle a même rattrapé le retard qu’elle accusait en 2003 et 2006. Franchement, ces résultats, sans être étincelants, ne sont pas non plus désastreux. Ils tendent même à montrer que la France peut remonter une courbe descendante si elle le désire suffisamment. En revanche, ils donnent de notre pays, en matière d’éducation, un reflet très éloigné de nos ambitions et de nos impératifs affichés. Nous avons besoin d’être excellents en maths parce que c’est la clé des nouvelles technologies et nous ne saurions nous contenter d’une insuffisante compréhension de l’écrit parce que nous avons une passion nationale pour la culture.

Inégalités scolaires.

En outre, selon l’enquête PISA, nous continuons à former des élites, c’est-à-dire une minorité d’élèves ultra-performants, mais nous ne savons pas donner une éducation suffisante à la totalité d’une classe d’âge, ce qui explique le grand nombre de laissés pour compte au terme d’un cycle d’études. Le ministre de l’Éducation, Vincent Peillon, s’est contenté de commenter l’étude en admettant certaines de nos défaillances, mais sans le moindre catastrophisme tandis que l’UMP mettait les conclusions de l’enquête sur la médiocrité de nos résultats au compte de la gestion de l’éducation par la majorité actuelle. C’est un mauvais procès parce que, si nous pensons que notre système doit être amélioré, il faut accepter la réforme engagée par M. Peillon, dont l’unique objectif est de donner aux élèves une formation qui les mette plus tard à l’abri de l’exclusion. On peut certes discuter des avantages ou des inconvénients de sa méthode, mais au moins elle met un terme à l’immobilisme en la matière.

Les Chinois sont les meilleurs.

Je pense, bien sûr, à la réforme des rythmes scolaires, dont je comprends qu’elle pose plus de problèmes qu’elle n’en résout, mais dont la poutre maîtresse consiste à permettre aux enfants de mieux assimiler l’enseignement qui leur est prodigué. Je constate qu’elle a donné lieu à une sorte de révolte nationale, avec des maires qui ont refusé de l’appliquer ou l’ont reportée. Il est à craindre que ceux qui ont critiqué l’action de M. Peillon, en passe d’être carbonisé par la hargne populaire, seront les premiers à dénoncer notre position moyenne dans le palmarès de PISA, et l’avance qu’ont prise sur nous de nombreux pays asiatiques, la Chine en premier lieu, dont les élèves sont les meilleurs du monde. Reste à savoir si les parents français, ou les enseignants, ou la classe politique, toutes tendances confondues, voudraient d’un système d’éducation qui, par sa sévérité et ses exigences,  sacrifie le bonheur présent de l’enfant à son avenir.

Et il en va de cette réforme de l’éducation comme de tout le reste. Nous ne voulons pas d’une réforme de nos finances qui nous contraindrait à trop nous serrer la ceinture ; nous ne voulons pas d’une réduction de la dépense publique qui augmenterait le coût des soins ou entamerait nos pensions ; nous ne voulons pas d’une politique environnementale qui nous punirait par de nouvelles taxes. Certes tout se discute et les décisions du gouvernement sont souvent contestables. Mais je parle ici de quelque chose de plus général, d’une attitude populaire qui ne veut rien savoir de ce qui se passe ailleurs, en Grèce, en Espagne, en Irlande, pays dont les habitants font des sacrifices trois ou quatre fois supérieurs aux nôtres. En multipliant les revendications catégorielles, en dénonçant avec une vigueur excessive les hausses d’impôts, en réclamant une baisse des dépenses dont, au fond de nous-mêmes, nous sommes heureux de ne pas encore subir les effets, nous montrons surtout que nous haïssons la réforme, c’est-à-dire ce qui est inéluctable.

RICHARD LISCIA

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3 Responses to École : la France a la moyenne

  1. guinard dit :

    Continuer à tout vouloir sans en payer le prix, continuer à vouloir profiter des avantages en occultant volontairement les inconvénients d’une telle attitude, voila bien le mal français qui ronge toute initiative quelle qu’elle soit. Les Français, dans leur immense majorité, se comportent de façon désespérément infantile !

    • A3ro dit :

      Sur le plan politique, je pense que le coupable est simple à trouver : l’opposition. De droite comme de gauche, lorsque le gouvernement fait un arbitrage quelconque, avec ses qualités et ses défauts, le parti d’en face se range avec les mécontents et insiste lourdement sur les défauts. Mais il se garde bien de donner une solution alternative. La cohérence du discours est passé par pertes et profits, bien entendu.

      Pas convaincus ? Deux exemples :
      – La TVA sociale, proposée en 2007 puis 2011 sous Sarkozy. Le PS dit que la TVA est injuste, que cette mesure est inique. En 2012, Louis Gallois ouvre les yeux des socialistes qui augmentent la TVA pour le crédit d’impôt-entreprise.
      – L’écotaxe, votée sous Sarkozy mais appliquée sous Hollande. L’UMP s’empresse alors de vouloir récupérer les mécontents et dit à qui veut l’entendre qu’il y a overdose fiscale.

      Nos prétendus hommes d’État sont les pantins des manifestants et des humeurs de l’opinion.

  2. sG dit :

    Non, la France est incompétente. Allez voir ailleurs, aux États-Unis, par exemple, où mes enfants à 8 ans avaient un niveau fin de troisième en math, car là-bas, il y a des franchises d’école de math. coréenne après la classe normale, Kumon pour ceux que ça intéresse. On est en France depuis 2 ans, ils n’ont rien appris, dans les meilleures écoles. Normal, ils travaillent à dose homéopathique. En math, c’est le premier exercice le plus dur, les autres, c’est facile et ça fait rentrer! Mais en France, on est crevé après 2 exo.Pathétique. Ps Kumon ne s’exporte pas en France. Ils ont vu qu’il n’y avait pas la clientèle. Partout ailleurs, c’est disponible.

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