Planète soeur

À gauche, la Terre. À droite, ce à quoi la planète pourrait ressembler (Photo AFP)

À gauche, la Terre. À droite, ce à quoi la planète pourrait ressembler
(Photo AFP)

Un satellite de la NASA a détecté une exoplanète qui a la particularité sensationnelle de ressembler en tous points à la Terre. Kepler-452b, c’est le nom de l’astre, tourne autour d’une étoile comparable au soleil, a une masse plus grande que la Terre, pourrait avoir de l’eau, de la vie, qui sait ? une humanité. Les scientifiques précisent que la planète est à comparer à ce que serait la nôtre dans un ou deux milliards d’années. Chiche ? Un monde supérieur au nôtre ?

TOUT ça fait fantasmer, bien sûr, mais c’est surtout un excellent sujet d’été qui nous repose de la crise de l’élevage, des ennuis financiers de la Grèce et de la guerre en Syrie. Bien entendu, je m’empresse de rappeler que je n’ai, en la matière, aucune compétence et que j’éviterai, ici, de reproduire les nombreuses informations que vous trouverez ailleurs grâce à des journalistes plus sérieux que moi. Là où je suis moins mauvais, c’est sur ce que fait l’imagination humaine de la recherche spatiale, laquelle s’adresse, principalement, à ce qu’il reste d’enfance chez chaque adulte et le fait encore rêver. Imagination débridée en l’occurrence, car si on trouve une planète comparable à la Terre, on va, par la force des choses, en trouver des centaines. Notre univers pourrait bien être celui des mille mondes.

Plus jamais seuls.

La joie des savants est néanmoins difficile à comprendre. Par exemple, je ne vois pas très bien ce qu’il y aurait de merveilleux à ce que nous ne soyons pas seuls dans cette galaxie ou dans toutes les autres. La solitude sur terre se partage tout de même avec 6 milliards de nos congénères. Seuls dans l’espace, peut-être, mais très entourés sur une planète qui rétrécit avec la vitesse des modes de transport et avec une démographie galopante. De bons écrivains nous ont montré que la solitude est un état de l’être qui ne se sent pas moins isolé quand il est en compagnie.
Mais surtout, le bonheur scientifique fait abstraction des inconnues inquiétantes qui seraient liées à une autre planète habitée. À mon avis, il y aurait, pour commencer, un sérieux problème culturel, avec des divergences esthétiques (si on imagine, par exemple, des « hommes » ou « femmes » à peau de serpent), des différences morales (un peuple qui préfèrerait l’efficacité à l’éthique, le cynisme à l’amour), des oppositions sur le droit, sur la politique, sur le sens de la vie, et j’en passe. Des gens qui pourraient, comme nous, être en guerre. Ou qui seraient terrifiés à l’idée d’avoir des concurrents et ne songeraient qu’à nous exterminer. Quand on voit comment sont traités les immigrés clandestins en Europe, on devine comment seraient reçus ces habitants d’un autre monde si, par simple curiosité, et munis de moyens prodigieux, ils venaient nous rendre visite.

Qu’ils nous rassurent d’abord.

De sorte qu’il y a quand même du bon au fait que Kepler-452b se situe à 1 400 années-lumière de la Terre, ce qui met, entre eux et nous, une distance rassurante que nous laisserons à de futures générations le soin de franchir. D’aucuns penseront sûrement que c’est trop bête d’avoir des voisins et de ne pas aller les voir. Il y a du vrai dans cette idée. Mais il vaudrait mieux savoir d’abord à quoi ils ressemblent et, avec des instruments perfectionnés, ils pourraient peut-être nous envoyer des photos de leurs smart-phones et un texto-profession de foi dans lequel ils nous jureraient leur amitié.

RICHARD LISCIA

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