La CGT entre en guerre

Blocage du site de Donge (Photo AFP)

Blocage du site de Donge
(Photo AFP)

En interdisant l’accès aux raffineries et le transport de carburant, la CGT s’achemine vers le blocage économique du pays. Arcbouté sur sa loi travail, le gouvernement a le choix entre une renégociation du texte ou une plus grande fermeté.

LA CGT n’est pas du tout soumise aux émotions que la loi El Khomri aurait soulevées chez ses membres. Elle a conçu froidement un plan destiné à protéger ses intérêts et elle le cache à peine. Elle a prévu de longue date de durcir son attitude si le gouvernement s’entêtait à réformer le code du travail, et quel que soit le contenu de la réforme. Son secrétaire général, Philippe Martinez, a décidé d’être plus offensif pour lutter contre une certaine désaffection des militants. En d’autres termes, la CGT perd des adhérents, craint par dessus tout le syndicalisme de dialogue tel que le pratique la CFDT et veut conserver intacts ses bastions, notamment dans l’industrie lourde. La bataille au finish contre la loi travail est destinée à faire de la CGT la première force de contestation du pays et, pour le prouver, M. Martinez ne craint pas de sortir des clous institutionnels, en demandant à toutes les branches de l’industrie de participer au combat contre le pouvoir et en faisant d’une seule réforme un conflit social d’importance historique : ou bien il parvient, par la force, à obtenir de Manuel Valls le retrait de la loi, ou bien le gouvernement ne remporterait qu’une victoire à la Pyrrhus, la CGT étant bien décidée à lui empoisonner la vie jusqu’aux élections.

Un plan politique.

Le plan de M. Martinez est bien plus politique que social. Il ne défend plus les intérêts des travailleurs tels qu’il les conçoit, il veut que la CGT apparaisse comme le syndicat qui non seulement édicte des principes diamétralement opposés à ceux de l’exécutif, mais représente le meilleur espoir, pour tous les salariés de France, de maintenir durablement les acquis sociaux. En sortant du champ social, il ne facilite guère la tâche de nos gouvernants qui, déjà combattus par une contestation interne à la gauche et par l’opposition, voient se dresser contre eux une sorte de nouveau parti politique, muni, cette fois, des moyens d’affaiblir l’économie. Bien entendu, ce sont, comme d’habitude, les salariés qui font les frais de cette politique, eux que l’on prive d’essence et que l’on empêche de se rendre à leur travail. Mais M. Martinez ne voit pas là une contradiction : il espère que le mécontentement du public se retournera contre la loi travail qui, déjà n’a pas bonne presse, puisqu’elle est dénoncée par à peu près tout le monde.

Le danger de la répression.

Si M. Valls n’écoutait que son tempérament, il multiplierait les actions de CRS pour faire évacuer les sites pétroliers et assurerait le transport des carburants sous bonne garde. Mais, quand un syndicat choisit la stratégie de la tension, on lui rend service en ripostant par la force. De sorte que le gouvernement ne dispose pas de moyens assez nombreux ou efficaces pour subjuguer la CGT. Pour sortir de l’impasse, il faudrait qu’il l’écrase, ce qui est à la fois périlleux et peu conforme au tempérament de François Hollande. Pour le moment, il s’efforce de rassurer le public en disant qu’il fait libérer des sites, qu’il réapprovisionne les stations-service qui sont à sec et qu’il dispose d’une réserve d’essence représentant 90 jours de consommation. Le problème est que, dans un bon tiers du pays, les stations-service ferment l’une après l’autre, que des restrictions sont appliquées, et que, chaque jour, la pénurie s’étend. Alors que revient une croissance fragile, on ne pouvait pas faire mieux pour la torpiller.

RICHARD LISCIA

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7 Responses to La CGT entre en guerre

  1. Rossini dit :

    C’est quand qu’ils mettent au pas leurs petits protégés ? Le pays leur en sera reconnaissant. Il faudra qu’ils en aient le courage.

  2. Lefrançois dit :

    La CGT est bien connue en France (j’ai vécu mai 68, et cela ne s’est pas arrangé depuis…) comme étant le « fouteur de merde » N° 1.
    Cette organisation devient révolutionnaire, voire terroriste.
    Et c’est particulièrement grave dans le contexte actuel : nous ne sommes plus au temps des « trente glorieuses », avec la « révolution soixante-huitarde », caprice d’enfants gâtés de pays riche, nous sommes dans un pays surendetté, tel que n’importe quel gestionnaire censé le mettrait sous tutelle pour décider à sa place de l’organisation de ses dépenses et du remboursement de ses dettes.
    De plus, nous sommes depuis quelques mois soumis à une organisation terroriste internationale qui cible la France tout particulièrement, et qui fait que le pays est placé « en état d’urgence ».
    Et c’est dans ce contexte que la CGT choisit de finir d’achever le pays, de porter l’estocade aux (dernières) forces vives de la Nation qui travaillent encore, et paient leurs impôts, en fabriquant la pénurie en carburant, en créant l’anarchie dans les transports en commun, etc…
    Il s’agit bien là d’actions terroristes visant à restructurer le pays au coeur de ses forces vives, et mettent en danger majeur les citoyens travailleurs (les vrais : ceux qui travaillent effectivement, et non pas ceux qui se proclament comme tels alors qu’ils empêchent les autres de travailler), à la merci de n’importe quelle action terroriste sur la voie publique, puisque les forces de police et de gendarmerie sont pour partie détournées de leur mission liée à l’état d’urgence.
    Le laxisme pathologique de François Hollande, son incapacité à décider et à choisir, son double langage permanent, nous ont conduit à donner le pouvoir de décider la marche du pays à des syndicalistes ultra-non-représentatifs, qui piétinent la démocratie (que l’on soit d’accord ou non avec les lois édictées par le pouvoir et par le parlement, ces derniers ont été élus par les Français lors d’élections démocratiques).
    Il semble de plus en plus évident que la CGT est le bras armé de révolutionnaires qui nient la démocratie et ont déjà rétabli dans notre pays la dictature : la leur.
    Combien de temps, chers con-citoyens, chers collègues/confrères/consoeurs, allons-nous, allez-vous, supporter cela et laisser faire, ….jusqu’à ce que la guerre civile éclate??
    Attention : les dictatures ont démarré avec des partis ou des group(uscul)es très minoritaires…
    Réveillez-vous, réveillons-nous,
    bon courage,
    Dr Jérôme Lefrançois

  3. Num dit :

    Dans quel pays vit-on pour qu’un syndicat représentant moins de 2% des salariés se croit permis de faire la loi ?

  4. Toitot dit :

    On sent bien l’anti syndicalisme de classe … Ce sont bien tous les salariés qui vont souffrir avec la réforme du code du travail que le gouvernement veut imposer. Au lieu d’un vrai progrès tant social qu’économique, il s’agit d’une méga OPA sur le dos des salariés, pour le bonheur des plus gros employeurs, ceux là qui « cassent » les salariés jusqu’au burn out et à l’arrêt.

  5. Galex dit :

    Conclusion tout à fait réaliste !

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