Liberté et sécurité

Police à Magnanville (Photo AFP)

Police à Magnanville
(Photo AFP)

Ramadan, Euro de football, revers militaires sérieux du prétendu « État islamique » en Syrie, en Irak et en Libye ? Le fait est que le terrorisme attaque sans relâche, tous les jours, partout. Dans la foulée de la tuerie d’Orlando, un homme se réclamant de Daech a tué un policier avec un couteau devant son domicile à Magnanville (Yvelines), puis a assassiné la compagne du policier.

L’ÉMOTION EST très vive dans la police d’abord, dans le public ensuite, qui s’inquiète de plus en plus de la multiplicité des crimes terroristes. Pratiquement, chaque membre des forces de l’ordre est en danger. L’EI aurait donné des consignes pour abattre le plus grand nombre de policiers de France. Ils sont donc tous menacés dès qu’ils ne sont pas en fonction et redeviennent civils. Le double assassinat de Magnanville a été particulièrement atroce : l’homme, âgé de 25 ans, connu des services de sécurité pour sa participation à une filière terroriste, a d’abord tué au couteau un commandant de 42 ans, puis a pénétré dans son domicile et a tué la jeune compagne du policier sous les yeux de leur fils de 3 ans. Il a été abattu trois heures plus tard, après de vaines négociations.

Déjà condamné.

La même question se pose pour Orlando et Magnanville : dans les deux cas, l’assassin était connu, du FBI pour ce qui concerne Omar Mateen et de nos services de sécurité pour ce qui est de Larossi Abballa, 25 ans, condamné en 2013 pour participation à une filière djihadiste entre la France et le Pakistan. Abballa a dit à la négociatrice qui tentait d’obtenir sa reddition qu’il se réclamait de l’EI, lequel a revendiqué le double crime aussitôt après qu’il eut été commis. On remarque que, dans presque tous les cas de terrorisme, les criminels sont connus des services de police. Abballa a même fait de la prison et faisait l’objet d’une fiche de sécurité. Il n’en est ressorti que pour tuer et mourir. Nos services de sécurité et de renseignements ont beau nous répéter qu’il ne leur est pas possible de suivre chaque repris de justice ou chaque suspect, le public ne comprend pas, après un tel crime, qu’on ne parvienne pas à empêcher de nuire des individus dont on sait maintenant que, s’ils sont en train de se radicaliser, ils risquent de basculer dans une terrible violence.

Une question de prévention.

Il devient donc nécessaire d’adopter une législation beaucoup plus contraignante, capable d’organiser la prévention des crimes. Sinon, François Hollande et ses ministres continueront à les déplorer sans en diminuer le nombre. Dans notre bataille contre le terrorisme, nous sommes parvenus au point crucial où nous devons décider si la protection des vies françaises nous oblige à priver des individus de leur liberté avant qu’ils soient passés à l’acte. On entend des voix dans l’opposition pour réclamer des centres de rétention pour toutes les personnes déjà connues de la police. Mais il faut bien comprendre que, en droit, détenir des gens sans que l’on ait un délit à leur reprocher est en contradiction formelle avec les libertés essentielles, peut conduire à des erreurs ou des abus, et transformer notre société en État policier. Certes, soulever la question n’est pas y répondre. Le gouvernement, qui a déjà un mal fou à gérer les contradictions de ses projets économiques et sociaux, est confronté à un dilemme dont il connaît l’extrême dangerosité. La multiplicité des attentats finira par le contraindre à augmenter la sévérité et l’ampleur de ses mesures pour une raison simple : le public préfèrera toujours une sécurité plus grande à une privation de liberté qui ne gênera pas les innocents. Jusqu’à preuve du contraire.

RICHARD LISCIA

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