La folie des grandeurs

La promesse d’un horizon plus clair
(Photo AFP)

Pour une analyse des propos tenus hier soir par François Hollande, je vous renvoie à ma chronique dans « le Quotidien » de lundi 10 novembre. Ici, je m’intéresserai plus particulièrement à ce que le président a dit au sujet des jeux Olympiques de 2024, pour lesquels il souhaite que Paris se porte candidat, et de l’exposition universelle qui pourrait avoir lieu en France en 2025.

CERTES, nous avons essuyé un échec lorsque Paris a été candidat pour les jeux Olympiques de 2012. Il s’agit donc de prendre notre revanche. Le problème, avec les grands événements internationaux, c’est qu’ils coûtent souvent plus cher qu’ils ne rapportent. Aussi bien la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui a déjà du mal à boucler son budget, n’est-elle pas enthousiaste au sujet de la candidature de la capitale aux JO de 2024, et elle le fait savoir. La France a déjà déposé sa candidature pour la coupe du monde de football féminin en 2019. Faut-il organiser d’autres événements mondiaux ? On sait ce qui anime le président : il a dit et répété que les Français n’ont aucune raison d’être déprimés, qu’ils doivent être fiers de leurs pays et que, à côté de ce qui va mal, il y a tout ce que fait leur pays et qui relève parfois du prodige.

Psychanalyse d’un peuple.

François Hollande veut compléter cette psychanalyse d’un peuple traumatisé par la crise en promettant de grandes fêtes internationales. Tout est politique, même le sport, même les nouvelles technologies que célèbre une exposition universelle. En se portant candidate à ces événements, la France cherche donc à se rassurer, à se donner le sentiment de son importance, à compter dans le concert des nations, pour autant que ses candidatures soient couronnées de succès. Mais il ne faut pas se tromper d’objectif : de produire des TGV et des Airbus ne résout en rien le problème du chômage et de la précarité. De la même manière, la France est forte de ses acquis, elle est faible à cause de ses travers. Justement, la capacité à réaliser d’importants projets doit nous encourager à accomplir la tâche d’assainissement de nos comptes, de réforme de notre appareil productif et de nos institutions, tâche devant laquelle nous renâclons comme un âne paresseux.

Retrouver la forme.

Le président dénonce le dénigrement de leur pays par ses concitoyens. Il aura pourtant remarqué que ses courageuses actions sur des théâtres militaires étrangers ne lui rapportent rien en termes de popularité, pas plus que le rang de la France parmi les autres nations ne lui permet de résoudre les problèmes lancinants qu’elle doit gérer. Dans ces conditions, s’il est souhaitable que la France accueille les JO ou l’exposition universelle,  il est essentiel qu’elle parvienne à ces échéances dans une forme excellente. Ce qui nous empêche d’agir, c’est notre manie du bavardage dialectique, cette sorte de fatalité d’Archimède qui voudrait qu’une mesure positive entraîne aussitôt en France une logorrhée sur les inconvénients de la même mesure. M. Hollande doit fixer le cap, dire sans nuances vers quoi nous allons et énoncer sans subtilité les efforts à fournir pour nous y rendre. Si nous avons une expo universelle en prime, pourquoi pas ? Mais d’abord, guérissons de notre langueur nationale.

RICHARD LISCIA

 

 

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