Encore des impôts


Pierre Moscovici
(Photo AFP)

L’augmentation des impôts est une maladie endémique de la gouvernance socialiste. Pierre Moscovici, ministre de l’Économie, a annoncé, en fin de semaine dernière, une hausse des prélèvements  d’au moins 0,3 % du PIB, soit quelque six milliards d’euros de plus qu’il trouvera dans la poche de ses concitoyens. Les effets négatifs sur la croissance de cette ponction sans cesse renouvelée empêcheront le gouvernement de parvenir à son objectif budgétaire pour 2014.

M. MOSCOVICI présente sa méthode comme le produit d’une contrainte inéluctable. Personne ne lui reproche de tout faire pour réduire les déficits. Il n’empêche qu’il y a quelques mois à peine, il avait promis que les impôts cesseraient d’augmenter. Peu importe qu’il fasse dans la dentelle et se concentre sur les niches fiscales qui concernent les foyers les plus aisés : la part des prélèvements obligatoires dans la production intérieure brute (PIB) atteint le seuil insupportable de 47%, l’un des plus élevés d’Europe et diminue encore un peu plus notre compétitivité.

Une hausse des taux.

Le ministre s’appuie en outre sur l’effort « sans précédent » que le gouvernement va faire en matière de réduction de la dépense publique ; elle va diminuer de 1,5 milliard en 2014, « ce qui n’a jamais été fait ». Il s’agit bel et bien d’une action courageuse, mais elle n’est pas suffisante au regard de notre endettement et, surtout, du service de la dette. Celle-ci va fatalement augmenter puisque les taux d’intérêt montent de nouveau, passant de moins de 2% à plus de 2%. En effet, les États-Unis ont l’intention, dans les mois qui viennent, de resserrer la politique « accommodante » en vertu de laquelle ils inondent les marchés d’argent liquide depuis 2008. La raréfaction des capitaux sur les marchés entraînera nécessairement une hausse des taux, ce qui risque de nous coûter plusieurs milliards d’euros supplémentaires à payer au titre des intérêts.

Voilà pourquoi il faut se dépêcher de désendetter la France. Voilà pourquoi il vaut mieux être impitoyable dans le domaine de la diminution des dépenses. On connaît déjà les effets des hausses d’impôts en 2012 : une baisse de 6% de la masse salariale du pays, des agences d’aide à domicile qui licencient à tour de bras depuis que le gouvernement a renforcé la fiscalité sur ce métier, une baisse du pouvoir d’achat qu’expliquent le chômage et la taxation des heures supplémentaires. Non seulement le gouvernement a trop augmenté les impôts, mais, en 2012, il a adopté une série de mesures comme le recrutement de fonctionnaires dans la justice, la police et l’enseignement ou encore l’abandon du jour de carence pour les congés-maladie des fonctionnaires, qui ont fait que, avant de diminuer les dépenses, il les a augmentées. On n’est même pas sûr que le milliard et demi qu’il prétend économiser en 2014 compensera les dépenses nouvelles qu’il a décidées en 2012.

Au nom de la justice sociale.

La question ne porte pas sur les sacrifices que les Français doivent faire pour contribuer au redressement national ; elle ne porte pas sur une hausse des impôts, par ailleurs indispensable. Elle porte sur un dosage déséquilibré qui frappe surtout les classes moyennes et qui risque de nous plonger dans une récession durable parce que la consommation reculerait. Le gouvernement arbore son sens de la justice sociale comme si c’était, en toute circonstance, la meilleure méthode de gestion. Il ne s’est pas encore rallié à l’idée qu’il faut stabiliser et ensuite diminuer l’énorme budget social que nous finançons par l’emprunt. Son crédit-impôt compétitivité (CICE) ne marche pas, ses emplois aidés marchent mal, ses résultats généraux sont négatifs et sa popularité baisse.

Aux États-Unis, l’opposition républicaine a forcé l’administration Obama à diminuer le budget de 85 milliards de dollars par an ; beaucoup de fonctionnaires se retrouvent au chômage et beaucoup de prestations sociales diminuent ou disparaissent. Mais la contraction du déficit budgétaire est spectaculaire. Barack Obama dénonce un système aveugle de réduction des dépenses. Faut-il en arriver là ?

RICHARD LISCIA 

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