Immigration : tout refaire

L’éloge funèbre des victimes
(Photo AFP)

L’assassin de la préfecture de police de Paris n’était pas un immigré, mais un Français de la Martinique. Le problème de l’immigration, de nouveau soulevé lundi par le Premier ministre réside donc dans l’adhésion d’une minorité dangereuse, mais infime, aux thèses de l’islamisme radical. Les pouvoirs publics n’ont pas la moindre idée de la méthode à appliquer pour le résoudre.

ÉDOUARD PHILIPPE a déclaré qu’il n’était pas hostile à la création de quotas, système de comptage destiné à juguler le flux migratoire. Il n’a même pas été approuvé par la droite. L’idée que nous pourrions choisir nos immigrants, clandestins compris, est absurde, alors qu’ils se présentent aux frontières dans un état physique et moral qui exige des soins d’urgence et un minimum de solidarité humaine. De la même manière, traiter la religion musulmane par l’ostracisme ne peut conduire qu’à une crise humanitaire. D’abord parce que la très grande majorité des musulmans ne risque pas de basculer dans l’islamisme, même si c’est le cas de Mickaël Harpon. Ensuite parce que la stigmatisation d’une religion qui compte des millions d’adeptes en France nous conduirait rapidement à une guerre civile ou à une société totalitaire. Le terrorisme est un phénomène d’une gravité qui n’a pas besoin d’être soulignée, mais il n’est pas nécessaire d’abandonner la démocratie et le droit pour le combattre.

Les « failles » de l’État.

Le débat prévu à l’Assemblée pour revoir nos procédures d’immigration, bien que nous ayons déjà adopté une loi asile/immigration, ne portait pas sur la place de l’islam en France, et pas davantage sur sur les dérives terroristes. Le quadruple crime de la préfecture l’a rendu obsolète. Le premier élément d’analyse concerne le niveau auquel la crise migratoire doit être traitée. Le niveau national est insuffisant, la plupart des problèmes posés nécessitent une réponse européenne. C’est en durcissant les règles qui régissent l’accueil des immigrés à l’échelle européenne que nous parviendrons à stabiliser le flux. Le deuxième élément, c’est la sécurité nationale. Même Christophe Castaner a reconnu des « failles » dans le fonctionnement de l’État. Le moindre signal d’alerte doit être pris au sérieux car, ce qui est en jeu, c’est la vie des gens. Quitte à importuner, mais provisoirement, des personnes parfaitement innocentes. De même que tout voyageur doit passer un sas de sécurité fort désagréable, de même la police doit être en mesure de poser des questions à n’importe quelle personne, sans distinction de race ou de religion.

Respecter les innocents.

Certes, en recourant à des méthodes plus musclées, nous courons le risque de tomber nous aussi dans un système totalitaire. Mais pour combattre le terrorisme, nul besoin de changer nos lois. Le crime est toujours puni en démocratie et le terrorisme commet ou a l’intention de commettre des crimes. Nous ne sommes pas condamnés à rouler des yeux effarés et à chercher des formules de plus en plus provocatrices pour écrire l’état des lieux en France. Rien ne nous oblige à rejoindre massivement les théories jamais prouvées de l’extrême droite. Et le droit sera d’autant mieux protégé que le gouvernement échappera à la tentation d’une politique de force. Rien de mieux que des centristes pour faire régner l’ordre : quand ils sont au pouvoir, on ne les soupçonne pas, en général, d’installer une dictature. Il est vrai que le gouvernement actuel, « ni de droite ni de gauche », laisse à désirer. Il est vrai que la foule est toujours plus séduite par les méthodes arbitraires que par les patchworks complexes et bigarrés qu’on ne peut construire qu’avec une infinie patience. Mais la justice exige avec force que des criminels soient condamnés et des innocents respectés.

RICHARD LISCIA

PS- Pas de blog demain mercredi. Je vous retrouve jeudi.

 

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4 Responses to Immigration : tout refaire

  1. admin dit :

    LL dit :
    On peut étendre la discussion à tout groupe qui n’accepte pas les principes régissant la démocratie: par exemple, les casseurs, les gilets jaunes, qui certes, ne tuent personne, mais refusent de jouer selon les règles du jeu que l’immense majorité accepte.

    • vultaggio-lucas dit :

      Il y a sans doute « les principes régissant la démocratie » que d’aucuns n’accepteraient pas. Mais n’y a-t’il pas plutôt les lois de la République qui sont transgressées par certains ou non appliquées par ceux dont c’est la fonction comme le montre le drame de la PPP?

  2. PICOT dit :

    Avant de tout refaire il faudrait peur être commencer par faire, tout simplement. Certes avoir empêché des dizaines d’attentats est tout à fait remarquable, merci à nos services de renseignement, mais c’est absolument insuffisant. M. Macron a le toupet de nous dire que c’est à nous tous de lutter contre l’Islamisme alors qu’en réalité c’est surtout à lui de le faire (c’est lui le chef, oui ou non ?) et il ne fait rien, tout comme ses prédécesseurs d’ailleurs. Il faut remonter à la source, avec courage. Par exemple : interdire une bonne fois pour toutes sur le territoire les Frères musulmans qui mènent la danse dans beaucoup de domaines. Fermer enfin les mosquées qui prêchent le djihad et virer leurs imams. Interdire le halal que nous consommons sans même le savoir. Pas d’horaires spéciaux ou de burkini dans les piscines ou de repas particuliers, etc. Quant à compter sur l’Europe pour fermer les frontières : impossible, elle est pour cette immigration. Nous devrions quand même fermer nos frontières, Europe ou pas. Nous n’arrivons déjà pas à « intégrer » ceux qui sont là en masse, donc plus personne ne devrait rentrer. Nous accueillons des populations entières pendant que nous voyons dans la rue des retraités faire la manche et/où les poubelles avec des SDF. Le prochain n’est pas l’immigrant, désolé, c’est d’abord mon frère, ma soeur, mes parents, mes amis qui sont dans le besoin. L’immigration n’est qu’une partie du problème, elle apporte sûrement quelques musulmans dangereux, mais les plus dangereux sont effectivement là, sous notre nez, dans les administrations, l’éducation et probablement l’armée, des officiers supérieurs ayant signalé que certains soldats musulmans ne sont absolument pas fiables. Trop tard pour contrer cette offensive actuelle très bien organisée, les pions sont en place. Il n’y a pas de loup solitaires ou de gens qui deviennent cinglés d’un seul coup, c’est faux. Il faut, de toute urgence remonter à la source, aux sources (vaste sujet), et les tarir.

    Réponse
    Vous parlez exactement comme Jean-Marie Le Pen. Or nos dirigeants et nos services de police font de la prévention, ferment des mosquées, contrairement à ce que vous dîtes, arrêtent des gens dangereux. De plus, vous même ne proposez aucune solution : expulser tous les Fréres musulmans ? Leur qualité n’est pas écrite sur leur front. Interdire le voile ou le Burkini ? Vous croyez que cela empêchera les attentats ? Vous savez critiquer, c’est même chez vous une façon de vous distraire. On devrait vous confier des responsabilités pour que vous montriez de quoi vous êtes capable.
    R.L.

  3. PICOT dit :

    Lisez Boualem Sansal. Ecoutez Henri Boulad. En France les Frères sont dans l’UOIF. Tariq Ramadan est un frère musulman.
    Réponse
    Et alors ? Il n’y a pas de martingale pour éliminer la violence. Vous n’en avez pas, mais vous suggérez quoi ? Qu’on arrête tous les Frères musulmans ?
    R. L.

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