Elections et terrorisme

Le Pen en campagne
(Photo AFP)

L’attentat déjoué hier par les services français de police montre qu’une menace lourde pèse sur les scrutins à venir, premier et second tour de la présidentielle, deux tours des législatives.

L’ETAT ISLAMIQUE et ses tentacules européennes aimeraient bien démontrer l’inanité de nos procédures électorales en les rendant assez risquées pour réduire la participation, en favorisant les querelles post-électorales, en jetant la suspicion sur leur validité. Ce danger, d’autant plus sérieux qu’il s’ajoute aux divisions nationales, à une féroce bataille des idées, aux tensions entre divers types d’électeurs, ne peut être combattu que par un pouvoir fort, servi par des systèmes d’investigation et de répression à toute épreuve. Ici ou là, on s’est rebellé contre un François Hollande interventionniste et omniprésent malgré son désistement, mais, au total, il est logique qu’il reste en place jusqu’au dernier jour de son mandat. Il peut agacer par ses commentaires de journaliste, il importe qu’il tienne les rênes du pouvoir avec fermeté sans tenir compte de la date de son départ.

Formidables nouveautés.

Les candidats hostiles à ce « système » qu’ils ont bien du mal à définir et dont ils ne prouvent jamais qu’ils n’en font pas partie, d’autant que parmi eux, on compte une forte proportion de vieux chevaux de retour, de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, formidables nouveautés, en passant par Jacques Cheminade, ou Nicolas Dupont-Aignan, parfaits exemples de l’entêtement érigé en métier, sont peut-être partagés entre la perspective d’une élection soumise à la violence, qui pourrait jouer en leur faveur, et leur détermination à réussir en restant assis dans le wagon pour arriver en gare. Personne n’aurait rien à gagner d’une disruption provoquée par un ou plusieurs attentats, autre facette du même miroir ; personne n’aurait rien à gagner non plus d’une action politique conduisant à d’autres explosions, celles qui feraient sauter le fameux « système ».
Lequel est néanmoins indispensable pour assurer, chaque année, la stabilité politique, la production économique sinon la croissance, la fermeté de nos partenariats, bref, le niveau de richesse que nous avons atteint et dont leurs idées destructrices annoncent la chute. Parmi les tâches qui attendent la prochaine équipe dirigeante, aucune ne sera accomplie dans un climat de guerre civile ou par la démolition rapide des structures qui portent notre économie, toutes seront réalisées par des changements en profondeur dans chaque secteur, capables de s’adresser d’ailleurs aux tonitruantes revendications exprimées par les groupes qui s’estiment victimes de l’injustice sociale.

Gardons nos amarres.

Augmenter le pouvoir d’achat de diverses manières, et notamment par la baisse des coûts salariaux ; créer des emplois en libérant l’investissement ; donner aux Européens, nos amis et non nos rivaux, le sentiment que notre pays s’engage fermement dans le développement, ce qui doublera notre crédibilité politique et rendra à la France son statut de nation européenne majeure avant même que se produisent les résultats escomptés ; conserver nos lois de société pour montrer que nous restons les accompagnateurs du progrès social, soumettre une bonne fois pour toutes le système éducatif à une obligation de résultats, défendre la laïcité avec assez de fermeté pour que les promoteurs du fondamentalisme religieux sachent qu’ils n’ont plus le choix, maintenir un très haut niveau de sécurité sans lésiner sur les moyens financiers, sévir sans ménagement contre toutes les formes de corruption politique, prendre, avec l’Allemagne, l’initiative d’une réforme indispensable de l’Union européenne, tous ces projets peuvent être réalisés par la dynamique réformiste sans que nous soyons obligés de trahir nos principes démocratiques, de réinventer une autocratie perverse ou cruelle, de jeter des Français contre d’autres Français, de rompre nos amarres avec nos partenaires en démocratie, de brûler nos vaisseaux sous prétexte de recommencer sur une meilleure base.
Mettre le véhicule France dans la bonne direction, celle qui nous conduit vers l’avenir, n’exige ni haine ni violence ni peur ni colère. C’est une tâche qui demande un travail énorme et peu séduisant pour les foules intéressées uniquement, et c’est bien compréhensible, par un emploi, une hausse du pouvoir d’achat, une réconciliation entre le poste de travail obtenu et un salaire mensuel permettant de vivre un mois. Toutes ces doléances françaises, il faudrait être sourd pour ne pas les entendre. La plupart des candidats ont vu dans le désespoir populaire le prétexte d’un règlement de comptes entre classes sociales. C’est ce qui a inspiré leur discours arrogant, hostile, menaçant. Mais encore une fois il n’y a pas d’abcès, dans le tableau du pays en 2017, qui ne puisse être soigné et guéri par des femmes et des hommes résolus plutôt que par des incendiaires.

RICHARD LISCIA

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