Crash : la piste terroriste

Des familles de victimes au Caire (Photo AFP)

Des familles de victimes au Caire
(Photo AFP)

Un Airbus A320 d’Egyptair reliant Paris au Caire s’est abîmé en Méditerranée dans la nuit de mercredi à jeudi. On dénombre 66 morts dont 15 Français et 30 Égyptiens.

C’EST UN ACCIDENT très inquiétant parce que l’avion a brusquement disparu des radars à 3H29 heure égyptienne et que si les autorités grecques, dont les radars suivaient le vol, sont formelles sur sa chute au large de l’île grecque de Karpathos, elles n’ont aucune information sous sa soudaine disparition. Aucun message de détresse n’a été envoyé par l’équipage et le vol était tout à fait normal avant la chute. Dans ces conditions, l’hypothèse d’un accident mécanique est difficile à retenir. Une dégradation des conditions de vol, même brutale, aurait donné lieu à un message ou même plusieurs. Il est donc probable que l’appareil a explosé en vol et, si c’est le cas, cela pourrait signifier qu’une bombe a été posée à bord.

Problème : la sécurité à Roissy.

Or le point de départ du vol était Roissy-Charles de Gaulle, ce qui pourrait mettre en cause la sécurité de l’aéroport parisien. Dans cas précédent, la destruction en vol d’un avion russe qui venait de Charm-El-Cheikh, en Égypte (31 octobre 2015), il est évident que la bombe n’a pu être déposée que par un bagagiste. Il faudra des semaines et peut-être des mois pour retrouver des débris de l’avion et pour que les enquêtes égyptienne, française et de tout pays concerné par la présence d’un de ses ressortissants dans l’appareil produisent des informations cruciales : accident ou attentat, nature de l’arme utilisée, identité de ceux qui ont perpétré leur crime. On nous dira qu’il est beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions des rares éléments dont les enquêteurs disposent, mais la thèse d’un accident nous semble insoutenable. Le gouvernement français invite le public à la prudence puisqu’aucune des informations diffusées dans la matinée, notamment au sujet d’un message de détresse qui, en réalité, n’a jamais existé, n’a été confirmée. Bien entendu, l’existence des débris de l’appareil en Méditerranée ne pourra être prouvée que par des recherches intenses. Mais le réseau naval à mettre en marche pour lancer ces recherches est un système lourd et coûteux dont l’organisation prendra plusieurs jours.

Un réseau terroriste ?

On ne peut donc que constater la brutalité de l’accident, qui s’est produit si vite que l’équipage n’a pas eu le temps de réagir. La coopération de la France avec les autorités égyptiennes ne sera pas facile car, au Caire, on hésite toujours à lâcher des informations qui incriminent le régime. Du côté français, il nous semble urgent que soit révisée la sécurité dans les aéroports et, plus particulièrement, que soient interrogés tous les personnels au sol pour s’assurer qu’il n’y a pas de djihadistes parmi eux. Comme pour les attentats en ville contre des civils, la pose d’une bombe dans un avion de ligne n’est possible que s’il existe un réseau organisé comprenant de nombreux membres. On ne doit pas attendre les résultats de l’enquête pour s’assurer que d’autres vols ne sont pas menacés.

RICHARD LISCIA

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