Le blues des policiers

La haine du flic (Photo AFP)

La haine du flic
(Photo AFP)

La violence des casseurs a exaspéré les policiers qui, depuis le début des manifestations contre la loi travail, comptent plus de 350 blessés dans leurs rangs. Ils ont donc décidé de manifester à leur tour aujourd’hui et ils n’ont pas manqué de sens de l’à-propos en choisissant notamment la place de la République à Paris, lieu jusqu’à présent réservé au mouvement « Nuit debout ».

SOUCIEUX de montrer son inaltérable respect des libertés, le gouvernement n’a pas réprimé avec une fermeté suffisante les groupes qui tirent avantage des manifestations pour démolir des devantures et s’en prendre physiquement aux membres du service d’ordre. Ils ont même poussé la perversité jusqu’à se plaindre de la répression policière qu’entraînent forcément les actes de violence. Ainsi sont réunis, en ce joli mois de mai, tous les éléments d’une révolution en gestation : on déchaîne la violence pour contraindre la police à la violence ; on dénonce ensuite les exactions de la même police ; on prétend que le gouvernement, pourtant si mesuré dans la gestion des casseurs, est responsable de ce qui se passe dans les rues ; on attend, mais en vain, que le peuple souverain rejoigne les bandits à la recherche du chaos.

Manifestations et terrorisme.

Les policiers et gendarmes ne sont pas tous des saints. La brutalité policière existe à des degrés divers dans tous les pays, France comprise. Mais, en s’attaquant aux forces de l’ordre de manière aussi répétitive alors que la menace du terrorisme pèse lourdement sur la France, les casseurs ne se conduisent pas en simples trublions qui chercheraient à se distraire. Ils ont un projet funeste, qui consiste à faire du flic l’ennemi désigné, l’incarnation du pouvoir qu’il faut abattre. Non seulement ils n’ont pas peur, mais ils entendent gagner quelques-unes de leurs batailles.
Un attentat contre des manifestants risquerait de déclencher le chaos qu’ils appellent de leurs voeux. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, n’hésiterait pas à envoyer par dizaines ou par centaines tous ces voyous en prison s’il n’avait le sentiment que cela jetterait de l’huile sur le feu et achèverait peut-être le peu de considération qu’inspire l’exécutif à la population. Les syndicats, CGT et FO, ne semblent pas avoir réfléchi aux conséquences des désordres qu’ils veulent alimenter jusqu’à ce que le gouvernement retire le projet de loi travail. La CGT a contribué, par des affiches de mauvais goût, à la haine des manifestants pour la police. Mais le problème principal, c’est l’affectation de la police et de la gendarmerie aux manifestations incessantes alors que l’alerte terroriste est au plus haut dans tout le pays. Allez dire aux syndicats que ce n’est pas le moment de mettre en danger la sécurité de nos concitoyens et vous verrez comment vous serez reçu. Ils répondraient qu’il suffit au gouvernement d’en finir avec la loi pour que cessent toutes les violences, toutes les manifestations et toutes les grèves ; et ils parleraient de chantage.

« Policiers, je vous aime ! »

Un sondage montre que quelque 80 % des personnes interrogées continuent d’avoir un avis très favorable sur la police, preuve que l’enthousiasme populaire pour elle n’a pas diminué depuis les attentats de janvier et novembre 2015. Les policiers et gendarmes sont toujours considérés comme nos protecteurs. Ce qui, logiquement, devrait vouloir dire que, si le pouvoir traitait les casseurs sans trop respecter leurs « libertés », il serait approuvé par une forte majorité de Français. Une fois encore, l’exécutif est victime de sa coupable hésitation entre l’indulgence de gauche et la répression de droite, alors que les différences entre ces deux grands courants obsolètes ne cessent de s’estomper. On n’est pas fasciste par ce qu’on ne supporte pas le désordre ; on ne trahit personne quand on reconnaît que la police est soumise à une dure épreuve ; on n’est pas un monstre parce qu’on oppose la force à la violence ; on n’est pas réactionnaire parce qu’on préfère la réforme à la révolution, la paix à la guérilla urbaine, l’ordre au désordre et les institutions à leur démantèlement.

RICHARD LISCIA

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