Des consignes de vote sans effet

Marine est aux anges
(Photo AFP)

Comme d’habitude, l’un des principaux débats qui ont suivi le premier tour des élections municipales portait sur le parti le plus décidé à résister à la percée du Front national. Le « ni ni » (ni soutien au FN, ni soutien au PS allié à l’extrême gauche) de l’UMP a été défavorablement comparé à la consigne de Harlem Désir, secrétaire national du PS, de « tout faire pour empêcher l’élection des candidats du Front ». Ce qui ne veut pas dire que, sur le terrain, les candidats écoutent Paris.

IL ÉTAIT encore trop tôt, aujourd’hui en fin de matinée, pour savoir dans quel ordre de bataille les partis iraient au second tour des municipales. Mais des tendances se dessinaient, dont la plus intéressante est que le Front national est déjà moins sûr d’emporter autant de villes qu’il le croyait. À Saint-Gilles, par exemple, Gilbert Collard, arrivé au premier tour largement en tête, le retrait du candidat PS et maire sortant permet à l’UMP d’espérer battre le candidat apparenté FN au second tour. De même à Perpignan, la liste PS (12%) s’est retirée, ce qui fragilise Louis Alliot (FN). En revanche, à Béziers, la gauche maintient sa liste en dépit des instructions de M. Désir, de sorte que Robert Ménard (FN) est assuré de l’emporter au second tour. Dans le dix-huitième arrondissement de Paris, la dissidente UMP Roxane Decorte, loin d’appliquer le « ni ni », demande à ses électeurs de voter socialiste.

Le retour de l’UMP.

Tout occupés qu’ils étaient par l’ascension du Front et la chute du PS, les commentateurs n’ont pas vu, ou pas suffisamment commenté, un phénomène tout aussi important, la victoire de la droite en général et de l’UMP en particulier, qui raflent la plus grosse mise en suffrages nationaux, ce qui fournit une indication sur les futurs scrutins. Or la sagesse conventionnelle voulait que l’UMP ne profitait guère de la désaffection à l’égard de la gauche et que la multiplicité des récentes affaires lui porterait un coup sévère. Il n’en est rien et beaucoup de ténors de la droite ont été élus dès le premier tour : Alain Juppé, triomphalement avec 60 % des voix, François Baroin, Christian Jacob, Jean-François Copé, qui fait le meilleur score, bien qu’il soit empêtré dans l’affaire Bygmalion, Xavier Bertrand, Éric Woerth malgré ses démêlés avec la justice, Patrick Balkany, en délicatesse avec le fisc, Laurent Wauquiez et d’autres.

Premier constat : les affaires n’ont aucune influence sur le comportement de l’électeur. Deuxième constat : avec plus de 46 % des voix, l’UMP  et ses alliés (contre 38 % à la gauche) forment un large mouvement capable de gouverner.  On a dit que l’électorat est également dégoûté par la gauche et par la droite et que c’est la raison pour laquelle il s’oriente vers le Front national. Ce n’est pas sûr du tout : le Front, pour le moment reste un parti marginal qui, s’il fait un beau score dans les villes où il a pu présenter des candidats, n’en avait que dans moins d’un millier de communes. Autre chose : il est vrai que Marine Le Pen a recueilli plus de 18 % des suffrages à la présidentielle de 2012, mais elle ne semble pas menacer l’UMP. En revanche, elle représente clairement un danger pour le parti socialiste.

RICHARD LISCIA

 

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