Anne Hidalgo candidate

Anne Hidalgo hier
(Photo AFP)

Le mois dernier, elle annonçait sa candidature à la présidence de la République, hier Anne Hidalgo a été élue par les instances du PS, en battant largement l’ancien ministre Stéphane Le Foll qui a mené contre elle une vaine bataille. Au moment où elle espère remonter le courant grâce à la campagne, son score tourne autour de 5 %.

À VAINCRE sans péril… L’exercice d’hier accompli par les socialistes n’aura été que la ratification formelle d’une investiture qui ne posait aucun problème. En réalité, Anne Hidalgo n’a d’espoir de faire un meilleur score au premier tour que si elle s’allie à Yannick Jadot, l’euro-député désigné par les militants écologistes. Pour le convaincre de suivre son panache blanc, elle doit le distancer dans les sondages (preuve qu’ils jouent un rôle dans cette élection). Sinon, l’inverse va se produire : il la mettra au pied du mur et lui demandera d’accepter sa tutelle. Jamais peut-être une campagne électorale n’aura compris autant de candidats de droite et de gauche. Si les tout derniers sondages montrent que Marine Le Pen résiste et qu’elle franchirait le cap du second tour au cas ou Éric Zemmour se désisterait, le tableau général des forces en présence indique clairement une fragilité sérieuse d’à peu près toutes les personnalités en lice. Sauf Emmanuel Macron, qui pourrait arriver en tête au premier tour, serait de toute façon qualifié pour le second et battrait son opposant(e) dans tous les cas de figure.

L’embarras du choix.

Cette estimation est certes précoce, elle ne prouve rien et montre surtout que les électeurs d’extrême droite vont avoir l’embarras du choix, entre Mme Le Pen, M. Zemmour et Nicolas Dupont-Aignan. Elle ne préjuge pas de l’issue de la campagne. Mais, pour le moment, on ne voit pas comment l’extrême droite, la droite, la gauche ou l’extrême gauche pourraient rattraper le président sortant. Les enquêtes d’opinion indiquent que, sans le rassemblement de toute la gauche en faveur soit de Mme Hidalgo, soit de M. Jadot, il est impossible pour la gauche de se qualifier ; et que c’est le même schéma à droite où le mieux placé est Xavier Bertrand, mais il a besoin de renverser l’exode vers l’extrême droite des électeurs traditionnellement LR.

Barnier a des soutiens.

M. Bertrand a fait jusqu’à présent de son indépendance sa première qualité. Après de vives négociations avec les cadre de Les Républicains, il a accepté la désignation du candidat de droite lors d’un  congrès du parti en décembre. Maintenant, il envisage de reprendre sa carte de LR. Autant dire que ce qui faisait son originalité tend à disparaître et que « la rencontre entre un homme et un peuple », à laquelle il attache tant d’importance, sera morose. La consultation du congrès LR peut se retourner contre lui : nombre de Républicains lui reprochent son escapade de quelque quatre ans en dehors du cercle du parti ; d’autres lui préfèreront Valérie Pécresse, beaucoup plus en phase avec les caciques de LR ; enfin Michel Barnier n’a pas dit son dernier mot. Il n’est pas particulièrement populaire, mais il est très respecté au sein de son parti.

À gauche, la messe est dite.

C’est moins la campagne elle-même que des événements imprévus qui offriront aux candidats les moyens de se démarquer. À gauche, la messe est dite. Elle souffrira forcément de ses divisions. La droite n’a une chance que si l’exécutif commet quelque nouvelles erreurs. Le président a déclenché un tir d’artillerie en annonçant presque tous les jours de nouvelles mesures d’aide aux plus démunis, notamment dans l’affaire des prix des carburants. Il a craint pendant quelques jours que le seul bénéficiaire de l’opération Zemmour ne fût Xavier Bertrand. Il y a un temps pour l’espoir, et un temps pour l’humilité : le retour de M. Bertrand  au bercail n’apparaît pas comme une marche triomphale.  Si on observe le tableau général de la campagne, on voit que les progressions fulgurantes sont compensées par des descentes aux enfers. Par exemple, M. Zemmour est crédité de 15 % des suffrages (et même plus), quand Mme Hidalgo tombe à 5 %, alors que le polémiste et la maire de Paris ne visent pas du tout le même électorat.

Comme l’espoir est une ressource inépuisable, d’aucuns estiment qu’il peut arriver à Macron ce qui est arrivé à Mme Hidalgo. Mais le candidat-président fait une course de trot. Ce n’est pas lui qui avance, ce sont ses adversaires qui reculent.

RICHARD LISCIA

 

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2 Responses to Anne Hidalgo candidate

  1. FRANCOIS CHATENOUD dit :

    De minimis non curat praetor. On parle de candidats à la candidature, de combats de nains, mais pas de programme. Il est vrai que depuis 1978 et le programme commun de la gauche , les programmes n’ont plus très bonne presse, mais il n’empêche que c’est tout de même la base indispensable en démocratie pour pouvoir faire son choix . Et en l’absence de ce programme, il reste le bilan pour juger. Et celui du sortant est « globalement positif ».

  2. Laurent Liscia dit :

    5%! Quelle capilotade.

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