Coupures de courant

Laurent Pietraszewski
(Photo AFP)

La plus récente expression de la colère syndicale, c’est la coupure de courant, pratiquée joyeusement par la CGT. Philippe Marinez, chef du syndicat, y voit plus une fatalité liée au ressentiment qu’une stratégie. Ce qui n’empêche pas les coupures, comme les blocages et l’interdiction des accès aux gares et aux aéroports, d’être complètement illégales.

M. MARTINEZ ment quand il affirme que seules ont été ciblées de grosses entreprises ou des centres commerciaux. Il sait très bien que des familles ont été privées d’électricité. Secrétaire d’État à la Transition écologique, Elizabeth Borne suggère à Enedis et à RTE (réseau de transport de l’énergie) de porter plainte, ce qui ne va pas améliorer les relations entre les organisations syndicales et le gouvernement. Entretemps, Laurent Pietraszewski, né à la politique avec la République en marche, a été nommé en remplacement de Jean-Paul Delevoye au poste de secrétaire d’État aux retraites. Dès aujourd’hui, il sera présent aux côtés d’Édouard Philippe dans les négociations non-stop avec les syndicats. M. Pietraszewski, comme d’autres ministres, vient du privé. C’est un bon connaisseur des retraites. On veut espérer  qu’il n’y a rien, dans ses activités personnelles, qui soit incompatible avec ses nouvelles fonctions. On imagine que la Haute Autorité pour la Transparence dans la vie publique s’est livrée à une enquête à la fois approfondie et exhaustive de sa carrière et qu’elle ne lui a pas trouvé des mandats cachés.

Provocations.

La vaste négociation que l’exécutif lance aujourd’hui  calmera-t-elle les esprits ? Le succès de la journée d’action d’hier (d’autres pourraient suivre) semble avoir galvanisé les cœurs des manifestants, qui pensent, selon toutes les apparences, qu’ils peuvent faire et exiger tout ce qu’ils veulent sans que diminue le soutien majoritaire de l’opinion. Nul doute que les coupures d’électricité noircissent le tableau, si j’ose dire, dans la mesure où elles contribuent  à l’exaspération des négociateurs du gouvernement. Il ne fallait pas sortir de Polytechnique pour comprendre l’irrédentisme de Philippe Martinez, qui, ivre de ses succès, laisse ses camarades syndiqués tenter toutes sortes d’expériences bannies par la loi. Ces provocations, hélas, sont le produit du rejet anachronique de la réforme, en dépit de ce qu’elle apporte aux femmes et aux salariés mal payés toute leur vie. Le fracas de la critique, cet exercice partagé par toutes les oppositions, a recouvert l’argumentation de l’exécutif, certes relayé par les élus d’En marche, mais dont le discours forcément technique ne porte pas suffisamment.

Galère garantie.

De sorte que, en dépit des promesses de la SNCF qui promet un train pour tout porteur de billet au cours du week end qui arrive, la galère est garantie pour les jours à venir à tous ceux qui se déplacent à l’occasion des fêtes de fin d’année. Dans cette affaire, on distingue deux parties, réformateurs et non-réformateurs, qui se réclament également de la défense de l’égalité des droits. En réalité, ce sont toujours les mêmes qui paient, les anonymes et les sans-grade, qui ne peuvent pas résoudre le problème en payant leur voyage au prix fort ou n’ont pas les moyens d’une solution radicale, comme la location d’une automobile. Toute réforme a ses aspects injustes, surtout si elle entend mettre tout le monde sur le même pied. On verra si le pouvoir va faire, dans les jours qui viennent, la partie du chemin qui lui incombe. Et on va voir aussi si les syndicats descendent du piédestal fragile sur lequel ils se sont hissés, soit parce qu’ils ont une idée plus « noble » de la réforme que le gouvernement, soit parce  que, au nom du paradis dont ils rêvent et qui est devenu l’enfer de certaines nations étrangères, ils voient la révolution à leur porte, comme s’ils n’avaient pas eu le temps de comprendre les ravages qu’elle engendre.

RICHARD LISCIA

PS-La crise sociale est certainement intense, mais elle est répétitive. Ma décision de prendre quelques jours de vacances tombe bien puisqu’elle vous permettra de vous extraire de l’actualité. Je vous retrouve au début de janvier 2020 et vous souhaite, entretemps, de bonnes fêtes de fin d’année.

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4 Responses to Coupures de courant

  1. Liberty8 dit :

    Joyeux Noel Mr Liscia , bonnes fêtes de fin d’année et encore mille merci pour votre blog si intéressant.
    A l’année prochaine

  2. vultaggio-lucas dit :

    Bonnes vacances M. Liscia. La crise sociale qui est certes « intense » et plus organisée que celle provoquée l’an passé par les gilets jaunes, va sans doute perdurer malgré la décision de l’UNSA des transports d’arrêter pendant « les fêtes ». Une grande partie de Français ne sera pas gênée par la grève de la SNCF qui va malheureusement se poursuivre pendant les congés scolaires et super-consuméristes de fin d’année. Il s’agit bien sûr de ces Français qui n’ont pas les moyens pécuniaires de partir en vacances ici et maintenant.

    Réponse
    Je viens de rentrer de vacances. Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer de votre message. Quand on ne connaît pas les gens, on ne les juge pas. J’ai pris ma retraite à près de 73 ans. J’ai 84 ans et je travaille encore. Et je ne devrais pas assister à une réunion de famille ? Je crois que vous avez perdu une excellente occasion de vous taire. Je ne sais pas si vous travaillez, mais je suis sûr que vous n’avez jamais autant travaillé que moi quand je dirigeais les journaux du groupe le Quotidien et que je passais 60 heures par semaine à mon bureau. Bonne année, M. Vultaggio-Lucas.
    R.L.

    • vultaggio-lucas dit :

      Je ne me suis permis que de vous souhaiter de bonnes vacances pour être courtois envers vous sans aucun jugement de valeur quant à votre personne. Ensuite, je commentais votre article et il va de soi que nos idées sont totalement différentes. Mais mon commentaire n’a aucun rapport avec votre personne ni vos congés en famille.
      Bonne année 2020 à vous, M. Liscia.
      Réponse
      Désolé, mais vous m’avez rappelé ceux qui n’ont pas les moyens de partir en vacances, comme si vous souhaitiez vous livrer à un amalgame entre ma vie vie privée et ce que j’écris pour le public.
      R. L.

  3. Alain Richard dit :

    Analyse bien sûr intéressante comme toujours. Mais la plupart des médias ne se nourrissent malheureusement que de conflit, de crise, et ne cherchent en rien à expliquer et à exposer les arguments. Ils sont nombreux pour soutenir dans son esprit cette réforme sûrement indispensable.

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