Hillary candidate

Mme Clinton sur une vidéo d'aujourd'hui (Photo AFP)

Mme Clinton sur une vidéo d’aujourd’hui
(Photo AFP)

À première vue, la candidature de Hillary Clinton à l’investiture démocrate est une gageure : elle a 67 ans, elle a eu une vie politique bien remplie, et les républicains lui feront une vie misérable pendant la campagne, justement parce que ses atouts sont considérables. On est même surpris que cette mère et grand-mère nourrisse une ambition présidentielle aussi forte alors qu’elle s’expose à gouverner les États-Unis jusqu’à l’âge de 77 ans si elle était réélue en 2020 pour un second et ultime mandat.

MAIS, d’un autre côté, on ne peut pas dire avec certitude que Hillary Clinton ait fait son propre choix. Tout se passe comme si elle ne pouvait éluder son destin. Elle a été première dame des États-Unis pendant huit ans, sénateur de l’État de New York pendant huit ans, secrétaire d’État pendant quatre ans et elle a acquis, dans ces diverses fonctions, une expérience politique et diplomatique que beaucoup d’hommes d’État lui envient. Parmi les candidats démocrates possibles, aucun n’a une notoriété comparable à celle de Hillary Clinton, pas même Joe Biden, le vice-président, qui, certes, n’a pas démérité, mais n’est pas plus jeune. Quant à Elizabeth Warren, qui se situe bien plus à gauche que Hillary, elle n’aurait pas une chance face au candidat du parti républicain. Enfin, Mme Clinton bénéficie d’un soutien populaire considérable puisque, selon les sondages, sa cote de popularité est de 60 %.

Une femme président.

Avant même qu’elle eût pris son inéluctable décision, son entourage avait largement commencé d’organiser sa campagne, cherchant déjà des fonds, améliorant son image, tentant de communiquer à l’opinion l’enthousiasme censé résulter d’une sorte de fatalité. Aux primaires de 2008, elle était partie favorite. Elle a négligé un obscur sénateur de l’Illinois qui pensait qu’il était temps pour l’Amérique de se doter d’un président noir, au moment même où elle proposait une femme pour le poste. Elle s’est pratiquement battue jusqu’au terme de la primaire, avec un acharnement étonné : elle ne comprenait pas que l’électorat démocrate pût lui préférer Barack Obama. Elle a donc manqué un rendez-vous avec l’histoire, ce qui explique pourquoi elle pense aujourd’hui que l’heure du triomphe est enfin venue, même si d’autres estiment que c’est un peu tard. Elle invite les Américains à se dépasser en montrant au monde un exemple difficile à imiter, une femme président après un Noir président.

Une notoriété indiscutable.

Mais l’Amérique est-elle prête à se surpasser alors qu’elle sort à peine de la crise et que les excès des institutions financières et du big business ont laminé la classe moyenne ? Hillary Clinton souffre d’un syndrome de type sarkozien : beaucoup la vénèrent mais beaucoup, aussi, ne peuvent pas la supporter. Parmi les candidats républicains, Jeb Bush, fils de George W.H. Bush et frère de George W. et ancien gouverneur de Floride, émerge du lot. C’est le plus modéré des (nombreux) candidats de son camp. Mais les Américains se demandent si leur pays appartient à deux familles qui, avec la parenthèse des deux mandats d’Obama, s’en disputent la propriété depuis 1988. Hillary Clinton est parfaitement consciente de tous les facteurs négatifs liés à son nom. Et c’est pourquoi elle a tout de suite commencé sa campagne en se rendant en bus dans l’Iowa, le premier État qui vote pour la primaire.

Son entourage entend se battre à la fois contre toute tentative d’un concurrent démocrate et contre une campagne républicaine qui, à bout d’arguments, utilisera les vieux moyens de la diffamation. Ce qui joue en faveur de Hillary, c’est son indiscutable notoriété. Sachant que la route et longue et les techniques de l’adversaire perverses, elle évitera, cette fois, de se reposer sur ses lauriers. Cette spécialiste de la politique étrangère a amorcé sa campagne par une ode à la classe moyenne, celle qui a le plus souffert de la crise.

RICHARD LISCIA

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