Terrorisme : longue bataille

Une cuve de Berre en flammes (Photo AFP)

Une cuve de Berre en flammes
(Photo AFP)

L’incendie simultané de deux cuves de carburant de l’étang de Berre et l’annonce d’un crime prévu pour janvier 2016 et qui a été déjoué suffisent à démontrer que la lutte de la France contre le terrorisme est longue, qu’elle durera encore des années et qu’elle exige des moyens accrus, une patience infinie, une détermination sans failles.
BIEN QU’IL CHERCHE d’abord à se rendre plus populaire, le gouvernement a raison d’informer le public, sinon sur toutes les actions de nos services de renseignements, sur celles qui ont une signification particulière. D’une part, les informations qu’il divulgue nous rassurent quant au niveau de protection dont nous bénéficions ; d’autre part, chaque succès de nos services nous rappelle la gravité de la menace : pas question pour le pays de dormir sur ses deux oreilles. Ce qui a changé dans le terrorisme, c’est que les cibles sont infiniment nombreuses et que les assassins peuvent obtenir le même résultat psychologique en s’en prenant à des sites ou à des personnes qui ne constituent pas un symbole particulier. En outre, des réseaux se forment qui ne sont pas nécessairement guidés à partir du Proche-Orient. Dans le cas du projet d’attentat contre un gradé de l’armée, trois hommes sont sous les verrous, un jeune homme de seize ans a été disculpé. On saura bientôt (les trois détenus ont avoué leur projet) s’il s’agit d’une « commande » de Daech ou si ces individus ont agi de leur propre chef. Enfin, le gouvernement a tenu à montrer que, fort de la nouvelle loi sur la sécurité, il n’attend plus le passage à l’acte des terroristes mais les arrête dès qu’il a réuni des éléments de preuve suffisants.

Comme une épidémie.

On continue à s’interroger sur les motivations des assassins potentiels, sur l’attrait qu’une organisation barbare exerce sur eux, sur les risques absurdes qu’ils prennent, mais ces questions s’adressent plutôt à la société civile où l’on trouve beaucoup de sociologues, de psychanalystes, de professionnels des relations sociales qui acceptent de s’investir pour tenter de dépister cette sorte d’épidémie. Les services de sécurité, il faut l’admettre, sont surchargés. L’armée est déployée à l’étranger et sur le territoire national et il va falloir se demander sous peu si elle peut continuer à accomplir les tâches multiples que lui réclament les autorités politiques. Rien n’indique que nous puissions relâcher l’effort, mais si nous voulons le poursuivre, ne serait-il pas judicieux, en dépit des limites financières de nos moyens, de recruter à tout-va pour renforcer les effectifs de sécurité ? Sans quoi, nous devrons accepter une part de risque croissant parce qu’il ne sera pas possible, de toute façon, de protéger tous les sites possibles et imaginables que des terroristes pourraient attaquer.

De bons résultats.

En revanche, le travail de renseignement, qui exige patience et minutie, semble donner d’excellents résultats, avec des actions préventives dont la population doit se féliciter. Je n’ignore rien du débat qui oppose aux autorités politiques les défenseurs des libertés, lesquels jouent un rôle essentiel dans la protection des principes démocratiques : ils possèdent une logique solide selon laquelle la République se mettra en danger si elle adopte les méthodes des voyous qui nous attaquent. On discutera à l’infini des compétences de la gauche et de la droite en matière de sécurité, mais les Français se rassemblent toujours autour de leur gouvernement, quel qu’il soit, quand se concrétise une menace contre la nation. Le terrorisme n’est pas, ne doit pas être en tout cas, un sujet de débat entre la majorité et l’opposition. Il doit être combattu avec force, sans la moindre hésitation dictée par la morale. De ce point de vue, les socialistes au pouvoir n’ont pas la candeur d’il y a quelque quinze ans, époque où ils attribuaient la hausse de la criminalité aux conditions sociales qui l’alimentent. Ce temps-là est révolu. Le pouvoir a séparé les deux problèmes, celui des difficultés sociales liées à une crise économique qui n’en finit pas et la fascination d’une partie de la jeunesse pour ce que l’homme peut produire de plus monstrueux. Et il traite les deux questions séparément.

RICHARD LISCIA

Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

One Response to Terrorisme : longue bataille

  1. Newann dit :

    Vous avez tout faux : le terrorisme, comme vous l’appelez, n’est que le resultat du soutien des occidentaux aux regimes illégitimes et corrompus.Ce que vous appelez terrorisme n’existerait pas si les occidentaux cessaient leur soutien aux regimes despotiques, ce sont les occidentaux et les régimes totalitaires qui font le lit de ce que vous appelez terrorisme. Ce que vous appelez terroriste ne sont en fait que des gens qui se revoltent contre l’ injustice et l’ oppression comme l’ont fait d’ autres avant eux (pays occupés lors de la guerre mondiale et lors des guerres de colonisation)

    Réponse. Vous avez tout bon : le massacre des innocents, qui n’a rien à voir avec d’éventuelles collusions entre occidentaux et régimes « corrompus », est sûrement une valeur à exalter. Définition du terrorisme : inspirer la terreur aux civils. Confer Daech.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.