Biden président

La liesse démocrate
(Photo AFP)

La victoire de Joe Biden, candidat démocrate à la présidence des États-Unis, en Pennsylvanie, lui ouvre les portes de la Maison Blanche. La liesse de ses électeurs est associée au refus viscéral de ceux de Donald Trump qui, lui-même, affirme qu’il gagné, en dépit de résultats électoraux pour lui implacables. Ce qui ouvre la voie à une bataille judiciaire de plusieurs semaines dont l’issue est inéluctable : la distance qui, in fine, séparera Biden de Trump mettra le premier à l’abri des stratagèmes du second.

TRUMP a creusé sa propre tombe en répétant à plusieurs reprises, avant la clôture du scrutin, qu’il l’avait emporté. Ce qui a entraîné un vif malaise des médias, lesquels ont décidé d’annoncer la victoire de Biden en Pennsylvanie. En effet, le candidat démocrate y précédait le président sortant de quelque 20 000 voix populaires. Il n’y a pas de recomptage en Pennsylvanie si un candidat dépasse l’autre de 0,50 % des voix au moment où le dépouillement des votes  atteint 99 % du total. Ce qui a fait tomber dans l’escarcelle de Biden les 20 voix électorales de l’État. L’initiative de l’agence Associated Press, moniteur officiel des résultats, liée aux grandes chaînes de télévision, y compris Fox news, normalement  favorable à Trump,  a brusquement fait basculer le vote et mis fin au suspense. Mais pas à la stratégie de Trump qui, loin de concéder sa défaite, s’est ancré dans le déni, trouvant chez ses partisans un puissant écho qui en dit long sur leur entêtement à la fois fallacieux et inquiétant.

Impossible retour en arrière.

L’initiative de la presse, quatrième pouvoir, est assez rare pour être décrite dans ses détails. C’est aux services du gouverneur de chaque État, traditionnellement, d’annoncer le résultat. La situation étant en quelque sorte bloquée par l’attitude de Trump, l’AP et les chaînes de télé ont donné un coup d’accélérateur à un dépouillement trop lent qui donnait le sentiment que le scrutin était enlisé. Ce matin, la progression de Joe Biden est confirmée, l’écart avec Trump s’élargit, ce qui signifie que la légitimité de son élection ne sera pas sérieusement contestée, même si l’affaire monte jusqu’à la Cour suprême où six des neuf justices sont des conservateurs qui ne peuvent juger qu’en droit et non selon leurs convictions. Les 70 millions de personnes qui ont voté républicain peuvent s’enfermer dans leur très curieux révisionnisme électoral, ils ne seront pas en mesure de renverser un verdict décidé par les 75 millions d’électeurs de Biden. Les républicains peuvent s’égosiller pour rejeter le résultat, qu’il s’agisse des électeurs ou des avocats du président sortant, leur tentative est mort-née. Le candidat démocrate est assuré de remporter le vote des grands électeurs (probablement plus de 300 voix) et celui des voix populaires (probablement cinq millions d’avance sur Trump). Quand les résultats arriveront à la Cour suprême, l’action de la justice, pour autant que la Cour accepte de s’en saisir, sera éteinte par le triomphe de Biden.

Points positifs et négatifs.

Dans ce scrutin extraordinaire, historique, on notera plusieurs points positifs : la solidité inébranlable des institutions américaines et l’impartialité absolue du dépouillement des suffrages, quoi qu’en dise Donald Trump ; l’arrêt brutal d’une gouvernance s’acheminant dangereusement vers une forme de néo-fascisme ; l’espoir rendu aux fortes minorités américaines, femmes, Latinos, Asiatiques et Noirs ; la présence sur le « ticket » de Kamala Harris, femme noire, compétente et expérimentée ; la fin d’une politique intérieure et étrangère qui ruinait le crédit de l’Amérique. Mais aussi un série de points négatifs : la force irrésistible du courant trumpiste, qui a perdu, mais reste vivace et irréductible ; le rôle que peut encore jouer un Trump blessé mais pas mort politiquement ; la faible majorité parlementaire des démocrates, qui gardent la Chambre des représentants mais n’auront pas le Sénat, ce qui risque de freiner les initiatives qu’attendent leurs électeurs.  Non seulement le calendrier électoral a de fortes chances d’être perturbé par les manigances de Trump, spécialiste de la subversion, mais la tâche de Joe Biden semble accablante : progression exponentielle de la pandémie, crise économique et sociale, fracture de  la nation entre deux camps incapables de se comprendre et donc de se réconcilier. Le meilleur observateur de l’Amérique, c’est Biden. C’est lui qui avance pas à pas. C’est lui qui franchit successivement tous les caps. C’est lui qui, de toute façon, donnera un coup de barre au navire pour le diriger vers la normalisation.

RICHARD LISCIA

 

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One Response to Biden président

  1. D.S. dit :

    Il me fallait deux conditions pour envisager de refaire un séjour touristique aux Etats Unis d’Amérique et à New York en particulier. La première est enfin remplie. Pour la deuxième, cela devrait être un peu plus long…

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