Macron perd une manche

Mélenchon parmi les siens
(Photo AFP)

Le mouvement macroniste Ensemble arrive en tête au premier tour des élections législatives, mais seulement avec une avance de quelque milliers de voix. Tout dépendra du second tour, mais il ne fait aucun doute que, même si la macronie obtient la majorité absolue, elle sera fragile et ne dépassera pas les 295 sièges. 

CEUX d’entre nous qui demeurent hostiles au dispendieux programme de Jean-Luc Mélenchon doivent évidemment se mobiliser pour le second tour. Cependant, la Nupes va nourrir un espoir identique : elle aussi réclamera au peuple souverain de s’engager en sa faveur. Les appels au civisme risque de produire une somme nulle.

Deux ministres éliminés.

Les résultats officiels accordent la première place à Ensemble avec 25,75 % des voix contre 25,66 % pour la Nupes. Les projections pour le second tour créditent les forces macronistes de 255 à 295 sièges contre 150 à 210 pour la Nupes. Les candidats Jean-Michel-Blanquer et Emmanuelle Wargon, anciens ministres, ont été éliminés. Amélie de Montchalin, ministre actuel de la Transition écologique et Clément Beaune, ministre des Affaires européennes sont en ballottage très défavorable.

Le triomphe de Mélenchon.

Bien entendu, Jean-Luc Mélenchon a salué sa victoire d’une manière tonitruante, en répétant qu’il était en mesure de remporter la majorité absolue, ce que ne prédisent pas les sondages qui, jusqu’à présent, ne se sont pas trompés. Emmanuel Macron, de son côté, consacrera les cinq jours qu’il lui reste avant le second tour à convaincre les abstentionnistes de voter pour son parti. Dans tous les cas de figure, majorité simple ou relative, il lui faudra passer un accord avec un autre parti, peut-être LR, pour ne pas subir le déferlement des torrents verbaux de la Nupes. Celle-ci s’efforcera, comme elle ne l’a cessé de le faire jusqu’à présent, de délégitimer le président réélu.

Macron a des réserves.

Il est difficile de croire que l’appel aux abstentionnistes les convaincra, chez Macron ou à la Nupes ; celle-ci n’a pas de réserves de voix (puisqu’elle a coalisé toutes les forces de gauche) alors que Macron en a assez pour trouver une majorité absolue, mais forcément fragile et changeante. Les experts mettent la défaite de Macron au crédit des abstentionnistes (mais il y en a eu presque autant en 2017) ou à sa stratégie qui a été de faire campagne à la dernière minute.

Trop de crises.

La vérité nous semble plus simple : d’abord il y a moins de macronistes qu’il y a cinq ans, à cause des frustrations causées par les réformes et les crises que nous avons traversées ; ensuite la logique du quinquennat, censé donner au président élu la majorité dont il a besoin pour gouverner a été mise en pièces par la campagne de communication qu’a lancée Jean-Luc Mélenchon.

C’est la preuve que la démagogie peut avoir raison des électeurs. Elle a poussé l’extrême droite à des sommets. Voilà qu’elle pousse une gauche artificielle, dotée du statut de deuxième parti, mais dont l’unité risque de s’effondrer au moment du vote des nouvelles lois. Elle pourrait même devenir le premier parti si le second tour est plus favorable à la gauche qu’à la macronie.

L’économie magique.

Il faut aussi mesurer le changement auquel nous assistons. Il suffit de lire le programme de M. Mélenchon pour savoir qu’il est coûteux. Il prévoit des investissements de 250 milliards d’euros, qui seraient compensés par un tel rebondissement économique que l’État y gagnerait 267 milliards. Si ce n’est pas l’économie vaudoue, comme disait George Bush père, c’est quand même l’économie de Merlin l’Enchanteur. La vérité est que le projet Mélenchon n’est pas financé, que la Nupes sera dominée pendant tout le quinquennat par la France insoumise, qui imposera à ses partenaires son islamo-gauchisme, ses aspirations marxistes, ses intentions de mettre un terme au droit de propriété et sa kleptomanie.

La Nupes : anachronique.

La Nupes n’a pas d’avenir car c’est un produit du passé, un projet anachronique et dangereux pour la stabilité et surtout pour la réputation de la France. La droite et l’extrême droite sont consternées, mais elles sont responsables de n’avoir eu comme adversaire désigné qu’Emmanuel Macron. Elles ont sous-estimé Mélenchon et maintenant, elles peuvent craindre le pire, la mise en place d’un système proche du trotskisme.

RICHARD LISCIA

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