Partielles : PS peau de chagrin

Frédéric Lefebvre revient dans l’hémicycle
(Photo AFP)

Il est certes difficile d’accorder à des élections partielles une forte signification, surtout quand l’abstentionnisme atteint 86 et 90 % des inscrits. Aussi bien la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, s’est-elle hâtée de minimiser les résultats dans la première et huitième circonscriptions de l’étranger où ont été élus l’ancien ministre UMP Frédéric Lefebvre et Meyer Habib (UDI), tandis que l’ensemble de la gauche faisait de la figuration.

IL N’EMPÊCHE que le PS a perdu encore deux sièges à l’Assemblée et qu’il ne dépasse plus la majorité absolue que de trois sièges. À la longue et avec les aléas de la politique, l’action du gouvernement pourrait être entravée. On avait cru constater, en effet, que les difficultés de François Hollande ne profitaient guère à l’UMP, empêtrée dans ses propres divisions et encore incapable de proposer une stratégie de reconquête du pouvoir, encore moins un programme de gouvernement. Mais l’opposition a pratiquement gagné toutes les partielles qui ont lieu depuis un an et elle pourrait l’emporter à Villeneuve-sur-Lot, dans la cadre de l’élection déclenchée par la démission de Jérôme Cahuzac. Il semble bien que les déçus du socialisme recommencent à voter à droite : dans la huitième circonscription de l’étranger, la candidate socialiste avait été éliminée au premier tour et le duel du second tour opposait un UDI et une UMP, qui a perdu.

Piètres résultats.

Il est indéniable que la très faible participation des électeurs à cette série de partielles ne donne pas aux nouveaux élus une éclatante légitimité. Mais l’abstentionnisme joue pour les deux camps : si les électeurs de gauche ne vont pas aux urnes, n’est-ce pas parce qu’ils sont irrités contre le pouvoir ? D’autant que le gouvernement est déjà confronté, au Sénat, à des mouvements d’humeur dans ce qu’il croyait être sa majorité naturelle, au point que les sénateurs ont rejeté des textes importants que les députés ont adoptés en dernière lecture contre la volonté de la Haute Assemblée. Si, pendant ce temps, la cote de popularité de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault semble remonter, l’intensité des conflits nés des réformes nécessaires et des piètres résultats de l’action du gouvernement soulève bien des questions sur leur capacité à assurer la gestion du pays. Non seulement la France s’appauvrit, mais le soutien au pouvoir en place s’affaiblit un peu plus chaque jour, ce qui explique d’ailleurs le manque de courage du couple exécutif qui ne conçoit les réformes qu’à travers le prisme idéologique.

On en a eu un exemple au cours du week end à propos d’une réforme des retraites qui doit être engagée mais dont personne ne connaît encore les modalités. Selon les sondages tous les Français savent qu’ils seront sollicités et ils s’y résignent. Ce qui devrait permettre au gouvernement d’engager la réforme sans trop d’états d’âme, même si les syndicats menacent de tout casser si le régime des retraites des fonctionnaires est modifié. Chaque fois que l’on explique aux syndicats que les fonctionnaires bénéficient de privilèges anachroniques et surtout très coûteux pour la collectivité, ils répondent par une simple formule : « On ne touche pas aux avantages acquis ».

Les propos de Mme Touraine.

Mais ne voila-t-il pas que la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, par ailleurs fort estimable, prend la parole pour nous assurer que, de toute façon, la réforme ne sera pas que comptable ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que l’on ne s’occupera pas seulement de récupérer beaucoup de sous, mais aussi d’améliorer le sort des nécessiteux. Louable pensée dans l’absolu, désastreuse conception du projet dans cette conjoncture. La réforme des retraites est indispensable et urgente uniquement parce que les pensions coûtent trop cher à l’État, que les régimes sont déficitaires (et d’ailleurs inégalitaires, voir les fonctionnaires et les élus), et que nous ne pouvons plus à continuer à emprunter pour payer les retraites. C’est simple, c’est clair et c’est rude. Mais c’est comme ça. Invoquer je ne sais quel humanisme qui irriguerait toutes les merveilleuses choses que le gouvernement ne cesse d’accomplir est un peu une injure à l’intelligence des citoyens. Pis, cela correspond à un changement d’objectif : si les régimes doivent être plus égalitaires et plus coûteux, autant renoncer à la réforme.

RICHARD LISCIA

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One Response to Partielles : PS peau de chagrin

  1. lamarche- arène dit :

    Marisol Touraine n’est en rien estimable, elle est dogmatique, haineuse envers les médecins dont elle n’a de cesse d’empoisonner la pratique. Elle crée les déserts médicaux qu’elle veut combattre.

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