Hollande est là

Hollande à Angoulême
(Photo AFP)

Lors d’une visite à Angoulême, François Hollande, répondant aux questions des personnes qui l’entouraient, a déclaré : « Je suis toujours là ». Façon de dire qu’il tient bon contre vents et marées, mais aussi aveu d’impuissance. Il n’est pas excessif d’exiger du président de la République qu’il ne se contente pas d’être là, mais qu’il agisse et s’efforce de remettre la France sur pied.

CE MATIN, sur Radio Classique, l’ancien Premier ministre UMP Alain Juppé déclarait : « On a le sentiment que la France n’a plus de gouvernement. On ne voit plus dans quelle direction on veut aller ». Il n’est pas le seul à établir ce constat, dont la sévérité est à la mesure du « cafouillage » qu’il dénonce, notamment à propos de l’écotaxe, que Ségolène Royal a abandonnée. Et quand M. Hollande en arrive à dire qu’il est toujours là, comme si cela suffisait à ses concitoyens, on se demande si l’exécutif va enfin définir et engager une politique économique et sociale pour le restant du mandat présidentiel.

L’assaut vengeur de Delphine Batho.

Les attaques contre M. Hollande et contre Manuel Valls viennent moins de la droite que de la gauche. Si le Premier ministre a réussi, provisoirement, à contourner l’obstacle planté sur sa route par les « frondeurs » du PS, il est freiné dans sa course par l’affaiblissement politique du président. Voilà Delphine Batho, ex-ministre de l’Écologie dans le gouvernement Ayrault, limogée naguère pour excès de zèle environnemental, qui publie un livre où elle accable le président. Elle estime que la génération actuellement au pouvoir « paralyse la France ». Mais s’agit-il seulement d’une question d’âge ? Elle est convaincue que le président sera dans l’incapacité de briguer ou d’obtenir un second mandat. Elle exige une primaire à gauche, ce qui reviendrait à faire de M. Hollande un candidat parmi d’autres, et non plus le candidat « naturel » de la gauche.

Une marche harassante.

De toute façon, ce sera, jusqu’en 2017, une marche harassante pour le président, partagé entre son désir réformiste et la réalité accablante du dégoût national. Ce qui est en jeu, ce n’est plus la nature ou la qualité des mesures qu’il veut prendre, c’est sa capacité à les prendre. Non seulement, la gauche est minoritaire, mais l’exécutif est minoritaire au sein de la gauche, avec les Verts, une partie du PS, le Parti de gauche et le PC qui tirent sur lui à boulets rouges, M. Valls étant présenté par ses nombreuxe détracteurs comme l’âme damnée d’un Hollande qui aurait cédé aux sirènes du libéralisme économique. Ce n’est pas la vengeance de Mme Batho qui est grave, c’est le fait que ce qu’elle dit ne surprend personne et que la cote de popularité du chef de l’État est si basse qu’il lui faudrait un optimisme exceptionnel pour croire qu’elle pourrait remonter.

Il y a pourtant urgence à relancer la croissance et l’emploi ; la France ne peut pas attendre que M. Hollande ait terminé son mandat. S’il ralentit les réformes, c’est moins par souci de son avenir personnel que par crainte d’une explosion sociale. On tourne en rond : les erreurs de 2012 et 2013, puis les tourments existentiels (« Sommes-nous de gauche ? », comme si c’était là l’essentiel) et maintenant l’instabilité d’un pays découragé, pour ne pas dire désespéré, tout montre que nous n’allons pas remonter la pente de sitôt.

RICHARD LISCIA

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3 Responses to Hollande est là

  1. Belzevute dit :

    Immonde pilori, médiocres procédés.
    Bedos a été odieux ( « elle n’est pas mon type »…. ), Sublet, sa complice, ne vaut guère mieux, l’appât de l’audience – donc du gain – les rend très bêtes.
    Reste ce vulgaire monde politique, tout est à l’avenant.
    Dati à la difficile recherche du père solvable, Cahuzac qui promet « dans les yeux », les Balkany, les Tibéri, le Copé, Strauss-Kahn, le temps remarquable consacré par nos régnants à leurs maîtresses, à leur variété, pauvreté de l’écriture Trierweiler, ce petit monde minable sera nourri par nos soins jusqu’à la mort.

  2. Pierre Jean Carré dit :

    La crise c’est la guerre, l’intégrisme aussi, Ebola c’est aussi la guerre, le mensonge encore une autre.
    Heureusement que nos voisins nous aiment bien, sinon nous serions encore envahis.
    Dans ces situations, un chef d’État doit être un chef de guerre, courageux, optimiste et rassembleur. Son chef de gouvernement n’est pas son pion, c’est quelqu’un qui propose des solutions et le chef doit dire oui ou non, sans manque de respect à son gouvernement. Ensuite il doit susciter l’enthousiasme de sa nation pour la faire gagner.
    Une phrase comme  » je suis toujours là » n’est pas celle d’un vainqueur, tout le monde ou presque le sait. Mais plutôt celle d’une mouche qui échappe à la tapette !
    Désolé, M Hollande. Tout le monde vous aime bien, mais nous n’aimons pas trop ce que vous faites .

  3. Delteil christian dit :

    …ou plutôt ce que vous ne faites pas. La France n’est pas le parti socialiste et gouverner la France ce n’est pas diriger le parti socialiste. C’est autrement plus important et on ne s’improvise pas président de la France comme on s’improvise chef d’un parti aux idéologies rétrogrades et périmées. La France a besoin d’un chef, de quelqu’un qui lui montre le but à atteindre et le chemin à suivre pour y parvenir. Les annonces, les renoncements, les louvoiements ne sont pas de mise pour ce faire. Il faut une vision et une volonté autre que celle de plaire à son parti ou de préparer sar ré- élection. Et vous en êtes loin, monsieur le président.

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