Marine s’y voit

Présidente virtuelle
(Photo AFP)

Une sorte de convergence des médias, des opinions individuelles et des instituts de sondage sont en train de mettre Marine Le Pen au pouvoir virtuellement en échafaudant des hypothèses que le fonctionnement des institutions n’autorise pas. « Le Figaro » de samedi a annoncé que, en cas d’élection présidentielle, la présidente du Front national arriverait en tête au premier tour et battrait Hollande au second. Cela n’est vrai ou possible que s’il n’y a pas de candidat de la droite.

FRANÇOIS HOLLANDE s’est hâté de dire qu’aucun sondage ne peut remettre en cause le mandat que le peuple lui a confié pour cinq ans. Il a raison. On nous parle beaucoup de la VIè république, mais elle ressemblerait, si l’on écoute ses promoteurs, qu’ils soient de gauche ou de droite, à la IVè. Ils la souhaitent tellement qu’ils en oublient que, pour son avènement, il faut d’abord démanteler l’actuelle république dont le président n’a nullement l’intention de faire un usage suicidaire. Elle le protège contre tous les malheurs qui l’accablent, y compris une impopularité record et, bien que le chef de l’État ait conduit le pays dans l’ornière, on ne voit pas très bien comment les choses s’amélioreraient s’il s’en allait, c’est-à-dire s’il acceptait de se priver des atouts dont il dispose et de provoquer l’effondrement du système institutionnel. La gauche a certes perdu toute crédibilité et ne s’en remettra pas de sitôt ; mais la droite, pour le moment, et avec une incompréhensible absence de civisme, refuse de gérer un champ de ruines ; seul le Front est prêt à s’emparer du pouvoir mais avec un programme tellement dangereux et absurde qu’il nous plongerait très vite dans le chaos.

Cris de terreur.

Si Manuel Valls obtient la confiance de l’Assemblée le 16 septembre, il continuera à gouverner et tous les cris de terreur que poussent les médias et les instituts d’opinion n’y feront rien. S’il ne l’obtient pas, M. Hollande dissoudra l’Assemblée, procèdera à des élections anticipées et nommera Premier ministre le chef de la nouvelle majorité, ou mieux, l’un de ses représentants éminents, chargé par elle d’assurer la cohabitation jusqu’en 2017. Quoi qu’en disent les chefs de l’UMP, ils ne pourront pas se dérober, sauf à admettre qu’ils livrent le pays au Front national ou à une démission du président qui, en ajoutant le chaos institutionnel à la crise économique et morale, priverait le pays des ressorts  nécessaires aux réformes.

Les réformes d’abord.

Dissolution, démission, chaos, changement de république, tout est possible, bien sûr. Mais il ne faut pas perdre de vue que les réformes, elles, peuvent être engagées dans n’importe quel contexte politique : par M. Valls, avec la gauche, ou par la droite dans le cadre de la cohabitation, ou encore par un gouvernement de salut public qui rassemblerait la gauche sérieuse, la droite soucieuse d’épargner de nouveaux tourments à la France et le centre.

Sans doute aucun président de la Vè n’a-t-il été aussi impopulaire ; sans doute les difficultés économiques et sociales (et surtout l’absence de résultats) ont-elles signé l’arrêt de mort politique de la gauche ; sans doute le risque apparaît-il d’une révolte sociale porteuse d’événements incontrôlables; sans doute les 28% d’intentions de vote recueillies par Marine Le Pen indiquent-elles que des électeurs de gauche se tournent maintenant vers le Front national, ce qui n’est pas la moindre des responsabilités du PS. Mais le pire s’est pas sûr. L’intérêt national exige que le pays change non pas dans la violence et dans le désordre mais dans un minimum de stabilité.

RICHARD LISCIA

Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

2 Responses to Marine s’y voit

  1. garapon dit :

    Le FN : le chaos certes; mais la France s’est bien relevée de 1789 et de la terreur, de 68 et des 35 heures; depuis des années la progression du FN aurait du alerter les partis traditionnels.
    Les politiques actuels ne pensent qu’à l’establishment, favorisant le « tous pourris »; comme disait Louis de Funes : »On peut mentir au peuple » (cf Cahuzac).
    Et l’on va s’étonner maintenant ? Un coup de balai avec des hommes jeunes ? Qui, à droite ?
    Juppé ? Merci pour la jeunesse et je me souviens de ce qu’il a fait aux médecins à son époque où il était droit dans ses bottes; destin inéluctable ? Faut-il être en cendres pour, tel le phénix, renaitre ?

  2. BUSQUET dit :

    Mme X, alzheimer, diagnostiquée,traitée
    Question: Mme X, qui est président de la République ?
    Réponse: silence
    Question : idem, réponse,idem
    Question : Mme X, quel est le prix de la consultation ?
    Réponse: 23 euros
    Sans commentaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.