Un faible rayon de soleil

Ayrault pour un gouvernement resserré
(Photo AFP)

La bonne nouvelle de la semaine, c’est l’accord patronat-syndicats sur le contenu du pacte de stabilité. Certes, il n’est pas signé par la CGT et FO ; certes, il ne contraint pas les patrons à embaucher. Mais il a au moins le mérite de revitaliser une décision de François Hollande qui forme désormais l’axe structurant de sa politique économique et sociale.

S’INQUIÉTER de la lenteur des programmes français de redressement, ce n’est pas faire preuve d’impatience. Le président de la République, soucieux de respecter les conditions formelles dans lesquelles doit évoluer la société française, a confié aux organisations sociales le tâche de donner un contenu au pacte de stabilité bien qu’il en ait personnellement lancé l’idée. Si le pacte avait été bloqué par une absence d’accord, le chef de l’État aurait été contraint d’imposer sa propre solution. Son éloignement du chantier n’est donc qu’apparent. Mais il a fallu deux mois pour que le pacte soit relancé. Dans le climat actuel, c’est deux mois de trop.

On tarde à réduire la dépense.

Les doutes sur les orientations du gouvernement ne sont pas non plus dissipés. Mardi, la commission de Bruxelles a rappelé la France à ses obligations. Elle la presse de réduire ses dépenses publiques. Promis, juré, disent nos dirigeants, nous allons tailler dans la dépense. La semaine dernière, les pouvoirs publics ont lancé un de leurs très nombreux ballons-sondes, des coupes drastiques dans les dépenses des collectivités locales. Panique dans les territoires : dès qu’une localité est visée, ses élus prennent les armes, hurlent au déclin et à la désertification. De si près que l’on s’intéresse à l’affaire, on ne décèle aucune résignation chez ceux qui sont chargés de faire des économies. Il y a, dans ce pays, une mentalité, une intoxication de la dépense. Vice de la démocratie : pour être élu, il faut soigner l’électeur. Lui dire la vérité, c’est perdre le scrutin.

Encouragé par les affaires décidément nombreuses et graves où l’opposition est empêtrée, le Premier ministre, sorti indemne de toutes les rumeurs sur son départ imminent, propose publiquement un « gouvernement resserré », notamment à l’Économie, où officient sept ministres qui se livrent à lutte de pouvoir permanente. Il se bat exclusivement contre le chômage et pour le pacte. Mission sacrée, mais conduite avec une excessive circonspection.

Chômage en baisse.

Divine surprise, l’INSEE découvre que le chômage a baissé de 0,1% à la fin de l’année dernière, que, en conséquence, la courbe s’est inversée et que M. Hollande aurait gagné son pari. Explication : les méthodes de calcul de l’INSEE et de Pôle emploi diffèrent. Là où le second voit une hausse du nombre de demandeurs d’emploi, la première trouve une baisse. Qu’en pensent les quelque 3,5 millions de citoyens et citoyennes qui n’ont pas de travail du tout ? Que la discussion sur la courbe est caduque et que, de toute façon, il y a, dans ce pays et dans l’urgence, des centaines de milliers d’emplois à créer ou de postes à pourvoir.

Ce gouvernement (ou celui qui pourrait le remplacer) doit aller beaucoup plus vite, indépendamment des échéances électorales. La question n’est pas de savoir si M. Ayrault doit s’en aller, elle n’est pas de savoir si le remaniement doit avoir lieu avant ou après les municipales, avant ou après les européennes. Elle porte sur le contenu précis et chiffré du programme, le calendrier des actes et non plus des idées ou des intentions, et une rigueur implacable dans l’accomplissement des engagements.

RICHARD LISCIA

 

 

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